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puce La Ménagerie de verre
Théâtre de Poche-Montparnasse  (Paris)  septembre 2018

Comédie dramatique de Tennessee Williams, mise en scène de Charlotte Rondelez, avec Cristiana Réali, Ophélia Kolb, Charles Templon et Félix Beaupérin.

Créée en 1944, alors que Tennessee Williams n'a que 33 ans, "La Ménagerie de verre" est son premier grand succès. Cette pièce autobiographique qui se passe à Saint-Louis, Missouri, là où a vécu Thomas Lanier dit Tennessee Williams est à l'image des principales œuvres de l'auteur du "Tramway nommé Désir".

Elle met en scène une famille fragile, avec un père absent, qui a disparu en laissant saisis de surprise sa femme et ses deux enfants. Chacun vit depuis comme il peut dans son monde, une cellule familiale aimante mais étriquée. Un monde familial étroit mais qui protège quand même d'une société dans laquelle chacun aura désormais du mal à se faire une place.

Pour que "La Ménagerie de verre" fonctionne, il faut que ces êtres un peu dépassés, déphasés, qui, confusément, sentent qu'ils doivent eux aussi partir pour se sauver d'un univers confiné et sans avenir, soient poussés à l'émotion, mais pas au pathétique.

C'est en cela que la mise en scène de Charlotte Rondelez est parfaite. Se reposant sur des acteurs de grande qualité, jouant à l'unisson la partition de la fêlure nostalgique, elle pose ce quatuor dans un intérieur que Jean-Michel Adam a su décorer comme le cocon étouffant qu'il se devait être, où la belle lumière de François Loiseau impose ses bougies quand les plombs sautent.

La scène principale de "La Ménagerie de verre" est celle où Tom, le fils (Charles Templon) ramène à dîner un camarade de travail, Jim (Félix Beaupérin) dans le but qu'il devienne un "galant" pour sa sœur Laura (Ophélia Kolb).

Il faut dire que leur mère, Amanda (Cristiana Reali), a tout fait pour cette rencontre. Elle qui a fait jadis un mauvais mariage n'a pour sa fille affreusement timide et boiteuse pas beaucoup d'ambition. Si elle pouvait épouser cet employé beau garçon et beau parleur, ce serait pour elle un miracle...

Evidemment, les choses ne se passeront pas comme prévu. Laura a la même fragilité que ces objets de verre qu'elle collectionne et qu'un rien, un souffle, peut briser, transformant une fière licorne en petit cheval commun comme les autres.

Cristiana Reali en impose en femme passée à côté de sa vie et s'étant, peu à peu, transformée en mère pélican ultra-possessive. Ophélia Kolb a la beauté de la disgrâce et sait que sa rencontre avec Jim sera la première et la dernière. Les deux garçons répondent à leur mélancolie presque fatale avec la politesse de ceux qui ont compris qu'ils n'ont de salut que dans la fuite. Ce repas ultime est déjà pour eux quelque chose de fantomatique qui justifiera entièrement leurs départs précipités.

Si quelqu'un croit datée cette "Ménagerie de verre" qu'il vienne voir comment, au contraire, Charlotte Rondelez en titre de quoi réveiller les beaux sentiments. Cette version simple et pleine de nuances touchera la plupart des spectateurs. Elle repose sur le charme et la justesse de personnages qu'on emporte avec soi, hors théâtre.

Sans cris ni grandiloquence, la prose de Tennessee vibre encore et comme jamais pour produire une oeuvre dont la puissance d'évocation elle aussi demeure intacte.

A ne pas rater si l'on aime être submergé par des larmes que l'on attendait pas.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones
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"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah

Au théâtre au salon :

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"King Kong Théorie" de Virginie Despentes
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"Bonne année à toi même" de Pauline Daumale
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Expositions :

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Lecture avec :

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"88" de Pierre Rehov
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"Vers le soleil" de Julien Sandrel
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"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
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