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Captain Tarthopom - Flûtes Libres  (Souffle Continu Records)  août 2018

A chaque nouvelle réédition du Label Souffle Continu Records, l'émerveillement s'anime immanquablement. En effet, à la magie de l’éventuelle découverte ou de la redécouverte d'un trésor au fond des archives s'ajoute la saveur délicieuse de l'histoire qui entoure une œuvre rare mais toujours passionnante.

Déflorer ici l'histoire de ces deux rééditions vous ôterait une part de la joie qu'offre la lecture du livret exhaustif et bien documenté fourni avec les disques de Jean Cohen-Solal. Au-delà de l'histoire de cette réapparition, le livret rappelle que Solal, né en 1946 en Algérie, débarque en France dix ans plus tard. Il se décide à apprendre la flûte traversière, instrument qui va rapidement connaître un regain d'intérêt dans le monde du jazz avec Dolphy, Kirk pour les plus connus, mais va également connaître une passion chez les amateurs de rock, par le truchement de l'instrument échevelé de Ian Anderson.

Solal va, avec son frère, apprendre pendant des heures la maîtrise de son instrument, alors que son grand frère intègre le Groupe de Recherches Musicales. S’en suit une période de vaches maigres, durant laquelle il va tout de même croiser la route de Bayle, Ferrari, ou Parmegiani. Il va faire connaissance avec Jacques Rouxel, qui vient de demander à Robert, son frère, de travailler sur son nouveau dessin animé, Les Shadoks (il deviendra la voix des Shadoks.) Cette collaboration se poursuivra jusqu'au début des années 2000. Il va ensuite être engagé par Pathé pour travailler sur différents projets et il finira par enregistrer ses propres compositions.

La suite est à découvrir dans le fameux livret. Ce sont donc deux albums fantastiques que Souffle Continu réédite ici. Captain Tarthopom regorge de références autant que de qualités. A la hâte et sur le vif, on peut croiser Jethro Tull, des fanfares fantasques ou les Pink Floyd. Mais il faut absolument éviter le name dropping un peu fainéant concernant cet album. La symphonie de poche qui s'offre à nous comme une fleur s'ouvre de mille pétales, vaut bien plus qu'un simple comparatif. La fantaisie qui débute le disque et qui se termine au chant de gallinacés donne le ton et ouvre la route à un jazz rock tout en variations prog rock.

La force des grands est de pouvoir mêler sans complexe les multiples références sans jamais s'y arrêter vraiment, évitant ainsi de figer la source tout en saisissant l'essence des musiques en quelques secondes. Cette boîte à idées folles ne cesse de varier les plaisirs, groovant ainsi dans un tangage moelleux au cours du "Ab Hoc Et Ab Hac" qui doit autant au rock psyché des années 70 qu'au jazz décalé de Roland Kirk, avant que ne sonne un prélude Bach revisité aux sons des flûtes enchanteresses. Cette valse permanente d'influences effleurées qui jamais n’alourdissent la musique finit par nous conduire jusqu'aux Pink Floyd, avec pour référence le grand final de Saucerful Of Secrets.

Après avoir fait preuve d'une subtile virtuosité avec son instrument de prédilection, Solal joue de l'orgue avec majesté. Entre hommage et parodie, les "Mémoires d'un ventricule" s'envolent littéralement avant que "Fossette Surprise" ne termine sur une touche lumineuse et joyeuse. On songe alors à une sorte de troubadour en pattes d'éléphant, une plongée dans l'espace médiéval en spoutnik acidulé.

Un véritable voyage psychédélique que prolonge Flûtes Libres tout en proposant des contours plus exotiques. En effet, Solal s'exprime au sein d'une formation beaucoup plus resserrée. Gravitant autour de sa flûte, sitar et tabla recentrent le propos, rendant l'ensemble un peu plus minimaliste et obsédant. Si l'introduction rappelle à nouveau Jethro Tull, rapidement le ton change. Les contours semblent improviser des solo et des ritournelles sans fin fixées de façon obsessionnelle. Là encore, il est impossible de cibler un nom sur un style. Jazz rock, psyché, ou pop, les lignes de basse par exemple soutiennent un propos typiquement années 70, face aux arrangements de sitar et de tabla nettement plus intemporels.

La musique de Solal progresse alors vers une langueur savoureuse et enveloppée d'un onirisme doux et apaisant, passant par des couleurs pastorales imagées, et toute cette contreculture qui animait cet underground français passionnant, que l’on attend toujours de redécouvrir. Cette réjouissante suite de pastilles colorées transpire la joie et la légèreté, s'octroyant ainsi le luxe d'être une musique savante qui ne se prend jamais au sérieux.

Par ailleurs, rien ne reste jamais immobile et tout emprunte sans cesse de nouvelles voies à l'image de "Quelqu'un", longue plage de plus de quinze minutes, où les sonorités apparaissent par vagues successives, au gré d'une forme d'expression libre, mais plus inquiétante que sur les ambiances jusqu'ici proposées. Prouvant ainsi son étonnante diversité, la musique de Jean Cohen-Solal est à découvrir ou à redécouvrir, et le label de Souffle Continu prouve une fois de plus que le patrimoine français regorge de merveilles évanouies qu'il ne tient qu'à nous de réanimer !

 

En savoir plus :
Le Soundcloud de Jean Cohen-Solal
Le Facebook de Jean Cohen-Solal


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Du côté de la musique :
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"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds
et toujours :
"La course" de Bon Voyage Organisation
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"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
"Atomised single" de Gogo penguin
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"Single carry me home" de Kokoroko
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"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

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une comédie contemporaine avec la captation de la création originelle de "Art"
du boulevard avec :
le streaming de "Fleur de cactus"
le streaming de "Jo"
un classique revisité avec la captation de "Peer Gynt"
une évocation de l'univers de Lewis Caroll avec la captation de "Lewis versus Alice"
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" :
"Peau de vache"
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une gourmandise pour fan addict avec Fabrice Luchini en vidéo dans "Le point sur Robert"
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Paradoxe amoureux"
"Dieu habite Dusseldorf"
"ABC D'airs"

Expositions :

en toute tranquillité mais musicales avec sur le Musée de la Sacem :
"L'Opérette" de son Age d'or à la Belle Epoque au regain d'engouement avec sa réactivation par des compagnies contemporaines tels "Azor" et "La Grande duchesse de Gerolstein"
et celle dédiée à son roi "Jacques Offenbach"
au Musée de la Monnaie de Paris :
la visite virtuelle des collections permanentes et la visite de sa dernière exposition en date "Kiki Smith"
et passer les frontières avec la visite virtuelle des collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

Ciné-Club at home avec :
"Blue Velvet" de David Lynch
"Casanova" de Federico Fellini
"Les 39 marches" d'Alfred Hitchock
le téléfilm "Paris Best" de Philippe Lioret
et des films récents sortis en DVD :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"Alice et le maire" de Nicolas Pariser
"Noura" de Hinde Boujemaa

Lecture avec :

"Banditi" de Antoine Albertini
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"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot
et toujours :
"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
"L'archipel des larmes" de Camilla Grebe
"Riposte" de David Albertyn
"Temps noirs" de Thomas Mullen
"Toute la violence des hommes" de Paul Colize
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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