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puce George Dandin ou Le Mari confondu
MC93  (Bobigny)  septembre 2018

Comédie de Molière, mise en scène de Jean-Pierre Vincent, avec Olivia Chatain, Gabriel Durif, Aurélie Edeline, Vincent Garanger, Iannis Haillet, Elizabeth Mazev, Anthony Poupard et Alain Rimoux.

Pièce de commande en forme de comédie-ballet pour le Grand Divertissement Royal de 1668 pour laquelle Molière opère par recyclage de "La Jalousie du Barbouillé", "George Dandin ou Le Mari confondu" s'ordonne autour du thème classique du mariage arrangé qui tourne fort naturellement à la déconfiture de l'époux barbon aux vilaines manières, de la lutte des classes qui ne saurait modifier l'ordre établi, de la satire éprouvée des infatuées moeurs nobiliaires et de la lutte des femmes contre la tyrannie maritale.

Une déconfiture d'autant plus cruelle qu'elle décrit l'irrésistible chute d'un paysan enrichi embarqué dans l'ascenseur social et atteint non seulement de la folie des grandeurs mais de l'ivresse des cimes. Ainsi a-t-il contracté mariage, contre espèces sonnantes et trébuchantes, pour rentrer dans la lignée aristocratique de petits hobereaux désargentés de province sans scrupules qui ont vendu leur fille pour éponger leurs dettes.

Mais ce mariage forcé pour redorage de blason qui fera florès à la Belle Epoque n'est pas du goût de la demoiselle qui renâcle aux exigences conjugales au nom de ce qui n'est pas encore qualifié d'épanouissement personnel et son mari voudrait bien s'en séparer.

Jean-Pierre Vincent met magistralement en scène cet opus protéiforme, de la comédie de mœurs à la comédie sociale et politique, qui conjugue farce, tragi-comédie et drame, comme une comédie noire en indiquant le traiter comme une fantasmagorie onirique dans un paysage social qui est celui du vieux pays pérenne qu'est la France dans lequel "nous pataugeons".

Et s'il opte pour un jeu en costumes d’époque confectionnés par Patrice Cauchetier celui-ci se déroule dans un environnement qui ne ressort pas au réalisme naturaliste. En effet, la scénographie de Jean-Paul Chambas repose sur le procédé du décor-écran qui permet d'édulcorées projections évocatrices avec toutefois l'anachronisme résidant en un élément hyper-réaliste, un espace-étable avec une vache laitière encastrée dans un mur dont seul apparaît l'arrière-train façon "Dead Horses" de Maurizio Cattelan.

La présence du bovin pour anecdotique qu'elle puisse paraître constitue une bonne synthèse de en rappelant l'origine paysanne du principal protagoniste, son comportement face à l'épouse considérée comme du bétail qu'il veut retourner à l'envoyeur pour tromperie sur la marchandise et celui des beaux-parents sans scrupules pour lesquels il constitue selon l'expression triviale "une vache à lait".

En instance de cocufiage, et contrairement à la tradition qui veut que le cocu soit le dernier informé, Dandin est averti avant même sa concrétisation par le babillage de l'émissaire gaffeur (Anthony Poupard truculent) de l'amant à bon compte, vicomte versaillais à la préciosité effeminée (Iannis Haillet).

L'occasion lui est donnée de confondre la méchante épouse mais personne n'a intérêt à entendre, et encore moins faire droit, à ses doléances. Ni les géniteurs, matrone bigote (Elisabeth Mazev) et matamore sur le retour (Alain Rimoux), ni l'imminente infidèle (Olivia Chatain) déjà au fait des stratégies galantes, qui manifeste des prédispositions certaines à la coquetterie de Célimène et à la rouerie tartufienne; et épaulée par une servante militante féministe (Aurélie Edeline).

Et à trois reprises, avec un entêtement masochiste et quasi-victimaire, il renouvellera son action, ponctuée par les mélopées mélodramatiques chantées par le valet de ferme (Gabriel Durif), qui sera traitée par le mépris et l'humiliation.

La partition, mise en oeuvre sans aménité de Jean-Pierre Vincent, si ce n'est pour l'inattendu "twist" du dénouement, est portée par Vincent Granger qui, dans le rôle-titre, livre une superbe leçon d'interprétation, de la révolte à la défaite en passant par la soumission pathétique, et d'incarnation de ce "fou de parvenu abattu en plein vol".

 

MM         
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# 10 novembre 2019 : Non à la morosité

Faites une pause avec l'actualité, faites une pause avec les réseaux sociaux et profitez plutôt de notre sélection culturelle hebdomadaire avec des tas de belles raisons de se réjouir un peu. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
Lysysrata, It It anita et The Eternal Youth au Normandy
et toujours :
"A l'oblique" de Phôs (Catherine Watine & Intratextures)
"So cold streams" de Frustration
"Liszt : O Lieb !" de Cyrille Dubois & Tristan Raes
"Au revoir chagrin" de Da Silva
"Ca" de Pulcinella
"Roseaux II" de Roseaux
"Symphonic tales" de Samy Thiébault
"Ca s'arrête jamais" de The Hyènes
"Ils se mélangent" de Djen Ka
Rencontre avec Joséphine Blanc accompagnée d'une session 3 titres acoustiques
"Funkhauser" de My Favorite Horses
Oiseaux Tempête et Jessica Moss au Grand Mix de Tourcoing

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Une des dernières soirées de Carnaval" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Les Mille et Une Nuits" au Théâtre national de l'Odéon
"21 Rue des Sources" au Théâtre du Rond-Point
"La dernière bande" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Mademoiselle Julie" au Théâtre de la Tempête
"Que Crèvent tous les protagonistes" au Théâtre 13/Seine
"Léonard de Vinci, l'enfance d'un génié" au Studio Hébertot
"L'Effort d'être spectateur" au Théâtre du Rond-Point
"Le Nouveau Cirque du Vietnam - Teh Dar" à l'Espace Chapiteaux de La Villette
"Olympicorama - Epreuve n°4 : le 100 mètres" à la Grande Halle de La Villette
"La Diva divague" au Théâtre de Dix Heures
des reprises :
"Les Membres fantômes" au Théâtre La Flèche
"Change me" au Théâtre Paris Villette
"Corneille Molière - L'Arrangement" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Qui croire" à la Comédie de Béthune
et la chronique des spectacles à l'affiche en novembre

Expositions avec:

"Greco" au Grand Palais

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Noura rêve" de Hinde Boujemaa
"Countdown" de Justin Dec
la chronique des films à l'affiche en octobre
et la chronique des films à l'affiche en novembre

Lecture avec :

"Profession romancier" de Haruki Murakami
"Feel good" de Thomas Gunzig
"Histoire mondiale de la guerre froide (1890-1991)" de Odd Arne Westad
"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
"L'écho du temps" de Kevin Powers
"Psychotique" de Jacques Mathis & Sylvain Dorange
"Une famille presque normale" de M T Edvardsson
et toujours :
"A comme Eiffel" de Xavier Coste & Martin Trystam
"Demain est une autre nuit" de Yann Queffélec
"L'extase du selfie et autres gestes qui nous disent" de Philippe Delerm
"La frontière" de Don Winslow
"Les quatre coins du coeur" de Françoise Sagan
"Miracle" de Solène Bakowski
"N'habite plus à l'adresse indiquée" de Nicolas Delesalle
"Une vie violente" de Pier Paolo Pasolini

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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