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Bruno Sauvard   (octobre 2018) 

Réalisé par Bruno Sauvard. France. Documentaire. 1h38 (Sortie le 17 octobre 2018). Avec Avec Laurence Manya Krief, Olivier Cros et Sylvain Respaut.

Avec son titre en référence aux Clash et à leur fameux "London Calling", Bruno Sauvard annonce tout de suite la couleur de son vin : il ne va pas s'intéresser aux vignerons traditionnels,installés dans leurs traditions et leurs habitudes productivistes.

Non, c'est dans le Languedoc, où les grands crus ne pullulent pas, qu'il est allé à la rencontre de néo-vignerons qui se ressemblent autant que le vin qu'ils assemblent...

Rien qu'aux noms qu'ils ont donné à leur domaine, on comprend qu'il y a dans le lot beaucoup de CSP+, des libertaires en rupture d'agences de pub ou de vie à la ville en costumes trois pièces : Domaine du possible, Les Foulards rouges, Domaine Yoyo, Domaine Potron Minet, Domaine Le Temps retrouvé...

Les esprits caustiques trouveront que ça sent le bobo à plein nez autant que le bon jus de la treille. Evidemment, tous ces vignerons passionnés par leurs vignes qui ont refusé d'ultra-sulfater leur ceps, qui ont chois de faire des "vins nature" et de ne pas s'acharner question rendements, ont de bonnes têtes de quadragénaires qui pourraient passer pour des trentenaires s'ils travaillaient moins et n'avaient pas tant l'utopie chevillée au corps.

Qu'importe : que la campagne est belle et que leurs projets feront rêver tous les urbains. Peut-être même donneront-ils envie à d'autres à quitter leur confort de cadres vivant dans des grandes villes de venir les rejoindre.

En voyant leurs belles maisons savamment délabrées, leurs beaux enfants quand même habillés en Jacadi et leurs femmes artistes, capables de suppléer la non-viabilité immédiate de leurs entreprises, ils auront sans doute la tentation de s'autoproclamer à leur tour "néo-vignerons".

A leurs risques et périls, puisqu'il faudra compter sur la solidarité (réelle) de toute cette nouvelle communauté pour qu'ils s'en sortent... après une bonne dizaine d'années à ne pas pouvoir se payer au SMIC voire au RMI.

Dans "Wine Calling" de Bruno Sauvard, pas question d'employer le ton persifleur qu'on trouvera ici. Non, le réalisateur est à fond derrière ce que représentent ces hommes attachants. C'est en creux qu'on se pose donc les questions et qu'on s'interroge sur ces nouveaux personnages qui peuplent et re-peuplent les campagnes.Sont-ils la chance d'une viticulture minée par la chimie et les foires aux vins ou sont-ils des colons new look ?

Dommage d'ailleurs que Bruno Sauvard n'ait pas pris le temps d'interroger quelques autochtones sur ces nouveaux venus. On aurait aimé savoir si tout était aussi facile, si, par exemple, leurs enfants s'intégraient bien dans des écoles de village et si les plus grands appréciaient vraiment ce monde qui les fera inévitablement régresser socialement, eux qui auraient pu prétendre en ville à de bons lycées et au programme Erasmus?

Regarder avec un œil plus critique que lui son film ne doit pas empêcher d'apprécier ce que Bruno Sauvard donne à voir. C'est le premier vrai documentaire sur ces néo-vignerons dont on peut "lire" les étiquettes chez les cavistes indépendants. Leurs vins, quand on les goûte, sont effectivement "sympas" avec leurs noms rigolos et leurs belles couleurs et leur prix indexé sur le CAC40.

"Wine Calling" de Bruno Sauvard aurait dû s'appeler "Le vin se lève". Qui sait ? Le souffle de ses passionnés pourra peut-être venir à bout du souffre partout présent (même un peu chez eux). Pourtant déjà certains craignent parmi eux que l'industrie du vin s'empare du concept de "vin nature" pour encore une fois reprendre la main et en faire un argument purement publicitaire.

On espère que Bruno Sauvard reviendra dans quelques années voir ce que sera devenue cette expérience bouillonnante d'idées et malheureusement pas forcément vouée à la pérennité.

En tout cas, son documentaire est à voir à tout prix. Pourquoi pas lors d'une séance avec débat à la clé... un débat solidement charpenté comprenant une nécessaire dégustation de "vins natures" par exemple.

 

Philippe Person         
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"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
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"Tango" de Pascal Contet
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