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Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio  octobre 2018

Réalisé par Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio. République de Cuba/Allemagne/Espagne. comédie. 1h41 (Sortie version restaurée le 17 octobre 2018 - 1ère sortie 24 juillet 1966). Avec Jorge Perugorria, Mirta Ibarra, Carlos Cruz, Raul Eguren, Luis Alberto Garcia, Pedro Fernandez et Conchita Brando.

Quelle belle idée d'avoir voulu redonner vie à "Guantanamera" de Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio ! Hymne à la musique, aux couleurs ensoleillés et à l'île de Cuba, ce film est un miracle.

Dernière réalisation de Tomas Gutierrez Alea, dit "Titon", le quasi papa du cinéma cubain, "Guantanamera" est comme "Fraise et chocolat" (1993) co-réalisé avec Juan Carlos Tabio.

Ce road-movie jouissif, qui suit les péripéties d'un corbillard qui doit traverser toute l'île pour que la morte atteigne sa dernière demeure, est prétexte aussi à raconter ce qui se passe à Cuba à une époque charnière, celle où l'URSS s'effondre et où l'île, après quarante ans de révolution et d'embargo américain, doit se débrouiller toute seule économiquement entre marché noir et pénuries.

Profitant d'une période de relative ouverture du régime, Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio vont réaliser successivement deux films critiques, mais aussi pleins de charme et de vie. Après "Fraise et chocolat" qui aborde le sujet encore tabou de l'homosexualité, "Guantanamera" est un joyeux constat du "bordel ambiant" qui règne à Cuba, pris entre la bureaucratie castriste et le système D. généralisé.

Et c'est peu dire que les deux réalisateurs ont poussé le bouchon loin puisque le héros n'est autre qu'un apparatchik du régime, un peu en disgrâce, et qui, pour se refaire, décide d'inventer un moyen de transporter les morts d'un point à un autre de l'île, en faisant fi des pénuries d'essence. Il inventera, forcément, une usine à gaz... sans gaz, et fera tout au long du film l'illustration de ce qui arrive à un intellectuel devenu un bureaucrate.

Avec sa tête affublé d'une stalinienne moustache, Carlo Cruz est irrésistible. Tout comme sa femme, Georgina, interprétée par Mirta Ibarra, la plus grande actrice cubaine, qui en suivant le cercueil de sa tante, revit sa vie et comprend bien des choses...

Tout au long de ces aventures héroï-comiques d'un corbillard qui, on le verra, fera de nombreux petits, des personnages se croisent, des amitiés se nouent et les bananes et les poulets s'accumulent dans les coffres des voitures ou des camions.

On y parlera aussi de la mort, on en parlera même un peu comme d'un fruit comme chantait Brel. Il faut dire qu'il n'est ici nullement question de céder aux appels de la religion, la tatie de Georgina étant plutôt adepte d'un vaudou cubain fondé sur le culte yoruba lui aussi venu d'Afrique.

Là encore, l'oeuvre de "Titon" gagne en complexité. Ce n'est, on s'en rendra compte, pas simplement un film divertissant dans un contexte où il faut être cubain pour rire et chanter, mais aussi une réflexion sur les croyances, voire leur survie quand arrive le rouleau-compresseur d'une autre idéologie, celle-ci athée et prosélyte en athéisme.

Mais cela ne doit pas faire oublier que le film est infiniment amusant et qu'on suit avec un grand plaisir tous ses personnages qui se croisent et se décroisent sur les routes cahotiques et pleines de surprise d'un pays où chaque habitant serait un sujet de film tragi-comique.

Et puis, et quelque part surtout, "Guantanamera" de Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio est l'occasion d'entendre, de réentendre et d'avoir en tête un bon moment la chanson éponyme, astucieusement réécrite pour mettre en relief les protagonistes. Elle est à l'unisson de cet éphémère moment d'euphorie collective cubaine que le cinéma, grâce à son vieux maître, a su saisir parfaitement.

Viva Cuba ! Viva Guantanamera !

 

Philippe Person         
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# 29 novembre 2020 : Culture Globale

Ca y est vous n'avez plus d'excuse pour ne pas vous rendre dans les librairies, disquaires et autres lieux de culture chers à nos coeurs, alors FONCEZ ! si vous avez besoin d'un prétexte : On n'a jamais été aussi proche de Noël !

Du côté de la musique :

"I know that you know" de Eau Rouge
"In town" de Switch Trio
"May our chambers be full" de Emma Ruth Rundle & Thou
"The messenger" de Hélène Grimaud
"Songs" de Patrick Messina & Fabrizio Chiovetta
"Star feminine band" de Star Feminine Band
"Signs" de Vaiteani
"Stay" de Valerie June
"Grand plongeoir" de Yves Marie Bellot
"Selectorama" Le nouveau mix (S2M4) de Listen In Bed
"De là" de Clarys
et toujours :
"Sweet roller" de Al Pride
"After the great storm" et "How beauty holds the hand of sorrow" de Ane Brun
"Bisolaire" de Fredda
"Stillness" de Laetitia Shériff
"Un soir d'été" de Aurore Voilqué Trio
"Warning bell" de Daniel Trakell
"Trip" de Lambchop assortie de la nouvelle émission de Listen in Bed "Lambchop's Trip"
"Glo" de Manuel Bienvenu
"Serpentine prison" de Matt Berninger
"Je ne vous oublierai jamais" de Morgane Imbeaud
"Lockdown care bundle EP" de Nadeah
"Nashville tears" de Rumer

Au théâtre at home :
avec les captations vidéo de :
"Les Géants de la montagne" de Luigi Pirandello
"Très chère Mathilde" de Israel Horovitz
"Une des dernières soirées de carnaval" de Carlo Goldoni
"Un amour de jeunesse" de Ivan Calbérac
"La Vérité" de Florian Zeller
"Ils se sont aimés" de Pierre Palmade et Muriel Robin
"La croisière ça use" de Emmanuelle Hamett
"Cyrano m'était conté" de Sotha
et un air d'opéra avec "Miranda" d'après Shakespeare et Purcell

Expositions :

en virtuel :
"Gabrielle Chanel - Manifeste de mode" au Palais Galliera
"Cristo et Jeanne Claude" au Centre Pompidou
"Jim Dine - A day longer" à la Galerie Templon

"Kiki Smith" à la Monnaie de Paris
"Pierre Soulages" à l'espace culturel départemental Lympia à Nice
"La "Collection Emil Bührle" au Musée Maillol
"Paris Romantique 1815-1848" au Petit Palais
"Léonard de Vinci" au Musée du Louvre
"La vitrine Gallé" au Musée des Arts et Métiers
et les collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

at home en steaming gratuit :
"Caché" de Michael Haneke
"Au loin s'en vont les nuages" de Aki Kaurismaki
"Une valse dans les allées" de Thomas Stuber
"La Lune de Jupiter" de Kornel Mundruczo
"L'enfant d'en-haut" de Ursula Meier
"Le beau monde" de Julie Lopes Curval

Lecture avec :

"L'intériorité dans la peinture" de Pierre Soulages & Anne-Camille Charliat
"Coco de Paris" de France de Griessen
"Considérations sur le homard tome 2" de David Foster Wallace
"Intuitions" de Paul Cleave
"Les aveux" de John Wainwright
"Les ratés de l'aventure" de Titayna
"Un été de neige et de cendres" de Guinevere Glasfurd
et toujours :
"Lire les morts" de Jacob Ross
"La mer sans étoiles" de Erin Morgenstern
"Les filles mortes ne sont pas aussi jolies" de Elizabeth Little
"Batailles" de Isabelle Davion & Béatrice Heuser
"De Gaulle et les communistes" de Henri Christian Giraud

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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