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puce Les vagues, les amours, c'est pareil...
Centquatre  (Paris)  octobre 2018

Spectacle solo conçu et interprété par Marie Vialle d'après un texte de David Foster Wallace.

Comédienne rompue à l'art théâtral, qu'elle exerce depuis vingt ans avec les plus grands et sans rechigner sur les expériences, Marie Vialle fait désormais usage de la scène comme d'un "chez elle".

A l'instar de Jacques Gamblin, cet autre habitué des seuls en scène discursifs au Rond-Point, elle s'empare de la scène pour papoter avec le public, raconter un peu sa vie, danser, chanter et tout cela sans oublier qu'elle est en représentation, qu'elle travaille et doit donner aux gens quelque chose de consistant.

Ici, avec "Les vagues, les amours, c'est pareil", spectacle qui peut aussi s'appeler "C'est de l'eau", elle a décidé d'éclairer, de donner à voir à ceux qui ne le connaissent pas, la belle et éphémère figure de l'américain David Foster Wallace.

Ce météore de l'écriture a laissé quelques romans et s'est suicidé. Depuis, comme d'autres avant lui, sa légende ne cesse de se construire, nourrie de tout ce que draine la mort volontaire et précoce de quelqu'un de différent, qui aurait pu porter un message essentiel, qu'on essaie depuis son geste définitif de reconstituer. Comme pour chaque suicidé de la société, son œuvre future est rêvée, fantasmée, déduite des bribes éparses d'une œuvre qu'on devine majeure malgré sa maigreur.

Marie Vialle a fait de "C'est de l'eau", le discours de fin d'études qu'il a prononcé lors de la remise des diplômes du Kenyon College, en 2005, l'alpha et l'oméga de David Foster Wallace. Elle l'interprète avec une certaine gravité primesautière, consciente qu'on tient là les prémisses d'un vrai littérateur.

Ce "commencement speech" est un exercice éprouvé aux Etats-Unis. En général, ces discours sont brillants et superficiels et permettent aux meilleurs élèves d'emporter facilement les applaudissements de leurs camarades de promotion. Mais David Foster Wallace ne respecte pas les usages : son discours est profond, empreint d'une solennité triste qui cadre mal avec un jour de remise de diplômes.

Marie Vialle, qui a enquêté très sérieusement sur ce qu'être étudiant en lettres veut dire outre-Atlantique, démontre qu'avec ce morceau d'éloquence David Foster Wallace scelle déjà son destin tragique. Ayant choisi une forme libre, elle évite tout pathos.

Comme dans des spectacles précédents écrits avec Pascal Quignard, elle a endossé une grande et belle robe de princesse, cette fois-ci de couleur orange, conçue par sa scénographe Chantal de La Coste. Au fur et à mesure du déroulement de son spectacle, la robe redevient petite jupe toute simple.

Marie Vialle a la modestie de se retransformer en Cendrillon, de finir par une anecdote personnelle et chaleureuse, mais au fond d'elle-même, elle sait - elle doit savoir - qu'elle a contribué à rendre un peu plus belle la légende en train de grandir de David Foster Wallace promis à de grosses biographies et à de beaux biopics.

Sur une scène où elle peut parfois se cacher derrière un rideau de lamelles argentées, Marie Vialle dessine avec la légèreté d'une ballerine le portrait d'un encore inconnu de presque tous qui pourrait bien devenir un essentiel du siècle nouveau. Une fois encore, elle a réussi son coup, avec une habileté naïve qui cache un grand professionnalisme.

 

Philippe Person         
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21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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