Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Jean Moulin
Théâtre Dejazet  (Paris)  octobre 2018

Fiction historique écrite par Jean-Marie Besset, mise en scène de Régis Martrin-Donos, avec Jean-Marie Besset, Laurent Charpentier, Stéphane Dausse, Michael Evans, Loulou Hanssen, Laure Portier, Sébastien Rajon, Sophie Tellier et Gonzague Van Bervesselès.

Avant de s'appeler "Jean Moulin", la pièce de Jean-Marie Besset s'intitulait "Jean Moulin Évangile". Ce changement de titre ne veut pas dire que l'auteur a renoncé à mettre en avant la dimension christique et tragique de son œuvre. Ici, un homme se lève et essaie de rassembler des disciples, des "résistants" et comme Jésus, il finit seul, trahi et supplicié.

Mais "Jean Moulin" tout court, c'est avant tout la revendication d'une forme de théâtre un peu abandonné en France : celle de la pièce historique "classique". Depuis plusieurs décennies, ce genre est réduit à des face-à-face du type "Le Souper" où des duos de personnages historiques s'affrontent dans des duels verbaux.

Jean-Marie Besset aurait pu s'y résoudre puisque les deux scènes "imaginées" les plus notables sont celles des rencontres à Londres de Jean Moulin (Sébastien Rajon) et du Général De Gaulle (Stéphane Dausse).

Mais il a préféré raconter les quatre dernières années du préfet devenu le chef de la résistance non communiste en France. Et cela dans une espèce de décor unique, sombre, encombré d'armoires amovibles et de chaises que tous les acteurs ne cessent de déplacer à l'image de Jean Moulin brinquebalé de Chartres à Londres, de Paris à Lyon.

Il est entouré de nombreux personnages qu'il retrouve en fonction de ses déplacements erratiques à commencer par sa sœur Laure (Laure Potier), de sa collaboratrice Antoinette Sachs (Sophie Tellier), et par Henri Frenay (Laurent Charpentier) avec qui il de longues discussions politiques.

Nourrie de références historiques, mais sans jamais aller jusqu'à un didactisme systématique, "Jean Moulin" ne peut s'empêcher d'avoir un petit côté biopic avec ses moments attendus. Ainsi sera révélé le passé de Jean Moulin de caricaturiste aux dessins non dénués d'un certain antisémitisme ou sa possible bi-sexualité.

Par ailleurs, Besset est certain de la trahison de René Hardy (Gonzague Van Bervesselès) manipulée par Lydie Bastien (Loulou Hanssen), sa maîtresse qui travaille pour Klaus Barbie (Michael Evans).

Mais peu à peu, la pièce cesse d'être une accumulation de notes wikipédia sur Jean Moulin. Plus de vingt scènes seront nécessaires pour que l'on comprenne quel destin désespéré cet homme s'est forgé. On pourrait même supposer qu'il a voulu aller volontairement au supplice.

Ce garçon lumineux, à qui on a demandé de lever une armée d'ombres, un cortège terrible de jeunes gens eux aussi promis aux pires atrocités nazies, est gagné peu à peu par une désespérance que rien ne peut contrer. L'arrestation de Caluire et le sort que lui fait subir Barbie ne pouvaient pas ne pas avoir lieu.

Avec sa belle voix chaude et un peu cassé, Sébastien Rajon fait du préfet quadragénaire un éternel jeune homme soumis aux épreuves et aux tentations, quelqu'un saisi par la gravité d'un monde sans avenir.

Besset, qui s'est distribué par ailleurs en compagnon de Moulin, décrit les marches qui le conduisent vers une mort inexorable. Sans doute aurait-il dû être un peu plus attentif au rôle de Klaus Barbie, qui rappelle ces nazis d’opérette d'antan...

Mais ce petit moins ne doit pas cacher que "Jean Moulin" est un spectacle fort, interprété par des comédiens impeccables et qui permettra de mieux connaître ce personnage qui mérite mieux que d'être figé au Panthéon en héros national dont on ne sait que faire.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 14 juillet 2019 : Les pieds dans l'eau

C'est l'été, les vacances pour certains, mais cela n'empêche pas de découvrir quelques petites perles musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques... Alors ne perdons pas de temps et découvrons le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Reward" de Cate Le Bon
"Walk on a mirror" de Beautiful Badness
"You're here now what ?" de Matmatah
"Verdée" de Verdée
"Circo circo" de Who's the Cuban
Tom Mascaro et The Daggys au M'art in the street de St Symphorien s/ Coise
Beauregard #11 :
Jeudi avec MNNQNS, Gossip, Fatboy Slim entre autres
Vendredi avec Balthazar, Lavilliers, NTM, Etienne de Crécy...
Les Eurockéennes de Belfort #31 : Interpol, Fontaines DC, Idles, Mass Hysteria...
et toujours :
"Lung bread for daddy" de Du Blonde
"Orgue" de Guero
Hellfest #14 avec No one is innocent, Gojira, Kiss, Cannibal Corpse, Sister of Mercy et pas mal d'autres
"L'envoutante" de L'Envoûtante
"Uncovered Queens of the Stone Age, The lost EP" de Olivier Libaux
"Praeludio" de Patrick Langot
"Carnet de voyage, livre 1 : Beethoven Cras" de Quatuor Midi Minuit
"The twin souls" de The Twins Souls

Au théâtre :

"Glissement de terrain" au Théâtre de la Reine Blanche
"Philippe Chevallier et Bernard Mabille - Chacun son tour" au Théâtre L'Archipel
"De Judas à Manuel Valls" à la Comédie Saint-Michel
"Philippe Fertray - En mode projet" au Théâtre de la Contrescarpe
"Florian Lex - Pas de pitié !" au Théâtre du Marais
des reprises :
"Nature morte dans un fossé" au Petit Gymnase
"Muriel Lemarquand - Trop forte !" au Théo Théâtre
la chronique des spectacles à l'affiche parisienne en juillet
et la chronique des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon

Expositions avec :

"Back Side/Dos à la mode" au Musée Bourdelle
et dernière ligne droite pour :
"L'Orient des peintres, du rêve à la lumière" au Musée Marmottan-Monet
"Hammershoi - Le Maître de la peinture danoise" au Musée Jacquemart-André
"La Lune - Du voyage réel aux voyages imaginaires" au Grand Palais
"La Collection Emil Bürhle" au Musée Maillol

Cinéma :

"Le Voyage de Marta" de Neus Ballus
et la chronique des sorties de juillet

Lecture avec :

"L'enfer du commissaire Ricciardi" de Maurizio de Giovanni
"Hitler et la mer" de François-Emmanuel Brézet
"La villa de verre" de Cynthia Swanson
"Le fossé" de Herman Koch
"Les apprentis de l'Elysée" de Jérémy Marot & Pauline Théveniaud
et toujours :
"Entrer dans l'arène en même temps que l'orage" de Danny Denton
"Et tout sera silence" de Michel Moatti
"Je te donne" de Baptiste Beaulieu, Agnèes Ledig, Laurent Seksik, Martin Winckler
"Le dernier thriller norvégien" de Luc Chomarat
"Néron" de Catherine Salles

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=