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Alain Cavalier  octobre 2018
Réalisé par Alain Cavalier. France. Documentaire. (Sortie le 17 octobre 2018).

On sait que depuis que les petites caméras DV existent, Alain Cavalier a commencé une seconde carrière, à l'âge où beaucoup de cinéastes s'arrêtent.

Il poursuit avec "Six portraits XL" une œuvre paradoxale puisque plus elle est modeste plus elle devient ample. En effet, ces six portraits sont en fait trois films de cent minutes chacun dans lesquels il range à chaque fois deux portraits.

Devant ce travail à la fois minuscule et monumental qu'il a commencé il y a déjà une trentaine d'années en VHS avec "24 portraits", le critique n'a pas grand-chose à dire sinon, selon ses goûts et ses dégoûts personnels, affirmer qu'il préfère tel portrait à tel autre. Ou alors, il peut se faire archiviste en recensant le contenu de ces portraits et en tentant de comprendre les logiques qui ont amené Alain Cavalier à appairer plutôt celui-là avec celui-ci.

En toute rigueur, le spectateur devrait de lui-même aller voir les trois films. Bien entendu, on se doute qu'il ne pourra souvent en voir qu'un ou deux, car bien qu'Alain Cavalier soit patronné par Michel Seydoux, il est à craindre que ses films ne soient distribués qu'au compte-goutte et pas forcément tous à la fois.

Si l'on aime les "people", c'est évidemment "Philippe et Bernard" que l'on ira voir avant toute chose. Alain Cavalier y trace deux portraits de deux personnalités, Philippe Labro, écrivain, journaliste et cinéaste, et Bernard Crombey, comédien et auteur du spectacle "Ma Motobécane".

Comme dans les autres séries, c'est en plusieurs fois et sur une longue période qu'Alain Cavalier a filmé ses sujets. A chaque fois, il le fait avec une grande liberté. Labro est filmé en train de préparer une émission de télé, dont on suit presque tout le déroulement, puis, dix ans après, dans son bureau, là où il continue inlassablement à suivre l'actualité, à lire et à voir tout ce qui a trait à son époque.

On ne sait pas le degré d'amitié entre les deux hommes, mais on sent une grande estime réciproque. Car, autre indication sur la manière de procédé d'Alain Cavalier : il n'hésite pas à intervenir, à parler à celui qu'il filme ou à son entourage quand il y a d'autres personnes dans le champ.

Pour Bernard Crombey, Alain Cavalier est plus dans le dialogue. Il ne faut pas oublier que le comédien, tout jeune, a fait partie de l'aventure du "Plein de super" d'Alain Cavalier, film "cassavétien" dans lequel un quatuor de comédiens avait carte blanche pour faire les quatre cents coups.

Le portrait XL de Bernard Crombey, c'est le constat d'une vie réussi de comédien qui a pu exercer son métier depuis 40 ans et est toujours en mouvement, avec visiblement une belle humeur et encore des envies. Cela le rapproche de Philippe Labro, lui aussi très content de ce qu'il fait sans être forcément dans l'auto-satisfaction qu'on lui supposait.

Le film "Léon et Guillaume" traite de deux moments de la vie active d'un artisan. Léon, le cordonnier arménien, va prendre sa retraite. Ses clients fidèles viennent lui dire au revoir et Léon s'avère un vrai personnage, un "bon client" pour réussir un beau portrait.

Guillaume, lui, est un jeune boulanger qui "voit grand" et qui est au moment où il va développer son affaire pour rentrer dans la catégorie des grandes boulangeries. Pas grand chose à voir avec Léon, ni dans le fond ni dans la forme et sans doute le moins personnel des portraits de Cavalier, qu'il aurait pu vendre à "Capital".

Entre les "vedettes" et les "artisans", Alain Cavalier a réalisé avec "Jacquotte et Daniel", deux portraits plus personnels, entre nostalgie et amitié. Jacquotte, la seule présence féminine, dans le sextet, fait visiter une maison qui n'a pas changé depuis presque un siècle.

Si elle fait preuve d'une personnalité originale, qu'elle appartient à la catégorie des "belles personnes", c'est quand même la maison qui accapare l'attention du cinéaste. Pareillement, on en saura énormément sur Daniel et sur son appartement de vieux célibataire cinéphile qui ne rate pas un tirage du "Rapido", mais c'est surtout ces "tocs" qui frappent.

Cavalier les filme en long et en large sans que cela soit ni gênant ni ridicule. Ces "tocs" sont un élément de la vie de Daniel et ils paraissent peu à peu, quand on les voit se répéter, "naturels", et ne font pas de leur "propriétaire" un véritable malade.

C'est pour cela que le portrait de Daniel frappe plus que les autres : Cavalier réussit à le filmer sans le transformer en phénomène de foire ni en exagérant l'importance de ses manies pourtant assez handicapante.

"Six portraits" d'Alain Cavalier est une somme humaniste, pleine de malice et de curiosité. On aimerait qu'il y ait d'autres portraits en attente dans les placards du cinéaste.

Une seule chose est sûre : on n'a pas fini d'avoir des nouvelles d'Alain Cavalier, ce filmeur indispensable.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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