Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Retour à Lemberg
Théâtre de la Colline  

Spectacle musical d'après un texte de Philippe Sands, mise en scène de Nina Brazier, avec Natalie Dessay, Katja Riemann, Philippe Sands, Laurent Naouri et Guillaume de Chassy.

France Culture et le Théâtre de la Colline s'allient périodiquement pour l'enregistrement en public de lectures de grands textes. L'année dernière, on avait eu la chance d'assister à une lecture mise en espace et en musique - en la présence de David Grossman, son auteur - d' "Un cheval entre dans un bar".

Cette fois-ci, c'est "Retour à Lemberg" de Philippe Sands qui fait l'objet de ce qu'on peut appeler un vrai spectacle, mêlant lecture et musique. L'enregistrement de ce moment privilégié sera diffusé le dimanche 9 décembre 20ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Car "Retour à Lemberg", sous-titré "Un chant du bien et du mal" est une espèce d'"essai-enquête" sur la naissance du droit international moderne sorti des jugements proclamés au Tribunal de Nuremberg à l'encontre des principaux "dignitaires" du Troisième Reich.

"Essai-enquête" ou "roman-enquête", les deux propositions sont recevables puisque l'oeuvre de Philippe Sands est aussi passionnante qu'un roman de John Le Carré. Il raconte l'histoire parallèle de deux juristes - comme lui - qui sont à l'origine des deux visions du droit international post-seconde guerre mondiale : d'un côté, Raphaël Lemkin, qui a introduit la notion de "génocide" et de l'autre, Hersch Lauterpacht, inventeur des "crimes contre l'humanité".

Pas vraiment sur la même longueur d'ondes, ils ne se sont jamais rencontrés alors qu'ils étaient tous les deux - avant de devenir de brillants juristes britanniques - issus de Lemberg, en Pologne (aujourd'hui en Ukraine).

Lemberg... qui est aussi le lieu de naissance de la grand-mère de Philippe Sands, qui, comme presque toute les ascendants de Lemkin et de Lauterpacht ont été exterminés alors que la Pologne était gouverné par Hans Frank, ancien avocat d'Adolf Hitler et l'un des condamnés à mort à Nuremberg. Homme de culture, Frank était la caricature du nazi mélomane, ami de Richard Strauss par exemple, et amateur d'art (il s'était accaparé la "Dame à l'hermine" de Léonard de Vinci).

Tout cela donne à Philippe Sands, lecteur efficace à joli accent de sa propre œuvre en compagnie de Natalie Dessay et de Katja Riemann, matière à de grands paradoxes que d'aucuns trouveraient sujets à caution, mais qui, dans le flot de son récit, font leçon. Sands aime le vertige et sait le faire partager : le voilà lui, le petit-fils des victimes du nazisme devenu l'ami du fils de Hans Frank.

Cambridgien comme ses deux juristes dont il suit l'aventure intellectuelle, il est le pur fruit de cette culture anglaise élitiste qui s'approprie facilement tous les mérites. Ainsi, c'est René Cassin qui a obtenu le Prix Nobel pour avoir élaboré la Déclaration universelle des droits et de l'homme, et il est, comme les juristes américains et russes présents à Nuremberg et après, réduit dans "Retour à Lemberg" à un rôle subalterne.

Sur le fond, Philippe Sands est de l'école de George Steiner, amateur britannique, comme on l'a dit, de théories paradoxales et très brillantes qui laissent pantois quand il les énonce et qui, une fois le temps de la réflexion arrivée, s'avèrent beaucoup moins pertinentes...

Reste qu'en tant que spectacle, ce "Retour à Lemberg" restera inoubliable en grande partie grâce à la présence du baryton-basse Laurent Naouri.

Accompagné au piano par Guillaume de Chassy, il est aussi phénoménal en interprétant Berthold Brecht mis en musique par Hanss Eisler qu'en chantant "Insensiblement" de Paul Misraki ou le magnifique "Anthem" de l'incomparable Leonard Cohen. Pareillement, le toucher pianistique de Guillaume de Chassy, interprétant Bach ou Rachmaninov, vaut à lui seul le déplacement.

On n'oubliera pas le beau travail de Pascal Deux inspiré de la mise en scène de Nina Brazier, qui fait d'une lecture bien plus qu'une lecture et donnera envie à tous de découvrir le travail littéraire de Philippe Sands qu'il faut lire, même s'il donne à Lemkin et Lauterpacht un trop beau rôle dans une histoire qu'il faut aussi ramener à une dimension plus modeste puisque les notions dégagées de "crimes contre l'humanité" et de "génocide" semblent n'avoir aucune prise sur les exactions des grandes puissances et de leurs alliés.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 11 avril 2021 : Culture en résistance

Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=