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Nicolas d'Estienne d'Orves  (Editions Calmann-Lévy)  octobre 2018

Drôle de vie que celle vécue par Marthe Richard, connue pour avoir donné son nom à une loi de 1946 qui permettait de fermer les maisons closes. A voir son image et la loi qui porte son nom, on l’imagine alors en bigote moralisatrice mais on est loin de la vraie vie de cette femme. Sa vie est une histoire, faite d’activités nombreuses et variées et de nombreux mensonges, un vrai roman en fait.

Alors quoi de mieux que de faire de la vie de cette femme un roman, ou plutôt une biographie, ou même un peu des deux ? C’est ce que nous propose l’écrivain Nicolas d’Estienne d’Orves avec son dernier ouvrage, Marthe ou les beaux mensonges, qui vient de sortir aux éditions Calmann-Lévy. L’auteur n’est pas un inconnu pour moi, j’ai lu et beaucoup aimé l’un de ses précédents ouvrages, les fidélités successives.

Marthe ou les beaux mensonges nous raconte donc la vie excitante et hors norme de cette femme qui a traversé le vingtième siècle et son histoire mouvementée par deux conflits mondiaux notamment. Tantôt espionne, tantôt aviatrice, prostituée et héroïne de cinéma mais aussi résistante, la vie de cette femme qui fut aussi engagée en politique n’aura jamais été un long fleuve tranquille. Issue d’une famille pauvre, elle va d’abord rencontrer un homme, un proxénète qui va la prostituer. Fuyant vers Paris, elle va rencontrer un riche bourgeois qui va tomber amoureux, lui permettant de passer de sa vie misérable à la grande bourgeoisie.

Quatre cent pages ne seront pas de trop pour nous raconter son histoire ou plutôt ses histoires avec son lot de mensonges car il reste encore quelques éléments de sa vie qui restent à confirmer. Le livre nous raconte l’histoire de cette petite couturière qui s’est forgé un destin extraordinaire, au travers d’un portrait haut en couleur, sensible et truculent, faisant surgir le romanesque dans les recoins cachés de la vérité.

L’auteur a fait le choix d’écrire à la première personne du singulier. C’est donc Marthe qui nous parle, dans une sorte de biographie confessionnelle sur sa vie faite de mensonges et de vérités que le lecteur aura du mal à séparer. On suit alors son existence et son histoire, ses multiples activités et ses mariages.

Marthe fut aviatrice puis espionne pendant la première guerre mondiale. Elle rencontra un officier allemand. Elle fut résistante, nous dit-elle, membre des FFI pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle s’engagea aussi en politique à la libération, du côté de la Mairie de Paris, ce qui la mènera à cette loi concernant la fermeture des maisons closes. Cela fait déjà beaucoup pour une seule vie, pourrait-on se dire ! Sauf que Marthe fut aussi une prostituée, une femme d’affaires, une héroïne de cinéma, un écrivain. Une femme hors-norme en quelque sorte qui écrivit ses mémoires, se laissant aller à de nombreux mensonges dedans.

L’intérêt principal du livre, au-delà du fait qu’il nous projette dans l’histoire du vingtième siècle au travers de cette femme, réside dans les contradictions de cette femme et ses mensonges. Marthe fut un personnage complexe, que son histoire reflète et ses mensonges et contradictions sont aussi le reflet de l’Histoire du vingtième siècle et de ses contradictions. Son rôle dans la Seconde Guerre mondiale en est le parfait exemple car elle fut, dit-elle membre des FFI tout en étant proche de certains membres de la Gestapo.

Il est une évidence que la vie de Marthe Richard fut un roman, d’où l’intérêt que lui porte l’auteur pour nous offrir cet ouvrage sur sa vie construit un peu comme une légende fabriquée sur du vrai et du faux. Car au-delà de tout ce que fut Marthe dans son existence, écrit sur la couverture du livre, il faut surtout affirmer que Marthe fut aussi une belle menteuse.

Marthe ou les beaux mensonges est un livre passionnant que je vous recommande vivement.

 

En savoir plus :
Le site officiel de Nicolas d'Estienne d'Orves


Jean-Louis Zuccolini         
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