Karol Beffa - Douze Etudes
(Ad Vitam Records) novembre 2018
"La musique que je compose suggère des images mentales", "Il n'y a rien de pire quand on parle de musique que de vouloir faire passer l'obscur pour du profond" Karol Beffa
D’origine polonaise, Karol Beffa est compositeur, pianiste, improvisateur, musicologue et professeur. Sa reconnaissance est croissante, le Franco-suisse figure en effet parmi les compositeurs contemporains les plus joués actuellement. Dans tous son corpus d’œuvres, il explore un monde sonore riche sans rien céder à une sorte de faux avant-gardisme. Une musique sophistiquée, dense, absolument contemporaine mais qui, finalement, reste assez accessible. Pour lui, l’écriture est en lien avec la mort et composer, c’est repousser l’instant même de cette mort, comme une sorte de stratégie d’évitement.
Ces douze études ont été créées dans leur ensemble par Tristan Pfaff, en juillet 2014, lors du festival des forets à Compiègne. Ces études écrites entre 2000 et 2011 représentent l’essentiel des compositions de Karol Beffa pour piano seul. Comme chez Chopin ou Ligeti par exemple, chaque étude se concentre sur une spécificité d’écriture, mais reste plus esthétique que simplement gymnastique. Le rapprochement avec ce dernier n’est pas anodin, Beffa maîtrise particulièrement bien l’esthétique des études pour piano de György Ligeti puisqu’il a obtenu en 2003 le titre de docteur en musicologie à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), grâce à une thèse portant sur ces études sous-titrée "imagination sonore et théâtralisation".
Le premier cahier se compose d’études assez courtes avec pour chacune un thème unique (intervalles de tierces et quintes, octaves, bimodalité, répétition et mouvement perpétuel...). Dans le second cahier, les six autres études, comme une suite aux études-tableaux de Rachmaninov, s’élargissent et tournent autour du thème de la contrainte. Il y a une forme de tension rythmique et harmonique dans cette musique où les notes et les rythmes précis semblent, au sein d’une polyphonie compliquée, se réverbérer les uns aux autres. Des études absolument exigeantes techniquement (harmoniquement, rythmiquement) qui demandent beaucoup de virtuosité digitale. Toutes ces difficultés se rassemblant dans la douzième et dernière étude. Grâce à sa connaissance du répertoire, de sa proximité avec le compositeur, il y a une réelle collaboration entre les deux hommes, à une technique irréprochable et à un touché de jeu superbement en finesse, Tristan Pfaff y fait absolument merveille.
# 28 mai 2023 : Un jour de plus pour se faire plaisir
Encore une semaine avec un jour férié qui nous permettra de sortir, de prendre le temps d'aller au cinéma, au théâtre, chez le libraire, le disquaire ou encore au musée. Voici une petite sélection de nos découvertes de la semaine