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Guillaume Nicloux  novembre 2018

Réalisé par Guillaume Nicloux. France. Drame. 1h43 (Sortie le 5 décembre 2018). Avec Gaspard Ulliel Gaspard, Guillaume Gouix, Lang-Khê Tran, Gérard Depardieu, Jonathan Couzini, Kevin Janssens, Anthony Paliotti et François Négret.

En y repensant quelques semaines après l'avoir vu, "Les Confins du monde" de Guillaume Nicloux reste un film mystérieux, un film trivial ou fantasmatique, une plongée documentée dans la jungle indochinoise au début du conflit qui oppose les Français aux communistes de Ho Chi Minh ou une épopée cauchemardesque d'un homme sous opium...

Pour son déjà seizième film, Guillaume Nicloux revisite un genre un peu oublié du cinéma français, celui du film "d'aventures" qui a lieu dans l'Empire colonial français.

Même s'il croit s'être mis dans les pas de la "317ème Section" de Pierre Schoendoerffer, c'est-à-dire d'un film de guerre tellement au plus près des hommes qu'il finit par devenir un documentaire, il reprend le chemin d'un cinéma où tout paraît tourner et reconstituer en studio.

On y sue, on y croupit dans la boue et les eaux fangeuses, on y contracte le paludisme et le mal de la métropole et l'on y déserte pour répondre à l'appel de prostituées si belles dans la lumière chromo de bordels sordides et kitschs.

Les références de Guillaume Nicloux sont des films pas forcément reluisants des années 1930 ou 1950 qui n'ont d'intérêt que pour leur atmosphère lourde, leurs figures d'expatriés au bout du rouleau. On pense aux "Pirates de la nuit" de Christian-Jacque ou aux "Orgueilleux" d'Yves Allégret et aux "Héros sont fatigués" d'Yves Ciampi.

Symptomatique de ce cinéma d'antan est le personnage magnifiquement composé par Guillaume Gouix. Ce faux parigot qui sent Paris dans un ticket de métro conservé à dix-mille kilomètres de la ligne 4 s'est fait la tête d'un Raymond Cordy, semi vedette des films de René Clair.

Pareillement, Gaspard Ulliel, en militaire meurtri, poursuivant une vengeance personnelle dans une guerre qui devient de jour en jour plus opaque, tente d'incarner un héros au-delà du bien et du mal, dont l'horizon final est aussi brumeux et crépusculaire que les paysages qu'il traverse en zombie.

Gaspard Ulliel n'a jamais été aussi bien que dans ces "Confins du monde" de Guilaume Nicloux. La souffrance qu'il s'est infligé pour jouer au petit soldat qui porte cette non-guerre sur ses épaules est vraiment palpable et sa composition vaut celle des acteurs survantés des films américains.

Ses relations avec la belle Lang-Khé Tran, loin de n'être qu'une plastique, et celles avec un Gérard Depardieu totalement juste dans la peau d'un écrivain en chemise ouverte qui manipule l'action, voire est en train de l'écrire, alternent avec le combat qu'il mène contre soi-même.

Cette narration circulaire, saturée d'éléments signifiants, prend peu à peu de la consistance, s'éloigne des anecdotes des films dont elle se nourrit, et parvient grâce aux acteurs, à l'intense photo de David Ungaro et à la musique étonnante de Shannon Wright, à prendre la forme d'une fresque sur un sujet peu et mal traité.

"Aux confins du monde" de Guillaume Nicloux devra attendre quelques passages de télé pour qu'il devienne ou non un film référence. Pour l'heure, il faut le voir comme une tentative de sortir le cinéma français de son petit bain habituel.

 

Philippe Person         
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