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Interview  (Paris)  mercredi 10 octobre 2018

Rencontre avec Emma Solal à la suite de la sortie de son album L'Amour, et c'est tout, l'occasion d'une session Froggy's Delight.

Emma Solal, merci de nous accueillir chez toi pour cette session Froggy’s Delight. Pourrais-tu nous parler un peu de ton parcours et de tes influences ?

Emma Solal : Avec plaisir ! J’ai commencé avec un répertoire de chansons plutôt "jazzy". J’ai sorti un premier album qui s’appelle Robe du soir paru en 2012 : des compositions originales écrites en partie par moi-même, plus d’autres titres qui m’ont été offerts par des amis artistes. J’ai notamment travaillé avec Pierre Faa qui a réalisé et écrit plusieurs chansons sur ce premier disque ; une très belle et étroite collaboration. Ensuite pendant 3 ans, j’ai tourné avec un spectacle de reprises de Françoise Hardy en version jazzy, qui a donné lieu à un album également. Ce spectacle a été joué trois années de suite sur la scène du théâtre des déchargeurs à Paris. Ensuite, j’ai eu envie de changer de couleur musicale, avec des ambiances plus contemporaines et plus électro…

Tu parles du jazz qui est une musique exigeante. En tant qu’interprète, as-tu reçu des formations techniques ? Vocale par exemple ?

Emma Solal : Non, pas en jazz. Ma technique vocale vient essentiellement du classique. J’ai pris pas mal de cours de chant classique. J’ai chanté dans plusieurs chorales également...

Des chorales de gospel ?

Emma Solal : Non, des chorales classiques : Fauré, Poulenc, Mozart… Mais j’écoutais beaucoup de chanson et de jazz en parallèle, Ella Fitzgerald notamment…

Tu pianotes un petit peu ?

Emma Solal : Oui, on peut dire ça. Cependant, Pierre Faa m’a orientée vers un arrangeur qui avait à la fois la culture chanson et jazz. Une personne prof de bugle à Nancy. Je ne sais pas si tu vois ce que c’est que le bugle ?

Non, pas du tout, qu’est-ce que c’est ?

Emma Solal : C’est un instrument un peu comme une trompette.

Ah oui je vois alors, avec un son bien tradi, un peu "chasse à courre" ?

Emma Solal : Oui, c’est ça, un peu chasse à courre (rire)… Du coup, c’est lui qui avait arrangé mon premier album : Joël Ducourneau. A cette époque, j’écoutais pas mal Jeanne Moreau, de chansons italiennes, de jazz vocal mais aussi Keith Jarrett et des choses un peu plus contemporaines. En fait, mon premier album reflète vraiment ce que j’écoutais et ce que j’aimais à l’époque.

Je vois, de la chanson acoustique, avec des accords un peu jazzy ?

Emma Solal : Exactement !

Du coup, tu as entamé une transition si l’on peut dire, tu as eu envie de sonorités plus actuelles ?

Emma Solal : Absolument. Il y a environ deux ans, j’ai commencé à écouter d’autres musiques aux sonorités qui suivaient un peu la tendance. J’ai aussi eu envie d’un son plus pop, plus léger, tout en gardant une certaine exigence pour le texte, parce que ça j’y tiens ! Donc l’expression en français évidemment ! Cependant, j’avais vraiment envie de me frotter à un autre répertoire. Dans L’Amour et c’est tout, mon nouvel album, il n’y a que des claviers et pas d’acoustique du tout.

Pour ce nouveau projet, t’es-tu entourée d’un arrangeur ? Comment s’est passée la réalisation ?

Emma Solal : Nicolas Vidal a écrit et composé les trois-quarts des chansons de l’album. Puis il m’a fait écouter ce qu’il faisait avec Valentin Aubert et j’ai trouvé ça génial. J’ai vraiment eu très envie de travailler avec eux deux. Ils ont réalisé et arrangé mon album. Tout s’est fait de manière très fluide et très agréable.

Quelle est ta contribution créatrice dans le projet ?

Emma Solal : Je n’ai rien écrit, ni composé… Enfin si, un petit morceau de texte en italien. Mais la plupart des chansons m’ont été offertes par d’autres artistes comme Pierre Faa, Eric Chemouny, Nicolas Vidal, Constance Petrelli ou encore Jérémie Kisling…

Tu as toujours été plus interprète qu’auteur-compositeur ?

Emma Solal : Sur mon premier album, j’avais écrit trois chansons. J’espère que j’aurai l’occasion d’écrire davantage à l’avenir mais dernièrement, la vie étant ce qu’elle est et avec mes autres activités à côté, cela n’est pas si simple.

D’un autre côté, tu as plusieurs cordes à ton arc, tu as déjà travaillé le spectacle et ça, ce n’est pas donné à tout le monde, surtout dans la pop (et à la différence de la chanson traditionnelle) ?

Emma Solal : J’ai toujours aimé ça. Sur mon spectacle de Françoise Hardy, il y avait bien entendu de la mise en scène mais aussi des moments de lecture… J’adore vraiment le spectacle vivant et cette démarche plutôt littéraire. Je pense que les nouvelles chansons de cet album sont fidèles à cet esprit. Même si je ne les ai ni écrites ni composées, je les ressens au plus profond de moi.

Quand le disque est-il sorti ?

Emma Solal : Il est sorti récemment, le 28 septembre. Mon dernier concert, c’était à l’Hôtel Pigalle le 11 octobre dernier. Pour le moment, pas d’autres dates en vue, mais je recherche activement.

Dans la chanson que tu nous as interprétée tout à l’heure, il est question de Monica Vitti. Peux-tu nous préciser qui est Monica Vitti ?

Emma Solal : Elle est une grande actrice de la nouvelle vague italienne. Antonioni, La Notte, Delon… C’est une figure qui me plaît beaucoup, d’autant plus que j’ai des origines italiennes. J’ai vécu à Florence pendant 4 ans et passé beaucoup de temps en Italie étant plus jeune. Je passais tous mes étés en Toscane chez mes grands-parents pendant les vacances.

Et tu parles italien couramment ?

Emma Solal : Oui, oui (rire). Et donc Nicolas a su capter beaucoup de choses qui me sont très personnelles dans ses chansons.

Et puis tu nous as fait cette très sympathique reprise "Sarà perché que ti amo", standard des années 80, chanson de la grande époque de la variété italienne. Nous aussi, français qui avons été inondés de cette variété là à la fin des années 80, nous sommes forcément pleins de nostalgie à l’écoute de cette chanson. Pourquoi avoir choisi celle-là plutôt qu’une autre ?

Emma Solal : Premièrement, j’adore les duos, je trouve ça hyper efficace. Et puis là, on est vraiment dans la variété italienne très théâtrale, très forte. C’est aussi une chanson que j’écoutais plus jeune, en famille avec mes grands-parents, c’est un peu ma madeleine de Proust.

Des liens pour te retrouver ?

Emma Solal : Mon site, Deezer, Spotify pour les albums bien sûr. J’ai deux clips qui sont sortis, à voir sur YouTube : "L’Amour et c’est tout" ainsi que "Baisers illicites" réalisés tous deux par Christophe Leopold Lafond.

Merci Emma Solal.

Emma Solal : Merci à toi.

Retrouvez Emma Solal
en Froggy's Session
pour 3 titres en cliquant ici !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Messages personnels de Emma Solal

En savoir plus :
Le site officiel de Emma Solal
Le Bandcamp de Emma Solal
Le Soundcloud de Emma Solal
Le Facebook de Emma Solal

Crédits photos : Thomy Keat (retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)


Cyril Adda         
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Emma Solal (10 octobre 2018)


# 16 février 2020 : Pour les amoureux de culture

La Saint Valentin est passée. Nous espérons que vous avez pioché des idées de cadeaux culturels dans notre sélection de la semaine dernière. Ceci dit il n'y a jamais assez d'occasions de faire plaisir, alors voici une nouvelle sélection qui saura vous séduire. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Monolithe" de Octave Noire
"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
"M. I. A." la 10ème émission de Listen in Bed à écouter en ligne
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
Frustration & The Jackson pollock au Fil de Saint Etienne
et toujours :
"I become a beast" de Caesaria
"Hopetown" de Claudial Solal et Benoit Delbecq
"L'îlot" de Cyril Adda, à retrouver aussi en session
"Granados Goyescas" de Jean Philippe Colard
"On both sides of the atlantic" de Jon Bouteiller
"Lovers" de Kid Francescoli
"Ooh Hah" le mix numéro 10 de Listen in Bed
"Show no mercy" de Loki Lonestar
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Simido" de Moonlight Benjamin

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"La Collection" au Théâtre L'Etoile du Nord
"Correspondance avec la mouette" au Théâtre Les Déchargeurs
"Ni couronne ni plaque" au Théâtre de Belleville
"Dans les forêts de Sibérie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Hedda" au Théâtre de Belleville
"Roi du silence" au Théâtre Les Déchargeurs
"Aime-moi" au Théâtre de Belleville
"Mon Olympe" au Théâtre de Belleville
"Ciel, mon Paris !" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Les Faucheuses" à la Comédie Nation
"Le petit résistant illustré" au Théâtre Essaion
des reprises :
"Huis Clos" au Théâtre Dejazet
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"What is love" à la Divine Comédie
"Ah ! Félix (n'est pas le bon titre)" au Trois Baudets
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour :
"Picasso - Tableaux magiques" au Musée national Picasso
"Luca Giordano - Le triomphe de la peinture napolitaine" au Petit Palais
"Le Rêveur de la forêt" au Musée Zadline
"Du Douanier Rousseau à Séraphine - Les grands maîtres naïfs" au Musée Maillol
"Le Marché de Art sous l'Occupation 1940-1944" au Mémorial de la Shoah

Cinéma avec :

"Sortilège" de Ala Eddine Slim
Oldies but Goodies avec "Les Vertes Années" de Paulo Rocha
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox
et toujours :
"Alt life" de Joseph Falzon & Thomas Cadène
"Ce qui est nommé reste en vie" de Claire Fercak
"Dévorer les ténèbres" de Richard Lloyd Parry
"Il est juste que les forts soient frappés" de Thibault Bérard
"L'homme qui n'est jamais mort" de Olivier Margot
"La chute" de Jacques Ravenne
"Le livre de Sarah" de Scoot McClanahan

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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