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Théâtre Le Lucernaire  (Paris)  décembre 2018

Seul en scène théâtro-musical écrit et interprété par Clémence Massat dans une mise en scène de Philippe Caubère.

En 1995, Clémence Massart, avec son complice de toujours Philippe Caubère, avait conçu un spectacle bâti autour de textes piochés dans les "Courriers du coeur" d'antan qui fleurissaient dans les journaux avant le vote de la loi Veil et la concurrence de Ménie Grégoire sur Radio Luxembourg.

Alors que l'affaire Weinstein a déclenché une vague de révélations sur le harcèlement sexuel et en a fait une cause internationale, Clémence Massart et Philippe Caubère, qui la met en scène dans une atmosphère de saison, avec guirlandes électriques et sapins de Noël, ont décidé de reprendre ce spectacle.

Déjà d'un autre temps en 1995, ces courriers du cœur interprétés par Clémence Massart, paraissent vingt ans plus tard ceux d'un siècle passé. L'effet est renforcé par l'actrice elle-même avec son robe rouge à pois blancs et son "camélia rouge" dans les cheveux.

Comme elle n'interprète que la partie "lettres", et jamais la réponse de la journaliste préposée à la rubrique qui oscillait entre bon sens et conseil maternaliste, c'est une petite page sociologique des années 1945-1960 qui est donnée à entendre aux spectateurs.

Manière d'écrire les choses à demi-mots, emploi de formules ou de mots désuets ou précieux, tout porte à rire... surtout que Clémence Massart joue des dizaines de personnages différents et complique la performance en s'ingéniant à faire en sorte qu'aucune des lectrices ne ressemble totalement à une autre.

Si l'on apprécie le choix des lettres qui en dit long sur les frustrations des femmes et la difficulté de la condition féminine dans une société à la fois phallocrate et pudibonde, on ne manquera de souligner le travail scénique de Clémence Massart.

Le rire fuse mais l'émotion n'est également jamais absente dans ce parcours jamais désincarné dans une France populaire pleine de tabous mais aussi débordante d'appétit pour la chose dans une vie pas vraiment facile où faire l'amour était le seul loisir des classes défavorisées.

De temps à autre, Clémence Massart se donne des respirations à l'accordéon. Mais, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, elle ne tombe jamais dans le pléonasme de la chanson réaliste.

On aura ainsi la chance de l'écouter, entre autres, dans une sublime version de "La Mémoire et la Mer", ce lamento d'amour de Léo Ferré, ou dans une chanson pince-sans-rire sur "la jalousie" signée Jérôme Savary. Cette amoureuse des beaux textes quittera même la scène sur un poème de Robert Desnos... Sans oublier une version à épisodes de la chanson titre du spectacle.

Le "Que je t'aime !" de Clémence Massart moins emphatique que celui de Johnny est à l'image de son spectacle : puissant, nécessaire et plein d'humour. Car si les "courriers du coeur" sont peut-être désormais d'un autre temps, celles qui les envoyaient ont d'autres combats à mener et pas seulement sur le plan sexuel.

Entendre des mots populaires d'hier, c'est aussi entendre les mots populaires d'aujourd'hui. Clémence Massart dit les vertus d'un peuple qui n'a plus la peur au ventre quand son cœur reprend goût à l'amour.

Il faut aller l'entendre dire cela avec une belle énergie communicative.

 

Philippe Person         
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# 21 février 2021 : et le chiffre du jour est 21

21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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