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Théâtre de la Colline  (Paris)  janvier 2019

Comédie dramatique écrite et mise en scène par Angélica Liddell d'après un roman de Nathaniel Hawthorne, avec Joele Anastasi, Tiago Costa, Julian Isenia, Angélica Liddell, Borja López, Tiago Mansilha, Daniel Matos, Eduardo Molina,  Nuno Nolasco, Antonio Pauletta, Antonio L. Pedraza et Sindo Puche.

Depuis ses débuts en 1993, et davantage encore avec son accession à la notoriété la décennie suivante avec "La Casa de la Fuerza", les spectacles de la comédienne, auteure et metteur en scène espagnole Angélica Liddell s'inscrivent dans une déclinaison inversée de la devise-slogan d'un hebdomadaire français : le poids des images et le choc des mots.

Celle-ci s'inscrit dans le dispositif dédié de sa Compagnie Atra Bilis, ce qu'elle nomme "le théâtre de la douleur", qui s'avère un avatar contemporain du théâtre de la cruauté prôné par Antonin Artaud dans les années 1930, dispensé selon la radicalité de la performance corporelle empruntée à l'actionnisme viennois des années 70, donc rien de nouveau qui ont pourtant scotché sinon séduit la critique comme le public.

Le corps est donc appréhendé comme le lieu de questionnement du monde, et en l'espèce, sur le néo-puritanisme et le conformisme libertaire, avec en sous-latence, l'objet-sujet d'un amour hétérosexuel absolu qui passe par l'humiliation et la soumission de la femme, et le geste artistique comme une expitaion par la douleur pour accéder à la beauté.

Ainsi Angélica Liddell s'inspire d'un roman américain du 19ème siècle, "The Scarlet Letter" de Nathaniel Hawthorne qui condamne la pratique, dans une communauté rigoriste, de la condamnation d'une femme infidèle au port d'un signe distinctif d'opprobre, l'initiale du mot adultère pour enrichir ses récurrences dramaturgiques et vitupérer contre un néo-puritanisme contemporain.

Pour Angélica Liddell, cette lettre écarlate érigée en lettrine pour Angélica, et, entre autres, Arthur l'amant, l'artiste et pour Artaud, au demeurant largement évoqué - et invoqué - avec un portrait de jeunesse, tel un ange radieux au regard perdu, photographié par Henry Guttmann lors du tournage en 1928 du film "La Passion de Jeanne d'Arc", cloués au pilori de la société participe du "poids des images" qui repose sur sa récurrence scénographique à l'esthétique baroco-kitsch.

En l'occurrence, se retrouvent sa chromatique de prédilection, le rouge sang, soutenue par la projection de tableaux du 15ème siècle italien avec "La mère et l'enfant" de Raphaël et "L'amour victorieux" du Caravage et l'illustration musicale anachronique, du chant grégorien à la pop roumaine du groupe O-Zone en passant par la "Marche pour la cérémonie des Turcs" de Lully, l'inoxydable "I put a spell on you" et la variété italienne des années 60 avec le standard "Il mondo".

Après un prologue-chromo avec Adam et Eve se recueillant sur la tombe de Nathaniel Hawthorne, vêtue de noir comme une duègne du Siècle d'or espagnol avec, sur le dos, une coque de plaies sanguinolentes d'origine équivoque, auto-flagellation ou punition infligée, apparaît Angélica Liddell, grande prêtresse d'un simulacre liturgique.

Et pendant près d'une demi-heure, au son du "Kyrie Eléison", suivant le ballet des moralistes endossant le costume noir à capirote des pénitents, est repris le dispositif d'un spectacle antérieur, "You are my destiny", celui du choeur masculin nu astreint à des exercices d'endurance mais récompensé par l'éjaculation buccale représentée comme la version profane de la communion eurachistique.

Le choc des mots est celui des proférations et imprécations constituant une partition monologale aux termes desquelles Angélica Liddell déverse son amour inconditionnel pour les hommes, "les seuls qui peuvent verser de vraies larmes" et sa haine des femmes, tant celles dont la jeunesse séduit les hommes et qui se comportent comme des putains, tout comme celles ayant passé la quarantaine dont la décrépitude physique s'accompagne d'une incommensurable méchanceté, dans une diatribe éhontée - aurait-elle lu "Une simple lettre d'amour" ? - qui réjouira Yann Moix.

Quant à son inlassable et répétitive exhortation à la transgression subversive, qui commence à faire long feu et même si entendue comme une provocation nécessaire, elle devient elle-même moralisatrice.

 

MM         
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# 12 juillet 2020 : Un air d'été

On entre dans la saison des vacances, pour vous comme pour nos chroniqueurs. Vous nous retrouverez tout l'été quand même avec des éditions web plus légères et toujours notre Froggy's TV bien sûr avec La Mare Aux Grenouilles et plein d'autres émissions. c'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

La Mare Aux Grenouilles #6, sommaire et replay
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.

Au théâtre :

en salle :
"Littoral" au Théâtre de la Colline
"Karine Dubernet - Souris pas" au Point Virgule
et dans un fauteuil de salon :
des créations :
"Yvonne princesse de Bourgogne" par Jacques Vincey
"Lucrèce Borgia" par Lucie Berelowitsch
"La Dernière neige" de et par Didider Bezace
"Pinocchio" de Joël Pommerat
"Soulever la politique" de Denis Guénoun
"Je marche dans la nuit par un chemin mauvais" de et par Ahmed Madani
Au théâtre ce soir :
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"Le Tombeur" de Robert Lamoureux
"Une cloche en or" de Sim
du boulevard :
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Face à face" de Francis Joffo
du côté des humoristes :
"Bernard Mabille sur mesure"
"Christophe Alévêque est est Super Rebelle... et candidat libre !"
et finir l'Opéra :
avec du lyrique :
"Le Balcon" de Peter Eotvos par Damien Bigourdan
"Orlando furioso" de Antonio Vivaldi par Diego Fasolis
"La Flûte enchantée" de Mozart par Romeo Castellucci
et du ballet avec deux créations étonnantes : "Raymonda" de Marius Petipa et "Allegria" de Kader Atto

Expositions :

les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma at home avec :
le cinéma contemporain
"A woman at war " de Benedikt Erlingsson
"Lulu" de Uwe Janson 
"L'Apotre" de Cheyenne Carron
"La tendresse" de Marion Hänsel
"Crawl" de Herve Lasgouttes
"Nesma" de Homeïda Behi
le cinéma culte des années 1920 :
"Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein
"Nosferatu le vampire" de Friedrich Wilhelm Murnau
"Le Cabinet du docteur Caligari" de Robert Wiene
"Les Deux Orphelines" de D.W. Griffith
et l'entre deux avec les années 1970 :
"Mado"de Claude Sautet
"La Traque" de Serge Leroy
"La femme du dimanche" de Luigi Comencini
et retour au 2ème millénaire avec de l'action :
"Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie" de Jan De Bont
"Blade Trinty" de David S. Goyer
avant de conclure en romance avec : "Un havre de paix  de Lasse Hallström

Lecture avec :

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