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Assume Form  (Polydor)  janvier 2019

Chronique à quatre mains par Gilles Deles (GD) et Mickaël Mottet (MM)

MM : La rumeur des gens qui parlent pendant les concerts est crispante, pourtant elle est indissociable de l'expérience du live : l'absence absolue de parasites n'existe jamais. De même, les nouvelles chansons de James Blake se reçoivent idéalement dans un bain de silence, mais en dansant. C'est un paradoxe nécessaire. Les chansons de James Blake, c'est comme faire l'amour dans une église.

L'idéal serait que les concerts de James Blake soient vécus collectivement et écoutés au casque : il y aurait sous nos yeux les corps, le mouvement visible et la chair, mais il y aurait aussi dans nos tympans l'intime, l'intouchable, le subtil.

Dans la chanson "Into the red", Blake répète : "She was the gold rush". C'est l'une des nombreuses litanies magnifiques qui ponctuent Assume Form, album poétique et aérien. Ce genre de phrases ("I can't believe the way we float"), à la fois opaques et limpides, rapproche encore davantage l'écriture de Blake d'une expérience religieuse. C'est le cantique des cantiques, avec de l'autotune.

GD : "Assume Form", il faudra revenir sur le titre et comprendre le génie du concept. Dès le premier titre, il m'agace par son génie. Cette ligne de piano intermittente tout le monde aurait pu la trouver, tout le monde aurait dû la créer. Puis, nous sommes pris au piège on voudrait déjà faire un retour sur cette page mais non.

Deux collaborations arrivent comme une sorte d'album dans l'album sans intercalaires.

MM : Ces deux collaborations (Travis Scott, Moses Sumney), placées intelligemment en deuxième et troisième positions, sont un discours ; celui du contact avec autrui. L'ouverture à l'autre en ouverture d'album.

Les autres chansons en tandem qui arrivent plus loin dans l'album ("Where's the catch ?", avec André 3000, l'un des sommets de cette balade en altitude, et bien sûr "Barefoot in the park", joli duo bilingue avec la Catalane Rosalia) le confirment : Blake s'intéresse désormais au "et", au charnel. Assume form est son premier album qui ne soit pas (que) sur lui.

Dans la chanson titre, il glisse deux phrases clés : "I connect motion to feeling" et "Not thinking, just primal". Un disque de l'abandon, donc, et d'une forme de béatitude toute religieuse, toute amoureuse. Le couple qu'il forme depuis quelques années avec la comédienne Jameela Jamil est manifestement le moteur qui fait tourner cette machine.

Mais ça ne ronronne pas pour autant. Judicieusement, Blake a privilégié les médiums aigus dans la texture sonore de l'album. Les beaux et confortables graves et médiums des deux albums précédents ont disparu.

GD : Blake arrive à faire ce qui est de l'ordre du miracle et qui n'est à la portée que de quelques musiciens : renouveler son propre minimalisme. "Lullaby for my insomniac" est, à ce titre, un des grands morceaux de l'album.

James Blake ne peut pas se contenter de jouer du James Blake. Pas de caricature ici. Que des esquisses d'un soi qui est déjà autre dans le devenir de la musique.

On comprend alors le titre de l'album : il nous faut postuler des formes pour asseoir l'ipséité musicale, des contenants / contenus qui sont autant de morceaux de cire laissés à l'imagination des auditeurs. Dans l'espace du silence se déclinent autant de formes de la liberté créative.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de James Blake
Le Soundcloud de James Blake
Le Facebook de James Blake


Gilles Deles & Mickaël Mottet         
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# 16 février 2020 : Pour les amoureux de culture

La Saint Valentin est passée. Nous espérons que vous avez pioché des idées de cadeaux culturels dans notre sélection de la semaine dernière. Ceci dit il n'y a jamais assez d'occasions de faire plaisir, alors voici une nouvelle sélection qui saura vous séduire. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Monolithe" de Octave Noire
"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
"M. I. A." la 10ème émission de Listen in Bed à écouter en ligne
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
Frustration & The Jackson pollock au Fil de Saint Etienne
et toujours :
"I become a beast" de Caesaria
"Hopetown" de Claudial Solal et Benoit Delbecq
"L'îlot" de Cyril Adda, à retrouver aussi en session
"Granados Goyescas" de Jean Philippe Colard
"On both sides of the atlantic" de Jon Bouteiller
"Lovers" de Kid Francescoli
"Ooh Hah" le mix numéro 10 de Listen in Bed
"Show no mercy" de Loki Lonestar
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Simido" de Moonlight Benjamin

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"La Collection" au Théâtre L'Etoile du Nord
"Correspondance avec la mouette" au Théâtre Les Déchargeurs
"Ni couronne ni plaque" au Théâtre de Belleville
"Dans les forêts de Sibérie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Hedda" au Théâtre de Belleville
"Roi du silence" au Théâtre Les Déchargeurs
"Aime-moi" au Théâtre de Belleville
"Mon Olympe" au Théâtre de Belleville
"Ciel, mon Paris !" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Les Faucheuses" à la Comédie Nation
"Le petit résistant illustré" au Théâtre Essaion
des reprises :
"Huis Clos" au Théâtre Dejazet
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"What is love" à la Divine Comédie
"Ah ! Félix (n'est pas le bon titre)" au Trois Baudets
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour :
"Picasso - Tableaux magiques" au Musée national Picasso
"Luca Giordano - Le triomphe de la peinture napolitaine" au Petit Palais
"Le Rêveur de la forêt" au Musée Zadline
"Du Douanier Rousseau à Séraphine - Les grands maîtres naïfs" au Musée Maillol
"Le Marché de Art sous l'Occupation 1940-1944" au Mémorial de la Shoah

Cinéma avec :

"Sortilège" de Ala Eddine Slim
Oldies but Goodies avec "Les Vertes Années" de Paulo Rocha
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox
et toujours :
"Alt life" de Joseph Falzon & Thomas Cadène
"Ce qui est nommé reste en vie" de Claire Fercak
"Dévorer les ténèbres" de Richard Lloyd Parry
"Il est juste que les forts soient frappés" de Thibault Bérard
"L'homme qui n'est jamais mort" de Olivier Margot
"La chute" de Jacques Ravenne
"Le livre de Sarah" de Scoot McClanahan

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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