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Portraits EP  (731378 Records DK)  février 2019

C’est d’abord une question de "Peaux", où des filles-garçonnes se tatouent des marques de fierté sur le corps, entre affirmation de force et envie de douceur. Peaux encore, au poste-frontière de "Marwa", quand le laisser-passer ("privilège de ceux du nord "), se complique à mesure que la couleur s’assombrit. Histoire de passage encore, avec ces "Sœurs" parties en mer pour le voyage d’une vie : la mort rôde, et la première disparue attendra celle qui reste "de l’autre côté". La voix, d’abord discrète, s’affirme aérienne dans les aigus, se gonfle de colère puis retombe en délicatesse. Les images ou anecdotes, arrachées au quotidien, sont assez stylisées pour échapper au réalisme, se teintent d’un onirisme discret qui n’empêche cependant pas les prises de position : on devine en creux certaines préoccupations militantes (féminisme, queer) sans que cela ne soit jamais asséné.

Les guitares jouent acoustique, construisent lentement des architectures subtiles, rejointes peu à peu par des instruments moins usités (oud, cajon, kalimba). A la recherche de comparaisons, on songe d’abord aux débuts de Cat Power, voire à la plus secrète Julie Doiron. Mais ces références ne tiennent pas. Sur son site, la chanteuse évoque plutôt la musicienne écossaise Maggie Nicols (free-jazz, impro) ; et précise qu’elle joue aussi dans un groupe de rock progressif. Eurêka ! On pourrait qualifier sa musique de "progressive folk" : les chansons ne se contentent pas d’un simple couplet-refrain, laissent parfois évoluer leur structure originelle vers des constructions plus amples, prenant le temps d’installer une ambiance, développer un climat. Sans perdre leur évidence mélodique : malgré ces circonvolutions musicales, les refrains sont entêtants et les airs se retiennent.

Mais ce petit EP plein comme un œuf (plus riche que bien des albums) n’est pas réductible à une étiquette et a plus d’un tour dans son sac. Après trois chansons lentes, riches et pleines, le rythme s’emballe, guitares, percussions et boucles de voix se mettent à danser : "Juliette" semble chanter une langue inconnue, où les sons ont plus d’importance que les mots, où la gravité des textes s’évanouit dans l’aigu noyé d’écho, démultiplié. Ce moment de jubilation vocale – communicative – est prolongé par "François" (sous-titré "improvisation d’adieu") : paysage sonore rêveur, à base de kalimba et basse, où se déploie encore cette voix en pure musicalité. On aime quand un artiste, après avoir livré sa pensée structurée, s’abandonne au plaisir du son : Clara Malaterre écrit des textes pleins d’idées belles et fortes, mais a l’intelligence de ne pas exclure la légèreté de son propos.

 

En savoir plus :
Le site officiel de Clara Malaterre
Le Bandcamp de Clara Malaterre
Le Soundcloud de Clara Malaterre
Le Facebook de Clara Malaterre


Nicolas Brulebois         
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# 29 mars 2020 : On continue à s'égayer le cerveau

On attaque la troisième semaine de confinement. On ne va pas baisser les bras, et nous vous proposons encore un joli contenu histoire de s'oxygéner le cerveau comme on peut. C'est parti.

Du côté de la musique :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds
et toujours :
"La course" de Bon Voyage Organisation
"Où ça en est ?" de Ceylon
"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
"Atomised single" de Gogo penguin
"Onkalo" de Julie Campiche Quartet
"Single carry me home" de Kokoroko
"The pain, the blood and the sword" de Lion's Law
"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
une comédie contemporaine avec la captation de la création originelle de "Art"
du boulevard avec :
le streaming de "Fleur de cactus"
le streaming de "Jo"
un classique revisité avec la captation de "Peer Gynt"
une évocation de l'univers de Lewis Caroll avec la captation de "Lewis versus Alice"
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" :
"Peau de vache"
avec Sophie Desmarets
et "La Puce à l'oreille" avec Louis de Funès
une gourmandise pour fan addict avec Fabrice Luchini en vidéo dans "Le point sur Robert"
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Paradoxe amoureux"
"Dieu habite Dusseldorf"
"ABC D'airs"

Expositions :

en toute tranquillité mais musicales avec sur le Musée de la Sacem :
"L'Opérette" de son Age d'or à la Belle Epoque au regain d'engouement avec sa réactivation par des compagnies contemporaines tels "Azor" et "La Grande duchesse de Gerolstein"
et celle dédiée à son roi "Jacques Offenbach"
au Musée de la Monnaie de Paris :
la visite virtuelle des collections permanentes et la visite de sa dernière exposition en date "Kiki Smith"
et passer les frontières avec la visite virtuelle des collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

Ciné-Club at home avec :
"Blue Velvet" de David Lynch
"Casanova" de Federico Fellini
"Les 39 marches" d'Alfred Hitchock
le téléfilm "Paris Best" de Philippe Lioret
et des films récents sortis en DVD :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"Alice et le maire" de Nicolas Pariser
"Noura" de Hinde Boujemaa

Lecture avec :

"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot
et toujours :
"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
"L'archipel des larmes" de Camilla Grebe
"Riposte" de David Albertyn
"Temps noirs" de Thomas Mullen
"Toute la violence des hommes" de Paul Colize
"Une île sur la Volga" de Iwan Lépingle

Froggeek's Delight :

"Shadow, le cloud computing", retour d'expérience de l'utisation d'un PC dans les nuages
Une sélection de jeux pour moins vous ennuyer pendant le confinement et plus tard
"Call of Cthulhu" sur Switch, PS4, Xbox One et PC
"Call of Duty Modern warfare" sur PS4, XboxOne, PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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