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Théâtre du Nord-Ouest  (Paris)  février 2019

Comédie dramatique de Anton Tchekhov, adaptation et mise en scène de Yvan Garouel, avec Muriel Adam, Jean-Paul Audrain, Baptiste Benoit, Laurent Benoit, Pierre Bès de Berc, Marianne Carion, Rui Ferreira, Yvan Garouel, Pascal Guignard, Fanny Sütterlin, Syla de Rawsky, Emmanuelle Thébaud, Cédric Villenave et Sara Viot.

A chacun son "Ivanov", tant s'avère ambigu et pardoxal le personnage-titre de l'opus éponyme de Anton Tchekhov qui, par ailleurs, oscille, avec une grande amplitude de registre, de la tragi-comédie au drame en passant par la farce et la satire oppose sur le terrain du matérialisme dialectique une micro-société bourgeoise et un représentant de la classe intellectuelle.

Ivanov, initiant l'archétype du propriétaire foncier fin de siècle maintes fois décliné par l'auteur, qui se piquait d'intellectualisme progressif, se trouve simultanément confronté à la banqueroute financière par incurie, à la faillite de sa vie personnelle tant par le redoutable regard rétrospectif, Tchekhov anticipant la fameuse crise de la quarantaine contemporaine, que par une situation affective obérée par le désamour pour son épouse.

Confronté à un cumul de sentiments autocentrés délétères - impuissance et indécision face aux problèmes, ennui existentiel, culpabilité judéo-chrétienne sans résilience - et au spectre de la mélancolie, entre désenchantement et désillusions, il est également marginalisé par un mariage avec une jeune fille juive et une vraie-fausse, ou l'inverse, réputation de coureur de dot.

A l'adaptation dans une version resserrée, décontextualisée et modernisée et avec une rigoureuse direction d'acteur, Yvan Garouel, ne se livre pas à des spéculations interprétatives pour inférer d'un Ivanov victime d'une schizophrénie inhibante ou usant du simulacre pour masquer une paresse atavique et une ambition trop grande pour ses moyens.

Au jeu dans le rôle-titre, entre pathétisme et mesquinerie, violence et apathie, il incarne parfaitement la bipolarité entre apathie autocomplaisante et mélancolie d'un homme coincé entre passé et avenir, représentés respectivement par un oncle cynique (Jean-Paul Audrain toxique) qui ratiocine sur le lustre des années enfuies comme sa fortune, et un régisseur entreprenant qui prône l'affairisme actif (Rui Ferreira bouffon).

Et cependant, ce pâle avatar du héros romantique séduit les femmes pour qui l'amour qui s'épanouit dans le sacrifice pour l'épouse (Sara Viot vibrante), celui de sa naissance, de sa famille et de sa foi, ou dans le syndrome du sauveur pour la jeune fille idéaliste (Marianne Carion lumineuse et belle révélation).

Comédien et metteur en scène aguerri, Yvan Garouel orchestre judicieusement les scènes chorales telles les soirées chez l'usurière avaricieuse et despote conjugal qui tyrannise son mari (Muriel Adam parfaite et Laurent Benoit à la belle humanité) qui réunit la "bonne société" locale composée de la riche veuve joyeuse (Fanny Sütterlin), la marieuse (Syla de Rawsky) et les écornifleurs (Pierre Bès de Berc, Cédric Villenave, Emmanuelle Thébaud et Baptiste Benoit).

Tout comme les scènes de confrontation dont celle avec le médecin ténébreux et torturé (Pascal Guignard saisissant) qui, fort de son "honnêteté", la bien-pensance moraliste brandie tel un glaive vengeur, s'érige en grand inquisiteur pourfendeur de la vilénie humaine.

Sans décorum ni numéros d'acteur, une solide et réussie proposition chorale.

 

MM         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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