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Hallelujah!  (Water Music Records)  février 2019

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima ?

Il cherche son pareil dans le vœu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. À son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima et l'éclairé de loin pour qu'il ne tombe pas ?

(René Char, Allégeance)

Avec Hallelujah!, titre relevant plus du trait d’humour que d’un élan religieux, Frédéric Lo signe son grand retour. Et si ce troisième album pourrait sembler être le premier à beaucoup d’entre nous (dont moi) tant son disque précédent remonte à presque deux décennies, vous avez pourtant sûrement déjà entendu la musique de ce monsieur.

Que ce soit ses compostions ou productions auprès de Daniel Darc, évidemment avec l’immortel Crèvecœur puis avec Amours Suprêmes, ou encore, plus récemment avec la réalisation d’un de meilleurs disques de Chamfort depuis bien longtemps (Alain Chamfort sorti en 2104 avec le single "Joy"). Son travail sur les chansons d’Alex Beaupain dans les films de Christophe Honoré ne devrait pas non plus vous être tout à fait étranger. Ce ne sont là que quelques exemples.

Si vous aimez tout cela alors ce disque vous enchantera.

Pourquoi commencer une chronique de disque par un poème du grand René Char ? Car Frédéric Lo l’utilise comme texte pour sa chanson "Eno Song", somptueux morceau atmosphérique entre ambiance de nappes électroniques (évidemment Eno…), esprit un peu post-rock ambient, tout cela en duo avec un Robert Wyatt haletant. Sans doute la plus belle chanson du disque ! Pas la plus tubesque (ce disque comporte beaucoup de tubes potentiels) mais la plus poignante.

Ce poème permet aussi de présenter les thème principaux des chansons : les rencontres, les sentiments, la perte, l’amour comme refuge, les duels amoureux - dont le très bon "Come", en duo avec Elli Medeiros, chanson ayant le meilleur refrain du disque.

Deux morceaux cités et déjà deux duos ! En effet, sur 11 titres, 4 sont des duos (les deux autres sont avec Stephan Eicher et Alex Beaupain) et cela sans que jamais l’on ne se dise : tiens en voilà un défilé ! Les morceaux s’enchaînent d’une façon naturelle, évidente sans que l’on ne remarque les "invités". Tout cela est discret et cohérent.

L’album commence avec deux morceaux accrocheurs, "La clairière" puis "Cet Obscur objet du désir" (en duo avec Eicher)  on y apprend que "pour vivre aujourd’hui il me faut oublier le meilleur d’hier" ; vient ensuite "Le bruit qui court", j’y retrouve un peu l’ambiance de Crèvecœur, ce son acoustique rudimentaire, très proche de nous. "Dire", belle ballade romantico-mélancolique en duo avec Beaupain puis la chanson Come, super duo / duel avec Elli Medeiros, impulse, de sa légère mélodie pianistique du meilleur effet, une autre dynamique.

Le disque se déroule ainsi entre ballades et morceaux plus accrocheurs aux refrains toujours bien sentis, entre acoustiques, chansons pop bien accrocheuses et ambiances synthétiques ("Mary", "Eno Song", "Ami", etc.). Mais une légère baisse de régime se sent en fin de disque, "Ami" et "Egaré dans la nuit", sont moins convaincants, tant dans la composition que dans l’interprétation.

Les textes sont vifs, on peut noter tout de même de légères facilités ou maladresses ("je m’éprends ça me reprend, quand reviendras-tu ? / tu m’enlaces je m’en lasse / l’orage qui rage n’est que pour toi et ces nuages crèvent de ça"…). Mais ce n’est pas bien grave, tant le reste est bien.

Sur ce disque où l’on croise plein de beau monde, l’on entend de bonnes chansons et l’on retrouve ce son si typique des productions de Frédéric Lo : ce grain, cette proximité dans le son, à la fois sec, chaud, discret, qui garde un aspect direct, délicatement brut.

Voilà un album généreux, alignant les singles, un album où la joie de l’avoir fait est palpable, palpable et communicative. Car malgré des thèmes plutôt mélancoliques, comme la perte, la rupture, etc. les chansons éclairent de cette lumière mélancolique, toujours en légèreté. En ce sens le poème de Char s’avère un choix pertinent.

Tel est sans doute la force de la pop, cette force de la légèreté.

En effet, Frédéric Lo se veut rassurant : "Ces vilaines blessures en temps et en heure guériront, c’est sûr" ("En temps et en heure").

Un album tout autant charmeur que charmant, séducteur que séduisant.

 

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L'interview de Frédéric Lo (mardi 5 mars 2019)

En savoir plus :
Le Soundcloud de Frédéric Lo
Le Facebook de Frédéric Lo


Francois Montjosieu         
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Frédéric Lo (15 avril 2019)


# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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