Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Dom Juan - Le Festin de pierre
Théâtre de l'Union  (Limoges)  mars 2019

Spectacle de Jean Lambert-wild et Lorenzo Malaguerra d’après le mythe de Don Juan et l'oeuvre éponyme de Molière, avec Jean Lambert-wild, Steve Tientcheu (ou Yaya Mbilé Bitang), Denis Alber, Pascal Rinaldi, Romaine et des élèves comédiens de la Séquence 9 de l'École Professionnelle Supérieure de Théâtre du Limousin.

Tout d'abord, quand le rideau se lève, avant même qu'il se passe quoi que ce soit, le spectateur est saisi par la beauté de la scénographie. Il est annoncé que Jean Lambert-wild et son co-scénographe Stéphane Blanquet ont fait appel aux Porcelaines de Limoges et aux Tapisseries d'Aubusson et c'est effectivement une splendeur coloré, une merveille artistique, un décor exotique, haïtien, propice à l'irruption de zombies et de tonton macoutes qui s'offre immédiatement à tous les regards.

Bientôt, l'endroit est peuplé par un Dom Juan gentilhomme aux cheveux rouges, en chemise blanche et en pantalon de pyjama bleu pâle à rayures et par un Sganarelle noir de teint et de ton, dans une tenue macabre noir surmonté d'un squelette blanc. On le dirait déjà zombie ou participant à la fête des morts mexicaine.

Dom Juan tousse et ricane, Sganarelle l'écoute, moralement effrayé par ses propos mais fasciné par sa parole. Car ici, tout est parole et musique comme viennent l'affirmer un trio de musiciens qui pourraient s'appeler Harpo, Chico et Groucho mais ont la modestie toute helvétique de s'appeler Denis Alber, Romaine et Pascal Rinaldi.

Dom Juan, on ne l'a pas dit, c'est le retour de Gramblanc, encore un peu raide d'avoir osé Molière après Shakespeare et Beckett. Souple comme Scaramouche, bretteur de mots comme Cyrano, faussement léger et libertin, il cache en grimpant dans son arbre-cabane ses tourments métaphysiques.

Jean Lambert-wild et Catherine Lefeuvre ont réduit à quatre les fâcheux qui, un à un, s'empressent de le tourmenter, de réduire sa vie fantasque de clown moliéresque à choisir encore et toujours entre le bien et le mal. Dom Juan est un grand négatif, un enfant qui s'évertue à dire toujours "na" et à ne pas vouloir grandir alors que l'ère libertine s'estompe au profit des bigots et des dévots.

Son sort est scellé d'avance et on sent bien qu'il fait semblant, voire qu'il fait semblant de faire semblant. Au fond, il n'est qu'amour, ce méchant homme. Il aimerait être "gentil" avec Elvire, Charlotte, Don Carlos son père et même avec ce mendiant dont la condition l'horripile, lui qui pressent qu'il est plus vil de mendier que de voler. Mais il est contraint à faire semblant.

Peut-être aussi parce qu'il veut épater Sganarelle. Eh oui, ce gentilhomme veut épater son valet : c'est là sa modernité et sa largesse d'esprit peu commune. Il veut séduire son domestique et le traiter quasiment d'égal à égal, quitte à faire le grand saut sans lui payer ses gages. En bonne logique car, entre égaux, peut-il être question d'argent ?

Jean Lambert-wild est un fier Dom Juan qui met en pratique les idées avancées de son personnage : ainsi il adoube en égal Steve Tientcheu, acteur cathodique, revenu sur les planches pour composer un extraordinaire Sganarelle. Du coup, sauf dans le titre conservé de la pièce de Molière, le maître et le valet vont de pair et Dom Juan accepte lui-même de tomber de son piédestal avant le fatidique final.

Au fond, pourtant, cette parité ne change rien à la littéralité de l'oeuvre : comme dans tous les grands couples héroïques, à l'instar de Don Quichotte et de Sancho Panza, c'est toujours le "petit" qui triomphe du "grand", après bien entendu moult bastonnades et gages perdus.

On aurait pu aussi citer Astérix et Obélix, car le "Dom Juan" dirigé par Jean Lambert-wild et Lorenzo Malaguerra a des côtés bédés (décor, musiciens). Le projet est en tout cas infiniment populaire et cette pièce, propice à tant de commentaires, de gloses et d'exégèses, redevient grâce à Jean Lambert-wild et toute son équipe une pièce drôle et compréhensible de tous.

On signalera que les quatre personnages qui visitent Dom Juan en son antre luxuriant sont joués à chaque représentation par des élèves différents issus de l'Académie de l'Union, renforçant ainsi l'impression qu'on est devant un travail collectif, une fête du théâtre où chacun sur scène ou dans la salle, trouve sa place et son plaisir.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 15 mai 2022 : En mai cultive toi comme il te plaît

Après une belle soirée en compagnie de KATEL vendredi, le replay est ici, c'est reparti pour une semaine d'actualité culturelle vue par nos chroniqueurs en attendant la déjà 48eme Mare aux Grenouilles en direct samedi !

Du côté de la musique :

"Godowsky - Bach" de Dimitri Papadopoulos
"Being alive" le nouveau mix à écouter de Listen In Bed
Rencontre avec Lofofora
"Des corps dans le décor" de Mauvais Sang
"Litz - once upon a time"
"Misia" de Revue Blanche
"Murmures et rumeurs" de Tom Bourgeois
et toujours :
"J'ai horreur de l'amour" de Bertrand Betsch
"Caroline" de Caroline
"Revenant" de Cascadeur
"Hell stairs" de CDSM
"Unica" de DeLaurentis
"Polar star" de Initiative H
"Fear of the dawn" de Jack White
"The line is a curve" de Kae Tempest
"Zadie Smith" 16ème émission de la saison 3 de Listen In Bed à écouter
"Bassoon steppes" de Lola Descours & Paloma Kouider
"Oan Kim & the Dirty Jazz" de Oan Kim
"Gabril Fauré : Horizons II" de Simon Zaoui, Pierre Fouchenneret, Raphaël Merlin, Parie Chilemme & Quatuor Strada
"Keep on falling" de The Boo Radleys

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Odyssée - Une histoire pour Hollywood" au Théâtre de la Colline
"Nous, l'Europe, banquet des peuples" au Théâtre de l'Atelier
"Penthésilé.e.s amazonomachie" au Théâtre de la Tempête
"Skylight" au Théâtre du Rond-Point
"Encore plus, tout le temps, partout" au Théâtre de la Bastille
"L'Epopée d'un buveur d'eau" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"La Maladie de la Famille M." au Théâtre de la Reine Blanche
"Montaigne - Les Essais" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Scum Rodéo" au Théâtre de la Reine Blanche
"Les Frustrées" au Théâtre L'Etoile du Nord
"Guy Carlier" au Théâtre des Mathurins
et les autres spectacles à l'affiche

Expositions :

"HEY ! Le dessin" à la Halle Saint-Pierre
et les autres expositions à l'affiche

Cinéma :

en streaming gratuit avec :
"La femme de mon frère" de Monia Chokri

"Mutum" de Sandra Kogut
"Party Girl" de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis
"Naissance des pieuvres" de Céline Sciamma
"Tu mérites un amour" de Hafsia Herzi
et dans la série Oldies but goodies :
"La Passante du Sans-Souci" de Jacques Rouffio
"Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy

Lecture avec :

"De la guerre, Mook 2" de Jean Lopez
"Les routes oubliées" de S.A. Cosby
et toujours :
"Amnistie" de Aravind Adiga
"Le réalisme magique du cinéma chinois" de Hendy Bicaise
"Nobles de coeur" de Marc Alexandre Oho Bambe & Fred Ebami
"Le silence est ma langue natale" de Sulaiman Addonia

Et toute la semaine des émissions sur notre chaine twitch

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=