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Théâtre de l'Opprimé  (Paris)  mai 2019

Drame de Saverio La Ruina, mise en scène de Luna Muratti, avec Emmanuelle Ramu et Alexis Gilot.

Écrite en 2006, la pièce de Saverio La Ruina, "Déshonorée" décrit une situation à la fois ancestrale et moderne, qui frappe toute les femmes dans les civilisations enfermées dans la ruralité et la religiosité.

Des femmes toujours vouées au noir, au voile ou au fichu même à l'époque des smartphones. Des femmes abusées par l'amour des jeunes gens beaux parleurs e leur village et qui sont, à mesure que leur ventre s'arrondit, de plus en plus coupables et sans excuses.

On se souvient d'Angèle de Marcel Pagnol et de Jean Giono, voire aussi de certains films "irlandais" de John Ford. C'est en Calabre que se déroule l'action de "Déshonorée". Elle pourrait aussi bien avoir lieu aujourd'hui au Pakistan ou en Inde.

Le texte est aussi simplement écrit que ses personnages sont démunis. Pasqualina raconte sa jeunesse, cinquante ans en arrière,à la fin des années 1960, à l'époque où le Sud de l'Italie était toujours misérable et pas encore transformée par la politique agricole commune.

Sans que cela soit trop gênant, Luna Muratti recourt d'emblée à la vidéo pour décrire ce beau pays caillouteux qui s'échauffe sous un soleil propice au si mal nommé "crime d'honneur". Elle y reviendra quelquefois pour ponctuer le récit de Pasqualina, un récit sans beaucoup de mots mais qui gagnera peu à peu en émotion.

Sans jamais chercher à être "dure", comme sont montrées souvent les femmes de Calabre, Emmanuelle Ramu prend les traits de Pasqualina. Instinctive, sans calcul, soumise à la loi de sa famille, elle voit arriver l'adolescence sans bien en comprendre les enjeux.

Elle sera ainsi victime consentante d'un jeune homme qui disparaîtra quand il saura que l'enfant va paraître et c'est en toute innocence, sans avoir même pensé que la vie qu'elle allait donner pouvait la conduire à la mort, qu'elle laissera l'un de ses proches allumer l'allumette...

Car c'est en brûlant vive que sa famille voulait résoudre son problème de grossesse... C'est avec encore la même innocence qu'elle décrira son calvaire après son supplice raté.

Théâtre documenté sans être totalement didactique, "Déshonorée" vaut par cette écriture sans apprêts mais qui laisse à la femme martyre sa voix et sa parole de jeune fille éternelle qu'elle transmet à son fils unique, qui lui la compile précieusement, en en lisant des extraits sur un cahier. La présence d'Alexis Gilot désamorce l'horreur parce que sa seule existence est la preuve véritable de la victoire de Pasqualina.

"Déshonorée", mis en scène avec peu d'artifices par Luna Muratti et jouée avec une formidable énergie par Emmanuelle Ramu, témoigne avec une grande justesse d'un passé pas forcément révolu.

 

Philippe Person         
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# 24 mai 2020 : Culture pour tous !

Toujours pas de festival, de théâtre, de concert, et autres ouvertures de lieux de réjouissances diverses sinon quelques passe droits pour les amis de Manu. En espérant que tout rentre dans l'ordre et que l'on retrouve le plaisir du spectacle vivant bientôt. Soyez prudents, sortez couverts et restez curieux !

Du côté de la musique :

Interview de Roman Rappak autour de son nouveau projet Miro Shot
"Par défaut" de Antoine Hénaut
"Three old words" de Eldad Zitrin
"Night dreamer direct to disc sessions" de Gary Bartz & Maisha
"Mareld" de Isabel Sörling
"Miroir" de Jean Daufresne & Mathilde NGuyen
"Self made man" de Larkin Poe
"Notre dame, cathédrale d'émotions" de Maitrise Notre Dame de Paris
"Enchantée" de Marie Oppert
"Miroirs" de Quintet Bumbac
et toujours :
"Chante-nuit" de Facteurs Chevaux
"9 songs" de Pierre
"Sex education" de Ezra Furman
"Cage meet Satie" de Anne de Fornel et Jay Gottlieb
Interview de Batist & the 73' réalisé à l'occasion de son live Twitch dont des extraits accompagnent cette entretien
"Hundred fifty roses" de Dune & Crayon
"F.A. Cult" de Hermetic Delight
"Love is everywhere" de Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce
"Hum-Ma" de Les Enfants d'Icare
"Spirals" de Sébastien Forrestier

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Frida jambe de bois" de Pascal Rinaldi en vidéo
le diptyque Arne Lygre mis en scène par Stéphane Braunschweig :
"Je disparais" en vidéo
"Rien de moi" en vidéo
des comédies :
"Alors on s'aime"
"L'Appel de Londres"
"Hier est un autre jour"
du divertissement :
"On ne choisit pas sa famille"
"Double mixte"
du vaudeville avec "Le Système Ribadier"
du côté des humoristes :
"François Rollin - Colères"
"La Teuf des Chevaliers du fiel"
"Franck Duboscq - Il était une fois"
Au Théâtre ce soir :
"Le canard à l'orange"
"Le prête-nom"
"Deux hommes dans une valise"
des classiques par la Comédie française :
"Le Petit-Maître corrigé" de Marivaux
"Cyrano de Bergerac" d"Edmond Rostand
et aller à l'opéra pour :
"Fortunio" d'André Messager
"Falstaff" de Verdi

Expositions avec :

les visites commentées par les commissaires d'expositions qui se sont tenues au Musée Jacquemart-André :
"Hammershøi, le maître de la peinture danoise" en vidéo
et "La collection Alana - Chefs-d'oeuvre de la peinture italienne"
partir en province pour découvrir en images le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg
et le Musée des Beaux-Arts de Nancy
puis en Europe en Espagne le Musée national Thyssen-Bornemisza à Madrid
en Allemagne au Städel Museum à Francfort
ailleurs au Brésil à la Pinacothèque de Sao Paulo
et au Japon au Ohara Museum of Art à Kurashiki
avant de revenir dans l'Hexagone pour une déambulation virtuelle dans le Petit Palais

Cinéma at home avec :

du drame : "Aime ton père" de Jacob Berger
de l'espionnage : "Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
du thriller : "The Unseen" de Geoff Redknap
du thriller fantastique avec "La Neuvième Porte" de Roman Polanski
du divertissement :
"Cassos" de Philippe Carrèse
"Promotion canapé" de Didier Kaminka
"Les Frères Pétard" de Hervé Palud
de glorieux péplums italiens avec Steve Reeves :
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