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Comédie de Reims  (Reims)  mai 2019

Monologue dramatique écrit et mis en scène par Guillaume Poix interprété par Sophie Engel.

Cheveux en arrière, imperméable gris en matière luisante, Sophie Engel est statique dans son cercle et le restera en permanence. Il faudra simplement qu'elle opère un demi-tour arrière sur elle-même pour qu'elle change de look.

Mais on n'en est pas là ! Elle a commencé son monologue et raconte qu'elle vagabonde sur internet, attirée par un blog du "Monde" où sévit Marc Gozlan.

On pourrait s'étonner qu'elle soit munie d'un micro HF, car sa voix porte et on comprend tout de suite qu'elle sait jouer des mots de Guillaume Poix avec une belle agilité de la glotte. Là aussi on comprendra plus tard...

Très vite, on saisit qu'elle a des sujets de prédilection dans ses constants vagabondages : elle aime les questions scientifiques et médicales... surtout quand sont connectées avec les grandes interrogations. Alors, quand elle tombe sur un lien possible entre religiosité et maladie, elle est immédiatement bonne cliente.

Elle pourrait n'être alors qu'une "stand-up-euse" qui décortique ses tocades avec une saillie jaillissant toutes les 30 ou 40 secondes. Pas vraiment sa tasse de thé, on s'en rend compte tout de suite aussi : grâce au puissant texte de Guillaume Poix, elle peut user de tout son charisme pour susciter la curiosité du spectateur plutôt que de lui faire pousser un petit rire à heure fixe... Elle va donc enfiler l'imperméable de l'agnostique qui se laisse séduire inopinément par la religion.

Attention pas question d'être happée par n'importe qui. Ce qui la séduit cela sera les religions spécifiques à la toile, celles qui font finalement le pendant des "fausses nouvelles", des "hoax" comme disent les aficionados d'internet.

Même si elle peut emprunter le chemin de Lourdes, de Fatima ou de Compostelle, ce qui la scotche, ce sont les annonciateurs zarbis de foi nouvelle : petites filles qui pleurent des larmes de cristal, jeunes vierges suicidaires pleines de stigmates comme Marthe Robin, etc...

La religion, pour elle, ça pourrait sortir d'un corps comme jadis dans "L'Exorciste". Et c'est là que la voix qui parle pour son Dieu ou ses dieux compte énormément : Sophie Engel, par l'intermédiaire de Guillaume Vesin au son, va alors moduler sa voix comme si elle sortait d'un autre corps, d'un ailleurs.

Même quand elle interprète le fameux texte du "pilier de Notre-Dame" dans lequel Claude explique comment lui, le Rimbaldien, est soudain atteint par la croyance en Dieu, elle prend par micro interposé une voix d'outre-humain touché par la grâce divine...

"Qui croire", sans point d'interrogation bien entendu, ne signifie pas "Croire en qui" et correspond bien à l'état actuel des internautes qui vont y rencontrer des manifestations surnaturelles, comme Claudel entrant jadis dans une cathédrale.

"Qui croire", c'est d'abord se demander ce qu'on "peut y croire" dans ce fatras de sites et de réseaux. C'est à la fois là que le hasard agit et peut-être aussi la prédestination... Car, ce qui va faire quitter au personnage de Sophie Engel son intérieur douillet où elle s'ennuie, ce n'est pas une réflexion poussée sur le divin, le pari pascalien ou le pensées de Spinoza et de Voltaire, mais une figure improbable, dont on laissera au spectateur, l'intégralité de la surprise.

On dira simplement, qu'après avoir effectué le tour giratoire annoncée, s'être dénouée les cheveux et avoir ouvert son imper pour laisser apparaître une robe sexy, Sophie Engel devient une créature si exagérément féminine qu'elle peut être aussi bien transgenre qu'androgyne.

Dès lors, Sophie et son double vont se retrouver dans une cabane outre-Manche, chose absolument normale : puisque la vagabonde atterrit quasiment chez une SDF de la métaphysique. Comme si l'épreuve initiatique était à parties doubles et qu'aujourd'hui, à l'ère du doute généralisé, c'est sans doute aux dieux de croire qu'ils peuvent démarcher les fidèles qui leur correspondent.

Texte à la fois moderne et astucieux, finement écrit, "Qui croire" de Guillaume Poix bénéficie en Sophie Engel d'une interprète époustouflante qui donne une autre dimension à cette prose en la rendant très concrète sans pour autant lui ôter sa part de mystère.

 

Philippe Person         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
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