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Musée Bourdelle  (Paris)  Du 5 juillet au 17 novembre 2019

Présentée initialement au Musée le Musée Mode et Dentelle de Bruxelles en collaboration avec le Palais Galliera, Musée de la mode de la Ville de Paris, l'exposition "Back Side/Dos à la mode" consacrée au vêtement vu de dos a franchi le Quiévrain pour s'implanter à Paris au Musée Bourdelle.

Avec une belle acuité, le commissaire Alexandre Samson, responsable des collections contemporaines au Palais Galliera, a revu le parcours de la (dé)monstration, au demeurant inédite par son rappel de la nature tridimensionnelle du vêtement, sous l'angle d'une mise en résonance entre arts appliqués et beaux arts avec un dialogue entre la statuaire, et les oeuvres puissantes du maître des lieux, le sculpteur Antoine Bourdelle, et un florilège de modèles de couturiers et créateurs.

Avec des pièces du 18ème siècle à l'époque contemporaine, la monstration, qui s'inscrit également dans une lecture inédite de l'Histoire de la Mode, bénéficie de la superbe scénographie de Jean-Julien Simonot qui use largement des effets de perspective avec une présentation à vue sur des podiums à degrés, seules les quelques pièces les plus anciennes étant sous vitrine.

Vue de dos : du "camouflage coquet de la nudité*" au dévoilement polysémique

A la linéarité chronologique qui rend compte de l'influence de l'évolution des moeurs, de l'émancipation féminine et du développement de la société des loisirs avec la balnéarité et le nautisme, le commissaire a préféré une approche thématique conceptuelle et analytique.

Conceptuelle, à l'aune d'une symbolique polysémique, car si le côté face du vêtement arme de séduction féminine est destiné à sublimation de la beauté, le côté pile se réfère à l'imaginaire érotique sollicité par une nudité savamment ordonnée.

Analytique car le parcours intègre la signification implicite avec toutes les déclinaisons du décolleté, de la nuque au creux des reins, et décrypte le vocabulaire du décolleté avec sa multiplicité ornementale, des découpes aux bretelles, inserts de dentelles, liens, incrustations et parures extravagantes qui, de surcroît, constitue une ode à la créativité et au savoir-faire des artisans de la mode.

L'exposition est délivrée en neuf sections thématiques qui se déploient dans les différents espaces du musée dont l'atelier - avec le corset dorsal "Rose Corset" de Alexander McQueen pour Givenchy et les robes protubérances de Rei Kawakubo pour la marque Comme des Garçons - et dans Hall des plâtres avec un quintet de modèles de créateurs contemporains dont celui de Martine Sitbon repris pour l'affiche.

L'essentiel est présenté dans l'aile Portzamparc dédiée aux expositions temporaires avec, entre autres et en préambule, des scènes iconiques du cinéma dont celle de "Le grand blond avec une chaussure noire" d’Yves Robert dans lequel Mireille Darc arbore une robe à l'époustouflant décolleté plongeant qui ouvre la monstration et des photographies dont celles de Jeanloup Sieff fasciné par le dos des belles.

Si domine son embellissement parfois équivoque et toujours ambivalent, le dos est parfois utilisé comme panneau publicitaire, même de manière élégante par Schiaparelli, considéré pour sa fonction de porte-charge dans des propositions peu gracieuses telles la robe à traîne sac à dos de Yohji Yamamoto ou détourné en porte double manteau par Nick Klavers, domine l'embellissement parfois équivoque et toujours ambivalent.

Par ailleurs, le dos appréhendé comme instrument de soumission inspire à John Galliano une robe fourreau fermée par 51 boutons et à Jean-Paul Gaultier une combinaison corset à 168 oeillets encadrant la "Femme bras au dos".

Mais certains, tels Thierry Mugler avec sa robe ailée de sa collection "L'Hiver des anges" et Charles James avec un manteau du soir aux ailerons sous l'égide de l'enfant triomphant de l'aigle de la "Première victoire d’Hannibal" de Bourdelle, métamorphosent la silhouette.

D'autres, dont Balenciaga, Rick Owens, Jean-Paul Gaultier et Maggy Rouff, proposent une déclinaison moderne de la traîne qui accompagne un dos blousant en contraste avec le torse d'Adam.

Bien évidemment, le thème majeur est celui du dos nu avec sa paradoxalité problématique,dénudé mais voilé, offert à la vue et se dérobant.

Ainsi est-il décliné en versions jour, parfois audacieuses, de la robe de plage de Grès à la robe cocktail de Jean Patou en passant par la robe d'été de Guy Laroche, le tailleur-short de Claude Montana et le body-jupe d'Alaïa qui dialoguent judicieusement avec les deux versions des reliefs "L'Aurore" de Bourdelle, l'une nue, l'autre drapée.

Et il prend toute sa dimension avec les robes du soir quand, dans les années 1930, le décolleté fait volte-face dans une version élégante et ultra-chic du classique fourreau noir ensuite sophistiquée par les couturiers contemporains.

Autour du buste de "La Liberté", les couturiers donnent libre cours à leur imagination et à leur fantaisie.

Démultipliés par une jeu miroir, le visiteur retrouve, et entre autres, le jeu de la transparence avec Yves Saint Laurent, le décolleté "bénitier" de Thierry Mugler avec sa cascade de fleurs d'or, la manche fendue qui devient décolleté chez Martin Margiela, le fourreau seconde peau de Alaïa et l'échancrure vertigineuse du modèle de Ann Demeulemeester.

Pour rêver, sûrement, fantasmer, peut-être, et vice versa...

 
* in catalogue "Le dos mis en avant - Harold Koda"

En savoir plus :

Le site officiel du Musée Bourdelle

Crédits photos : MM
avec l'aimable autorisation du Musée Bourdelle


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