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François-Emmanuel Brézet  (Editions Perrin)  juin 2019

"A terre je suis un héros, à la mer je suis un lâche"

Ces propos d’Hitler en disent long sur le rapport entretenu par le dictateur avec la mer. Hitler redoutait la mer qui était pour lui un élément hostile. De ce rapport particulier à la mer, François-Emmanuel Brézet en a fait un excellent ouvrage que je viens de lire, prolongeant mes nombreuses lectures cette année sur le nazisme.

François-Emmanuel Brézet est un ancien officier de marine. Il est docteur en Histoire de l’université Paris IV Sorbonne et a déjà publié plusieurs ouvrages chez Perrin, notamment Histoire de la marine allemande, La guerre sous-marine allemande et Dönitz.

Dans l’esprit d’Hitler, la victoire finale repose sur l’armée de terre et sur l’aviation, et non pas sur la marine. C’est ainsi que celle-ci voit son développement encadré par l’accord naval signé en 1935 avec l’Angleterre dont le Führer est convaincu, bien à tort, qu’il lui vaudra la neutralité bienveillante de ce pays à l’égard de ses conquêtes territoriales à venir. Lorsque la guerre éclate, la Kriegsmarine est donc loin d’avoir atteint une taille décisive.

Convaincu d’un succès rapide sur le continent, Hitler n’attend rien d’elle, jusqu’à ce que s’impose à lui la nécessité d’une projection de force en Norvège. Mais son opinion ne change guère pour autant, pas même lorsque l’Angleterre devient l’adversaire unique et qu’il doit renoncer à son invasion. L’efficacité de la guerre sous-marine le laisse aussi sceptique, raison pour laquelle il refuse tout accroissement de la cadence de fabrication des sous-marins. Il ne changera d’avis que sous l’influence du grand amiral Karl Dönitz, en 1943, mais ce sera déjà trop tard.

C’est donc ce rendez-vous manqué entre Hitler et la marine allemande que nous raconte le superbe ouvrage de François-Emmanuel Brézet. Après une courte introduction, l’ouvrage débute par un chapitre couvrant la reconstruction de la marine allemande lorsqu’Hitler arrive au pouvoir en 1933. L’étude de la construction des grands bâtiments jusqu’en 1938, dans le chapitre suivant, permet de répondre à la question qui se pose après la signature de l’accord anglo-allemand, celle de l’incidence véritable de cette signature sur la reconstruction de la marine allemande.

Assez vite, après 1938, Hitler doit prendre en compte le risque de guerre avec l’Angleterre et Reader le convainc de signer une directive donnant une priorité absolue à la construction de la Kriegsmarine. Malgré cela, au début de la guerre, cette Kriegsmarine n’a pas les moyens suffisants pour mener une guerre sereine. On voit bien au travers de l’ouvrage de cet ouvrage qu’Hitler a toujours considéré l’Allemagne comme une puissance continentale et jamais comme une puissance maritime. La priorité d’Hitler reste l’acquisition d’un espace vital, regardant vers l’est de Staline.

Cette fragilité concernant sa marine va suivre Hitler tout au long de la guerre malgré les territoires scandinaves récupérés. L’ouvrage est complet, il traite du projet de débarquement en Angleterre, consacre de nombreuses pages à la Méditerranée et aux tractations avec l’allié japonais. Evidemment, la bataille de l’Atlantique ne saurait ne pas prendre place dans cet ouvrage. L’auteur y consacre de nombreuses pages en nous apportant de nombreuses informations. Des pages concernant les négociations avec la Franche de Vichy s’avèrent aussi particulièrement intéressantes.

Hitler et la mer s’avère donc être un ouvrage particulièrement intéressant qui nous permet de mieux comprendre le poids de la marine allemande dans la défaite allemande. Il rappelle que l’on ne peut pas être une grande puissance sans disposer d’une marine de guerre digne de ce nom.

 

Jean-Louis Zuccolini         
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