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Interview  (Festival Terres du Son, Domaine de Candé, Monts)  dimanche 14 juillet 2019

Je rencontre donc le duo du sud-ouest, plus précisément des Landes, après leur très remarqué concert à TDS. Ils ont fait vibrer et réveiller toute la prairie en ce dimanche après-midi où les festivaliers entament leur troisième jour de musique, et pour ceux venus spécialement pour les voir. Je suis plutôt impatiente. C'est parti !

Bienvenue en Touraine ! Vous connaissez cette région ?

Laurent : Un peu, on est landais.

En effet, je reconnais ce petit accent du sud-ouest, très belle région que j'apprécie particulièrement. On vous appelle les musiciens de la terre, qu'est-ce ça évoque pour vous ? Votre ressenti ?

Laurent : Je pense que c'est une qualification de journalistes pour mettre dans des boîtes. Il se trouve qu'on est musiciens et qu'effectivement, on travaille la terre. Il y a des musiques qui sont d'horizon, on appelle ça comme ça, et les autres. Quand vous nous faites écouter de la musique, moi je peux vous dire si ces gens-là vivent dans un environnement rural et voient l'horizon ou s'ils habitent en ville, ça s'entend.

Et c'est vrai que chez nous, je pense qu'on entend la liberté de l'air, de l'horizon et de ce que l'on fait, comme chez Neil Young où vous sentez le "(Laurent imite le souffle du vent )", et on n'est pas dans le bitume, les américains le sentent bien ça !

Ah oui !

Laurent : Oui, d'abord les américains ils sont tous issus de bled, donc c'est très différent de l'Europe où on vient des grandes villes, et surtout les musiciens américains sont tous issus de bled parce qu'ils se font chier donc ils jouent dans des bleds, et toutes les musiques américaines sont des musiques d'air appelées de "release", de relâche, et c'est ce qu'on adore, c'est pour cela que notre rock est plus américain qu'anglais.

En effet, on le ressent en vous écoutant, on se sent aux States. J'enchaîne avec les Etats-Unis et votre tournée là-bas, avez-vous envie d'y retourner un peu plus ?

Mathieu : Comme l'a dit Laurent, notre musique est une musique de terre et qui vient du blues donc de là-bas. Et on y est allés et on a eu la chance d'être invités par un groupe qui s'appelle Clutch, et on a fait un mois de tournée en plein hiver dans le midwest américain le Mississipi, l'Arkansas, le Dakota du sud, le Montana, le Nébraska, Kansas, là où la musique est née !

Vous avez joué dans le Tennessee ?

Laurent : Oui bien sûr à Nashville, on enregistre là-bas. Et on appris et pris cette façon de jouer comme eux et ça tape fort ! On joue fort mais c'est dans le contrôle.

Et vous allez garder la tête froide avec tout cela maintenant que vous avez traversé l'Atlantique ?

Mathieu : On est fermiers à côté et on est vite rattrapés par la réalité, donc il n'y a aucun souci de grosses têtes. Quand il faut aller nourrir les oies, c'est nous donc on garde les pieds sur terre.

Vous arrivez à concilier les deux ? La création, les répétitions et la gestion de la ferme ?

Mathieu : On travaille tout le temps en fait, on n'a jamais de vacances.

J'ai remarqué que vous ne chantez pas en français. Pourquoi ?

Laurent : Parce que la musique que l'on fait c'est de la musique américaine, et ça n'aurait pas de sens de poser des mots français dessus, ça ne sonnerait pas rock en fait.

Pour les américains, on fait 80 % de l'impact qui vient du placement des mots, nos textes ne sont pas anglais, et on travaille avec un américain qui vit à Mont de Marsan pour travailler ce phrasé punch, typiquement américain, qui est un art mélangé entre le sens de la formule et qui est calé rythmiquement avec les guitares et la batterie. C'est pour cela que le rap américain est si puissant et que le rock américain est aussi relaché contrairement au rock britannique qui cavale (imitation de l'anglais chanté et de l'américain chanté), ça vous permet d'envoyer plus fort la grosse caisse.

80 % d'un bon morceau de rock, c'est déjà une super déclamation de mots en ricains avec un tempo. Le français est une langue fabuleuse mais ce n'est vraiment pas fait pour ça. Le français c'est fait pour faire du Brel, et même Noir Désir, à Nashville ils disent "french song" (rires).

Ce n'est pas méchant mais ils sont là "take it easy men" (rires), ça va trop vite et vous n'avez le "you have to do it !". C'est cela qui fait la puissance et qu'un groupe étranger peut venir jouer aux Etats-Unis. Il ne suffit pas de ne pas chanter en anglais, il faut avoir ces placements de mots, sinon ils vont dire "it doesn't rock". Et c'est pour ça que chanter en français ce n'est pas possible ! Sauf pour la France ou la Belgique mais pas pour le Kansas !

J'ai bien compris que le rock c'est en américain. Par rapport aux idées que vous voulez véhiculer, c'est plus facile de passer un message en français en France afin que tout le monde puisse le comprendre ?

Mathieu : En fait, on discute en français entre les morceaux et on fait des interviews en français. De plus, nos actions à la ferme vont dans ce sens.

Laurent : Le français n'est vraiment pas une langue pour exprimer des idées fortes. C'est une langue de la diplomatie, de la philosophie et c'est fantastique. Mais si vous voulez dire quelque chose de fort, pointu et direct et tout cela, si on traduit un texte américain en français, les français vont dire mais qu'est-ce que c'est que ce langage pas chatié ! Alors que pour un américain, ils vont dire "what the fuck!". Ce ne sont pas les mêmes mécanismes.

Nous on parle 4 langues et par exemple en gascon, on ne pense pas du tout comme en français, c'est une langue affirmative et il n'y a pas de négation et les tournures de phrases on ne les fait pas pareil. Et on ne pense pas pareil ! Par exemple, Michel Serres quand il parlait en français on voyait bien qu'il pensait en gascon. Et chez nous, si le tracteur tombe en panne, on va dire "on va chercher l'autre", le discours est positif.

Récemment quand on a joué à Donington, aux Monsters of Rock, les journalistes anglais faisaient des phrases comme les journalistes français, c'était France Culture ! (rires)

"Donc c'est quoi la question ?" pendant 4 minutes et avec le côté anglais et il vous met une vanne, deux vannes, trois vannes... Alors que les ricains, pas du tout, c'est synthétique et on y voit une grande qualité en tant que scientifiques. Et si on veut monter un groupe, c'est "Let's do it", c'est super !

Mathieu : Quand on est aux Etats-Unis tout est possible, donc pour des gens qui veulent créer et faire des choses c'est fabuleux ! Après il y a aussi des défauts comme partout.

Laurent : Il ne faut pas empêcher les rêves des autres et applaudir quand ils les réalisent. Et ça chez les américains, c'est super !

Le temps passe vite avec vous. On me fait signe, je dois laisser la place, Un très grand merci pour cet échange.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de The Inspector Cluzo
Le Bandcamp de The Inspector Cluzo
Le Soundcloud de The Inspector Cluzo
Le Facebook de The Inspector Cluzo

Crédits photos : César Deloux


Catherine Leclerc         
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# 10 novembre 2019 : Non à la morosité

Faites une pause avec l'actualité, faites une pause avec les réseaux sociaux et profitez plutôt de notre sélection culturelle hebdomadaire avec des tas de belles raisons de se réjouir un peu. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
Lysysrata, It It anita et The Eternal Youth au Normandy
et toujours :
"A l'oblique" de Phôs (Catherine Watine & Intratextures)
"So cold streams" de Frustration
"Liszt : O Lieb !" de Cyrille Dubois & Tristan Raes
"Au revoir chagrin" de Da Silva
"Ca" de Pulcinella
"Roseaux II" de Roseaux
"Symphonic tales" de Samy Thiébault
"Ca s'arrête jamais" de The Hyènes
"Ils se mélangent" de Djen Ka
Rencontre avec Joséphine Blanc accompagnée d'une session 3 titres acoustiques
"Funkhauser" de My Favorite Horses
Oiseaux Tempête et Jessica Moss au Grand Mix de Tourcoing

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Une des dernières soirées de Carnaval" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Les Mille et Une Nuits" au Théâtre national de l'Odéon
"21 Rue des Sources" au Théâtre du Rond-Point
"La dernière bande" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Mademoiselle Julie" au Théâtre de la Tempête
"Que Crèvent tous les protagonistes" au Théâtre 13/Seine
"Léonard de Vinci, l'enfance d'un génié" au Studio Hébertot
"L'Effort d'être spectateur" au Théâtre du Rond-Point
"Le Nouveau Cirque du Vietnam - Teh Dar" à l'Espace Chapiteaux de La Villette
"Olympicorama - Epreuve n°4 : le 100 mètres" à la Grande Halle de La Villette
"La Diva divague" au Théâtre de Dix Heures
des reprises :
"Les Membres fantômes" au Théâtre La Flèche
"Change me" au Théâtre Paris Villette
"Corneille Molière - L'Arrangement" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Qui croire" à la Comédie de Béthune
et la chronique des spectacles à l'affiche en novembre

Expositions avec:

"Greco" au Grand Palais

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Noura rêve" de Hinde Boujemaa
"Countdown" de Justin Dec
la chronique des films à l'affiche en octobre
et la chronique des films à l'affiche en novembre

Lecture avec :

"Profession romancier" de Haruki Murakami
"Feel good" de Thomas Gunzig
"Histoire mondiale de la guerre froide (1890-1991)" de Odd Arne Westad
"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
"L'écho du temps" de Kevin Powers
"Psychotique" de Jacques Mathis & Sylvain Dorange
"Une famille presque normale" de M T Edvardsson
et toujours :
"A comme Eiffel" de Xavier Coste & Martin Trystam
"Demain est une autre nuit" de Yann Queffélec
"L'extase du selfie et autres gestes qui nous disent" de Philippe Delerm
"La frontière" de Don Winslow
"Les quatre coins du coeur" de Françoise Sagan
"Miracle" de Solène Bakowski
"N'habite plus à l'adresse indiquée" de Nicolas Delesalle
"Une vie violente" de Pier Paolo Pasolini

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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