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La Scala  (Paris)  septembre 2019

Comédie dramatiquede Bertolt Brecht, mise en scène de Claudia Stavisky, avec Philippe Torreton, Gabin Bastard, Frédéric Borie, Alexandre Carrière, Maxime Coggio, Guy-Pierre Couleau, Matthias Distefano, Nanou Garcia, Michel Hermon, Benjamin Jungers et Marie Torreton.

15 tableaux pour la vie du plus grand savant italien, le florentin Galileo Galilei, c'est ce que propose Bertolt Brecht. Ecrite en 1938 et créée à Zurich en 1943, "La Vie de Galilée" n'est pas simplement l'affrontement manichéen d'un homme de vérité contre un pouvoir religieux qui ne l'accepte pas par crainte de perdre son influence politique.

C'est aussi le procès d'une science qui croit qu'elle va s'imposer naturellement aux hommes sans que ceux-ci ne l'utilisent et ne la détournent à des fins particulières et néfastes. Galilée n'est pas un héros, mais le représentant de ces savants qui veulent avant découvrir sans se préoccuper des conséquences de leurs découvertes.

Montré dans ses contradictions, Galilée n'est pas ici celui qui a dit "et pourtant, elle tourne". Cette phrase célèbre et peut-être apocryphe, elle ne sera jamais prononcée sur scène par le grand homme.

Dans la mise en scène limpide de Claudia Stavisky, chaque tableau est annoncé par un surtitre qui occupe une grande ouverture au-dessus de la scène censée, la plupart du temps, être le lieu où Galilée (Philippe Torreton) s'adonne à ses expériences. Ainsi, image après image, tableau après tableau, va s’égrener la vie de l'astronome-philosophe.

Ce grand livre donne l'occasion de voir des saynètes diverses dans un espace à peu près toujours le même. Mais cette illustration, qu'on pourrait dans un premier temps trouvé légèrement hagiographique, cesse peu à peu d'être plaisante.

A l'euphorie du Galilée partant à l'assaut du système de Ptolémée, fier de sa lunette astronomique qui rend vraies ses observations, succède l'angoisse d'un homme qui construit un système qui inquiète l'Église et lui attire la colère du grand inquisiteur (Michel Hermon) et s'achève dans l'incertitude et l'ambiguïté, quand on ne sait plus si Galilée, vaincu et revenu dans le giron catholique, notamment sous l'influence de sa fille Virginie (Marie Torreton), joue ou pas un double-jeu.

Avant même de voir la pièce, tout le monde s'accorde à penser que Philippe Torreton est fait pour le rôle titre. Après l'avoir vu, sa performance est au-delà de ce qu'on pouvait imaginer.

Puissant, humain, capable de saillies cinglantes, jouisseur et parlant vin comme il parle science, son Galilée est si présent qu'on ne pourra désormais l'imaginer autrement que sous ses traits.

Il est aussi merveilleusement entouré par une dizaine de comédiens qui jouent une quarantaine de rôles et savent à la fois incarner leur personnage principal et tous les épisodiques qu'ils doivent tenir. On distinguera particulièrement Nanou Garcia, dans le rôle de Madame Sarti, la gouvernante du génial savant.

L'avantage de cette pièce hors norme est aussi de proposer un spectacle théâtral roboratif, peuplé de personnages, et tout le temps en mouvement. On est dans du "vrai" théâtre et l'on écoute un texte qui mérite attention. Même si Galilée se sert d'autres mots, on sent qu'il pourrait s'approprier le fameux "science sans conscience n'est que ruine de l'âme".

Pendant plus de deux heures quarante, le spectateur moyen, grâce en partie à la performance presque pédagogique de Philippe Torreton et à la volonté quasi ascétique de Claudia Stavisky de ne pas s'écarter du texte, va entrer dans l'univers de Brecht, l'un des essentiels du vingtième siècle.

Finis les préjugés sur la fameuse "distanciation", Philippe Torreton et Claudia Stavisky se sont mis dans les pas de ce "théâtre d'idées" cher à Antoine Vitez, pour que le public en perçoive et savoure le souffle et la langue épiques. Pari tenu : avec eux, Brecht redevient un grand auteur populaire.

 

Philippe Person         
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Ce bel été indien se termine sur des orages, du tonnerre et des inondations terribles. Décidément 2020 ne nous épargne rien. Dans l'espoir de jours meilleurs et se faire plaisir au milieu de tout cela, voici notre sélection culturelle de la semaine.

Du côté de la musique :

"In and out of the light" de The Apartments
"Chrone EP" de Atrisma
"State of emergency" de Babylon Circus
"Nomadic spirit" de La Caravane Passe
"Règle d'or" de Marie Gold
"Berg, Webern, Schreker" de Orchestre National d'Auvergne & Roberto Forès Veses
et toujours :
"Transience of life" de Elysian Fields
"Cerna vez" de Thomas Bel
"Bandit bandit" de Bandit Bandit
"Twins" de Collectif La Boutique
"Run run run (hommage à Lou Reed" de Emily Loizeau
Emily Loizeau en concert au CentQuatre
"Papillon blanc" de Gabriel Tur
"Dix chansons naturelles et sauvages" de Hugo Chastanet
"Both sides" le spectacle de Jeanne Added au CentQuatre

Au théâtre :

les nouveautés :
"Aux éclats..." au Théâtre de la Bastille
"Onéguine" au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis
"Surprise parti" au Théâtre de la Reine Blanche
"Mademoiselle Else" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Killing Robots" au Théâtre Paris-Villette
les reprises :
"Marie des Poules" au Théâtre du Petit Montparnasse
"Hector Obalk - Toute l'Histoire de la peinture en moins de deux heures" au Théâtre de l'Atelier
"Trinidad - Pour que tu t'aimes encore" au Studio Hébertot
"Carla Bianchi - Migrando" à la Nouvelle Seine
"Jos Jouben - L'Art du rire" à La Scala
"Mudith Monroevitz" à la Nouvelle Seine
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

la nouvelle saison muséale avec "Sarah Moon - PasséPrésent" au Musée d'Art Moderne de Paris
la dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - La collection de Madame" au Musée du Quai Branly
et toujours :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Ailleurs" de Gints Zilbalodis
at home :
"Caramel" de Nadine Labaki
"Tomboy" de Céline Sciamma
"Peur" de Danielle Arbid
"La Cour de Babel" de Julie Bertucelli
"La Bataille de Solférino" de Justine Triet

Lecture avec :

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"De soleil et de sang" de Jérôme Loubry
"Fin de combat" de Karl Ove Knausgaard"
"KGB" de Bernard Lecomte et "Napoléon, dictionnaire historique" de Thierry Lentz
"La danse du vilain" de Fiston Mwanza Mujila
"Louis XIV, roi du monde" de Philip Mansel
et toujours :
"Apeirogon" de Colum McCann
"Ce lien entre nous" de David Joy
"Dans la vallée du soleil" de Andy Davidson et "Les dynamiteurs" de Benjamin Whitmer
"Ensemble, on aboie en silence" de Gringe
"Hourra l'Oural encore" de Bernard Chambaz
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