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Andrew Ridker  (Editions Rivages)  août 2019

Bienvenue chez la famille Alter qui va vous permettre de découvrir un jeune auteur pétri de talent, Andrew Ridker. Né en 1991, il a été éditeur chez Knof, une mythique maison d'édition à New-York, avant d'envoyer son manuscrit à plusieurs agents littéraires. Il a aussi publié dans différentes revues et journaux américains. Sorti au printemps 2019 aux États-Unis, son ouvrage Les Altruistes a reçu un accueil critique triomphant et unanime. Le livre est en cours de traduction dans 17 langues et nous arrive en France grâce à l'éditrice Nathalie Zberro qui a eu la bonne idée de l’intégrer au catalogue de chez Rivages, avec une traduction d'Olivier Deparis.

Au-delà de la couverture que je trouve particulièrement réussie, les premières pages justifient rapidement l’engouement qu'a pu connaître ce livre qui s'avère être un petite pépite. Les 450 pages passées aux côtés de cette famille Alter procure un plaisir de lecture indéniable.

Les Alter forment une famille presque comme les autres : névrosée, aimante, empêtrée dans ses contradictions, une famille juive de la middle class américaine qui n'a pas l'air de fonctionner comme une famille classique. Cette famille Alter est composée des parents, Arthur et Francine et de deux enfants, Ethan et Maggie.

Il y a tout d'abord la mère, Francine, que l'auteur fait rapidement disparaître à cause d'un cancer. Thérapeute de formation, elle est une femme généreuse que l'on va suivre le long du livre par son esprit. Elle est aussi celle qui s'avère être la véritable altruiste de la famille. Son époux, Arthur, est professeur de physiques à l'université de Saint-Louis. Lui est un pingre, un être narcissique qui se complaît dans les mensonges et les tromperies.

Leur fils, Arthur, est l’apôtre du nihilisme dans toute sa splendeur, un jeune gay solitaire, généreux mais seulement avec lui-même. Maggie, sa sœur, est une grande moralisatrice qui se complaît à jouer les martyres. Très touchée par le décès de sa mère, elle en veut beaucoup à son père. Tous se rassemblent par un altruisme démesuré servi par une forte forte propension à l'égocentricité.

Lorsque Francine meurt à l'approche de la soixantaine, Arthur va se réfugier dans les bras d'une jeune enseignante en histoire qu'il fréquentait déjà au début de la maladie de Francine, ce qui ne plaisait pas à ses enfants. Deux ans après, il tente de revoir ses enfants qui ne souhaitent plus le voir, avec l'intention de se réconcilier qui sont partis vivre à New-York. Évidemment, derrière cette réconciliation se cache chez Arthur la volonté de mettre fin à ses dettes en récupérant un magot laissé par Francine, qui jouait en bourse admirablement sans qu'il ne le sache, et qui l'a déshérité quand elle a su qu'il avait une liaison. Il va abuser de nombreux stratagèmes pour paraître être le père idéal et aimant... Ethan n'a plus l'argent récupéré de sa mère et vient voir son père avec l'ambition de lui en demander.

Ces retrouvailles vont vite tourner au règlement de compte, on va découvrir ses faiblesses et celles des autres, ses craintes et ses contradictions. On a alors parfois l'impression d'être dans un bon vieux film du maître Woody Allen.

Vous l'avez compris, le livre d'Andrew Ridker est une formidable réflexion sur l'altruisme et l’égoïsme. Malgré tous leurs défauts, les quatre personnages de l'ouvrage s'avèrent être particulièrement attachants. L'auteur réussit dans ses écrits à mélanger avec grâce le cynisme et l’émotion. On suit cette famille, du moins ce qu'il en reste après le décès de la mère et certains passages sont d'une drôlerie (le passage sur le mariage des parents est succulent) et d'une cruauté réjouissante.

S'il fallait trouver un défaut à l'ouvrage, est-ce vraiment nécessaire, on pourrait dire qu'il prend un peu de temps à démarrer, le début de l'histoire s'avère lent mais la plume impitoyable d'Andrew Ridker compense très rapidement ces premières pages qui installent la découverte des personnages. Une fois dedans, on ne décroche plus l'ouvrage et cette comédie familiale se transforme en une formidable satire d'une grande justesse. Chaque page de ce livre est un pur régal, on ne s'ennuie pas une minute. On rigole, on réfléchit, on s'agace ou on s'indigne devant certains comportements, on s’émeut face à certaines situations et on se reconnaît parfois dans les traits de certains personnages.

On dit que les grands livres sont ceux dont on n'a pas envie de se séparer une fois la lecture terminée. Les Altruistes d'Andrew Ridker en fait partie.

 

En savoir plus :
Le site officiel de Andrew Ridker


Jean-Louis Zuccolini         
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