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puce Livane - Piaf, Frehel, Damia et Moi
Théâtre de Dix Heures  (Paris)  septembre 2019

Seul en scène musical conçu et interprété par Livane dans une mise en scène de Xavier Berlioz.

 Livane Revel pourrait chanter du Chantal Goya, pourrait chanter du Janis Joplin, pourrait chanter du Anne Sylvestre. Elle pourrait tout chanter de sa voix claire et chaleureuse, un peu enfantine mais assurée. Elle pourrait aussi chanter ses propres chansons.

Non, plutôt que tout ça elle a choisi de revisiter la chanson réaliste et pas n'importe laquelle puisqu'elle a décidé de s'appuyer sur trois femmes, trois tragédiennes qui ont mené des vies de patachon justement pour se fabriquer des voix et des vies hors du malheur et du bonheur commun, pour nourrir leur répertoire avec leurs destins de romans-photos.

Dans "Piaf, Fréhel, Damia et Moi", Livane non seulement les chante mais aussi les raconte. Elle le fait très bien sans avoir besoin d'en dire beaucoup : une lettre d'amour de Piaf à Cerdan, quelques souvenirs de l'enfance de Fréhel racontés par l'intéressée et un texte de Damia avouant son penchant addictif pour l'opium.

Chaque fois, l'émotion passe et pourtant la belle plastique de Livane devrait être contre-productive quand on se souvient du 1,47 mètre de Piaf, des rondeurs très rondes de Fréhel et de l'inquiétante noirceur d'âme de Damia.

Entourée de ses guitares, électrisées ou pas, dans des tenues de petite fille sage, quoique pas si sages que ça si on les regarde bien, Livane rafraîchit la chanson réaliste.

Qu'elle interprète des refrains rigolos, comme ceux de Fréhel dans "Tel qu'il est" ou dans "Le fils de la femme poisson", ou des morceaux franchement déprimants et sinistres comme ceux de Damia dans "Tout fout le camp" ou "Sombre Dimanche", elle sait se les accaparer, les rendre actuels et les interpréter sans qu'on ait le souci de les comparer avec les originales.

Contrairement à certaines chanteuses qui se sont cassées les dents en s'essayant à l'exercice, elle a l'intelligence de ne pas prendre de haut les chansons du passé... et surtout se refuse à l'imbécile "second degré". Une fois pour toutes, Livane le prouve : on ne peut chanter ces chansons qu'en y croyant à fond, qu'en ne s'amusant pas à se penser plus malin ou maline qu'elles.

Evidemment, elle a choisi son trio : pas question de jouer la carte du pathos vulgaire en chantant Berthe Sylva, celle de la chanson trop triviale avec ses légionnaires et ses filles à la Marie Dubas, voire la partition des intellos à la Carco chez une Suzy Solidor ou une Lys Gauty. En limitant la chanson réaliste à ces trois grâces qu'étaient Piaf, Fréhel et Damia, elle se garantit un tour de chant de qualité toujours égale malgré sa variété.

Considérant son spectateur en ami qu'il faut choyer d'un regard ou d'un chocolat, Livane sait, en quelques secondes (le temps de se servir un ballon de faux-rouge), se le mettre dans la poche et installer un climat de proximité qui n'est pas factice.

A l'instar d'une Juliette, qui elle aussi peut chanter ce répertoire d'un passé pas si passé que ça, on la sent chez elle sur scène, et l'on est sûr que si la scène augmente de volume, cela ne lui nuira en rien.

On peut lui prédire qu'elle aussi connaîtra la gloire de ses devancières et qu'elle ne se contentera pas d'être uniquement leur interprète. Livane est une chanteuse d'avenir qu'il faut venir vite voir aujourd'hui faire revivre avec talent et humour le beau passé de son métier.

 

Philippe Person         
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"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
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de la comédie de boulevard :
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du côté des humoristes :
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dans le répertoire classique :
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