Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce L'un de nous deux
Théâtre du Petit Montparnasse  (Paris)  septembre 2019

Comédie dramatique de Jean-Noël Jeanneney, mise en scène de Jean-Claude Idée, avec Christophe Barbier, Emmanuel Dechartre et Simon Willame.

Dans un salon dont la fenêtre donne sur un camp de concentration, devisent deux prisonniers politiques livrés aux Nazis par leurs compatriotes collaborationnistes, deux hommes de la même génération que presque tout oppose : leur tempérament, leur figure tutélaire, leurs convictions politiques et leur conception de l'action politique.

Léon Blum, homme de gauche, non la gauche "rouge" mais la gauche socialiste dans le sillage de son "dieu" Jean Jaurès, humaniste qui a foi en la bonté de l'homme, toujours en proie au doute et qui préfère le regret au remords, et Georges Mandel, homme de droite, non la droite "blanche" mais la droite républicaine, fidèle à son mentor Georges Clémenceau, orgueilleux et radical qui pense que l'action immédiate doit précéder la réflexion et croit au Mal incarné dans l'homme.

Leurs points communs : l'exercice de responsabilités ministérielles sous la IIIème République et donc leur connaissance des arcanes de la politique politicienne, leur attachement à la grandeur de la France, leur opposition farouche au nazisme, et à toute forme de totalitarisme, et leur judaïté.

Ce qui correspond à la situation théâtrale par essence qu'est la confrontation entre deux personnages qui a inspiré à Jean-Noël Jeanneney, le remarquable opus "L'un de nous deux" ressortant au théâtre de conversation qu'il qualifie de "dialogue en trois actes" et se déploie selon la facture classique de la tragédie en retraçant, à partir d'un fait historique réel, les imaginaires conversations animées entre Léon Blum et Georges Mandel, otage d'Etat depuis 1943 détenus dans un pavillon proche du camp de Buchenwald.

Un opus d'autant plus remarquable et passionnant que Jean-Noël Jeanneney agrégé d'histoire, spécialiste de l'histoire contemporaine et ayant occupé à plusieurs reprises un secrétariat d'Etat, ne cède ni à la pédanterie d'auteur ni au manichéisme réducteur et simplificateur du débat gauche/droite et ne se pose pas en donneur de leçon de démocratie.

En effet, avec une écriture peaufinée qui, en outre, bénéficie du sens de la formule propre à solliciter l'attention de l'auditoire, il ouvre le champ de la réflexion à travers les échanges des protagonistes qu'il indique ne pas concevoir comme "un concours pour un catéchisme républicain" et leurs échanges qui naviguent entre gravité et émotion, en sus, quelques inserts de comédie.

Ainsi, il positionne la situation en juin 1944, dans la journée qui précède l'évènement qui va faire tomber l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des deux captifs, l'assassinat de Philippe Henriot, le secrétaire d'État à l'Information et à la Propagande du gouvernement de Vichy, qui leur est annoncé par le jeune soldat allemand affecté à leur surveillance (Simon Willame).

Jean-Claude Idée, qui signe également l'adéquate scénographie avec un décor à réalité augmentée, met en scène, et sans dommage, une version resserrée de l'oeuve originale dont il a judicieusement confié l'interprétation à deux comédiens qui s'avèrent exceptionnels.

L'un de longue date, Emmanuel Dechartre qui incarne avec l'éloquence sensible les atermoiements philosophiques et existentiels de Léon Blum, surnommé "le sage de Jouy", l'autre, le journaliste politologue qui a pris goût à la scène Christophe Barbier qui assure, avec efficacité et crédibilité les ardeurs jacobines de Georges Mandel.

Une belle réussite pour ce pas de deux totalement maîtrisé qui appelle au discernement pour la chose politique.

 

MM         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 29 mars 2020 : On continue à s'égayer le cerveau

On attaque la troisième semaine de confinement. On ne va pas baisser les bras, et nous vous proposons encore un joli contenu histoire de s'oxygéner le cerveau comme on peut. C'est parti.

Du côté de la musique :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds
et toujours :
"La course" de Bon Voyage Organisation
"Où ça en est ?" de Ceylon
"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
"Atomised single" de Gogo penguin
"Onkalo" de Julie Campiche Quartet
"Single carry me home" de Kokoroko
"The pain, the blood and the sword" de Lion's Law
"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
une comédie contemporaine avec la captation de la création originelle de "Art"
du boulevard avec :
le streaming de "Fleur de cactus"
le streaming de "Jo"
un classique revisité avec la captation de "Peer Gynt"
une évocation de l'univers de Lewis Caroll avec la captation de "Lewis versus Alice"
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" :
"Peau de vache"
avec Sophie Desmarets
et "La Puce à l'oreille" avec Louis de Funès
une gourmandise pour fan addict avec Fabrice Luchini en vidéo dans "Le point sur Robert"
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Paradoxe amoureux"
"Dieu habite Dusseldorf"
"ABC D'airs"

Expositions :

en toute tranquillité mais musicales avec sur le Musée de la Sacem :
"L'Opérette" de son Age d'or à la Belle Epoque au regain d'engouement avec sa réactivation par des compagnies contemporaines tels "Azor" et "La Grande duchesse de Gerolstein"
et celle dédiée à son roi "Jacques Offenbach"
au Musée de la Monnaie de Paris :
la visite virtuelle des collections permanentes et la visite de sa dernière exposition en date "Kiki Smith"
et passer les frontières avec la visite virtuelle des collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

Ciné-Club at home avec :
"Blue Velvet" de David Lynch
"Casanova" de Federico Fellini
"Les 39 marches" d'Alfred Hitchock
le téléfilm "Paris Best" de Philippe Lioret
et des films récents sortis en DVD :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"Alice et le maire" de Nicolas Pariser
"Noura" de Hinde Boujemaa

Lecture avec :

"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot
et toujours :
"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
"L'archipel des larmes" de Camilla Grebe
"Riposte" de David Albertyn
"Temps noirs" de Thomas Mullen
"Toute la violence des hommes" de Paul Colize
"Une île sur la Volga" de Iwan Lépingle

Froggeek's Delight :

"Shadow, le cloud computing", retour d'expérience de l'utisation d'un PC dans les nuages
Une sélection de jeux pour moins vous ennuyer pendant le confinement et plus tard
"Call of Cthulhu" sur Switch, PS4, Xbox One et PC
"Call of Duty Modern warfare" sur PS4, XboxOne, PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=