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La Nuit Devant  (Starlite Rec)  octobre 2019

Parlons de la vie de chroniqueur musical. Sachez-le, elle n’est pas faite que de cocktails d’après concert en espace VIP avec des représentants de la SACEM et de rendez-vous en "day use" avec des attachées de presse peu farouches, c’est aussi un combat. Pour la chronique qui suit, j’ai dû batailler sévère. Pourquoi ? Parce que je n’étais pas le seul sur les rangs à vouloir parler de Baden Baden, mais à force de menaces, de chantages, de dessous de table et de corruption en tout genre (1), j’ai obtenu de la part de notre guide suprême, enfin je veux dire de notre rédacteur en chef le privilège, l’honneur de vous parler de ce disque. Cet honneur, je le dois, je pense, avant tout à mon talent de chroniqueur mais ce n’est pas le sujet.

Parlons plutôt de Baden Baden, quand on se bat pour faire une chronique avec pour seul argument "Mais moi je les aime plus que toi", c’est qu’ils ont réussi quelque chose.

Parlons donc de Baden Baden, j’aime tellement ce groupe que je pourrais vous parler de leur musique sans vous parler du disque qui vient de sortir, vous parler des disques d’avant, des émotions que ce groupe suscite. C’est bien pour ça que je commence par des blagues, parce que là on va parler d’émotion, de choses qui touchent, pas de choses personnelles mais de choses intimes, et Baden Baden ne fait que ça, nous parler, parler de notre intimité de ce qu’il y a "au-dedans de moi".

Prendre l’arc, installer la flèche, le bander, viser, décocher et toucher... En plein cœur, directement au premier essai Coline, reprendre une autre flèche, refaire les mêmes gestes, viser, décocher, toucher presque plus précisément encore Mille Eclairs.

Là on se dit : "non, pas trois fois de suite"... ça n’arrive jamais sauf dans les films... Non ça n’arrivera pas. Voici La Nuit Devant...
Installer...
Bander...
Viser...
Décocher...
Toucher !

Encore une fois, sérieusement ? Ce n’est pas possible, la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit alors encore moins trois fois... Et pourtant... Comme ayant conscience que ce n’est pas possible, cette fois Baden Baden pousse le curseur encore plus loin, les potards sont à onze, plus mais moins. Moins pop mais plus électro. Moins évident, plus elliptique. Moins immédiat mais plus efficace.

Avec la voix toujours sur le fil d’Eric Javelle, avec ce qu’on pourrait appeler un "chant rentré", on peut aussi dire à fleur de peau cela ne semble pas usurpé, mais pourtant sans maniérisme. Julien Lardé le co-compositeur, et chanteur pour un titre "Ma chère" réussit d’ailleurs à se glisser dans ce qui caractérise une chanson de Baden Baden sans pourtant imiter ou faire du sous Eric Javelle, preuve s’il en est que le groupe a son style propre, son univers identifiable immédiatement et sans pour autant être auto-caricatural ou routinier.

La poésie des textes met en lumière le côté sombre des arrangements, et inversement. Certes, parfois la rime est facile mais dans ces cas-là, c’est au service de l’efficacité de la "percutance" (vous dites barbarisme je dis néologisme). Une écriture allusive pour des chansons au titre mystérieux "CLSS", "PLV", "LMR" qui permettra à chacun comme au cinéma de projeter ses propres interprétations, on retiendra qu’il est évidemment question d’amour, de sachets blancs, d’ivresse comme autant de fuite en avant, de façon de combler l’ennui et les séparations. Et si une mélancolie post-romantique parcourt tout le disque, ce n’est pas pourtant un disque triste, à la manière d’un Malik Djoudi, un déluge d’émotion dans une sorte d’electro qui fait bouger la tête et taper du pied.

Les compositions sont (alerte cliché) aériennes et légères, ce mélange entre des instruments "traditionnels" guitares, batterie, trompette (2) et une programmation plus moderne, donne un disque aux sonorités assez iconoclastes dans le paysage actuel, se permettant des formats libérés de toute contrainte commerciale, des chansons sans refrain, une longue chanson avec une seule phrase de texte, comme un mantra une prière "Je voulais la violence, te baiser, la romance".

Je pense que vous l’aurez compris, ce nouvel album de Baden Baden est une réussite, en se permettant de pousser un peu plus loin encore les expérimentations sans pour autant renier les albums précédents, Eric Javelle et Julien Lardé s’imposent comme de grands pourvoyeurs d'émotions et de grands faiseurs de chansons, de celles qui marquent, de celles qui touchent, de celles qui ne ratent jamais leur cible.

(1) Pour les détails sordides, me contacter.
(2) Les groupes à trompette, ce sont toujours des bons groupes : Cake, Calexico, etc.
(3) Je vous ai dit que j’adorai les notes en bas de page.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album 78 EP de Baden Baden
Baden Baden parmi une sélection de singles (février 2011 )
La chronique de l'album Coline de Baden Baden
La chronique de l'album Mille Eclairs de Baden Baden
L'interview de Baden Baden (samedi 18 juillet 2015 )

En savoir plus :
Le site officiel de Baden Baden
Le Bandcamp de Baden Baden
Le Soundcloud de Baden Baden
Le Facebook de Baden Baden

Crédits photos : Bastien Burger


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# 19 janvier 2020 : de De Gaulle à Rocard

Cette semaine encore beaucoup de choses à découvrir. D'un portrait de de Gaulle côté livre à l'affrontement Mitterand - Rocard au théâtre en passant par de la musique pop, classique et bien plus encore. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki
et toujours :
"Nougaro" de Babx, Thomas de Pourquery et André Minvielle
"True colors" de David Bressat
"Splid" de Kvelertak
"Bach, Handel : An imaginary meeting" de Lina Tur Bonet & Dani Espasa
"My favourite things", le podcast de Listen In Bed #8
"Turn bizarre" de Livingstone
"Le musc" de Petosaure
"En voyages" de Pierre Vassiliu
"Shadow in the dark" de Tiger & the Homertons
"Caipirinha" de Tiste Cool

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Una costilla sobre la mesa" au Théâtre de la Colline avec "Padre" et "Madre"
"L'Opposition - Mitterrand vs Rocard" au Théâtre de l'Atelier
"La Sextape de Darwin" au Théâtre La Bruyère
"hélas" au Théâtre de la Tempête
"Une histoire d'amour" à La Scala
"Le K" au Théâtre Rive-Gauche
"An Iliad" au Théâtre du Rond-Point
"Elephant Man" au Théâtre Le Lucernaire
les reprises :
"Architecture" au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux
"En couple (situation provisoire)" à La Folie Théâtre
"Les vagues, les amours, c’est pareil" au Centrequatre
"La Vie est belle" au Théâtre Le Lucernaire
"Philippe Meyer - Ma radio heureuse" au Théâtre Le Lucernaire
"Opérapiécé" au Théâtre Essaion
"Julien Cottereu - aaAhh BiBi" au Théâtre Tristan Bernard
"Marion Mezadorian - Pépites" au Pont Virgule
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour :
"Mondrian figuratif au Musée Marmottan-Monet
"Vincenzo Gemito - Le sculpteur de l'âme vénitienne" au Petit Palais
"Toulouse-Lautrec résolument moderne"au Grand Palais

Cinéma avec :

"Le Réseau Shelburn" de Nicolas Guillou
Oldies but Goodies avec "Les Bostoniennes" de James Ivory dans le cadre de la rétrospective que la Cinémathtèque française consacre au réalisateur
et la chronique des sorties de janvier

Lecture avec :

"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy
et toujours :
"Celle qui pleurait sous l'eau" de Niko Tackian
"Je suis le fleuve" de T.E. Grau
"La prière des oiseaux" de Chigozie Obioma
"Sang chaud" de Kim Un Su
"Un millionaire à Lisbonne" de J.R. Dos Santos

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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