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Théâtre du Gymnase  (Paris)  octobre 2019

Spectacle de théâtre musical conçu et mis en scène par Stéphan Roche, avec Eric Jetner, Stéphan Roche, Eléonore Beaulieu, Marion Cador, Henri De Vasselot et Pascale Moe Bruderer.

Pour porter sur scène dans le registre du théâtre musical la passion violente et destructrice entre deux poètes du 19ème siècle, Arthur Rimbaud et Paul Verlaine, projet initié par le couturier Pierre Cardin et son neveu Rodrigo Basilicati Cardin, le comédien, chanteur et metteur Stéphan Roche signe le livret de "Rimbaud Verlaine" écrit pour six interprètes en charge de neuf personnages .

Il relate de manière chronologique leur relation tumultueuse et tragique qui s'achève brutalement et irrémédiablement lors d'un épisode violent qui mènera Verlaine en prison condamné davantage pour moeurs outrageantes que pour les coups de feu tirés sur Rimbaud.

Tragique car Rimbaud, "le voleur de feu", "le poète aux semelles de vent", selon certains, monstre de pureté, merveilleux voyou ou rebelle incarné, choisit Verlaine comme compagnon pour vivre "l'aventure de la poésie" sur le chemin du "dérèglement des sens" et "les amours de tigres" et devenir des fils du soleil selon le mythe du paganisme parnassien.

Mais, même si leur amour est partagé, il y a erreur sur la personne car Verlaine ne constitue pas, si ce n'est dans l'art poétique, son alter ego. Issue de la bourgeoisie aisée, il en a l'esprit et s'il s'encanaille pour des soirées fortement alcoolisées et ne refusera ni la garçonnade ni ce qu'il nomme le "roman de vivre à deux hommes", il éprouve des difficultés à les rendre compatibles avec une conventionnelle vie de famille.

Rimbaud et Verlaine qui figurent dans l'imaginaire collectif comme un chétif adolescent et une vieille barbe, tels que peints en 1978 par Fantin-Latour dans le tableau "Un coin de table", alors que seules dix années les séparaient, sont incarnés respectivement par Eric Jetner, dont le physique athlétique correspond à celui décrit par Verlaine lui-même comme un Ardennais bien bâti, et Stéphan Roche qui embellit la physionomie considérée comme peu gracieuse de Verlaine.

Tous deux convaincants, ils sont entourés de comédiens-chanteurs aguerris : Marion Cador, l'épouse de Verlaine, Eléonore Beaulieu, dans les rôles des mères des deux protagonistes, Henri De Vasselot, en charge de ceux de l'ami de Verlaine, d'un témoin et surtout de l'ambitieux juge enquête de notorité qui condamna Verlaine à la prison, et la danseuse Pascale Moe Bruderer en maléfique et verte fée Clochette.

Le spectacle se déploie dans la scénographie magistrale imaginée par Rodrigo Basilicati Cardin constituée de la seule projection, réalisée par la visual-designer Sara Caliumi selon le procédé du mapping vidéo, sous les lumières crépusculaires de Paolo Bonapace, d'oeuvres de la plasticienne Samantha Ornon réalisées à partir de collages photographiques pour signifier les différents lieux de manière quasi fantas(ma)tique.

Le spectacle constitue assurément une curiosité. Non point par sa facture qui ressort au théâtre musical avec une narration à plusieurs voix, chaque personnage apportant son point de vue, de brèves scènes dialoguées et de chansons comportant équitablement solos, choralité et duos enflammés sur une musique de Daniele Martini qui s'inscrit, hors pour le poème "Chanson d'automne" de Verlaine dispensé sur une mélodie debussyenne, dans la veine stylistique de la comédie musicale contemporaine.

Mais par la mise en scène assurée par Stéphan Roche qui en brise les codes par usage d'un anachronisme tant temporel que stylistique. Ainsi, avec les costumes féminins quasi heroic fantasy conçus par Pierre Cardin et les chorégraphies de danse moderne d'ibédience r'n'b assurées par Pascale Moe Bruderer, et, surtout, en procédant à des ruptures de registres, du drame au burlesque en passant par le kitsch, notamment en twistant chaque scène grave par une pirouette comique.

Et cet inattendu melting-pot porté par une troupe émérite, s'il risque de décontenancer les puristes du genre, s'avère résolument roboratif.

 

MM         
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Du côté de la musique :

"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa
et toujours :
"As found" de Fugu
"Désordres" de Austyn
"Anda Lutz" de Cie Guillaume Lopez
"A l'instinct A l'instant" de Daniel Jea
"Cérébro dancing" de Epilexique
"Cobra" de François Club
"Coquette" de Hailey Tuck
"Springtime with no harm" épisode 18 des mixes de Listen In Bed
"Fanfare XP, volume 2" de Magic Malik
"Avec son frère" de Volo
"Safeplace" de Yadam

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Démons" par Lorraine de Sagazan
"Misery" de William Goldman
"L'obéissance de la femme du berger "de Sergio Martínez Vila
"Migraaaants" de Matéi Visniec
"Le Remplaçant" d'Agnès Desarthe
"Portrait d'Amakoé de Souza - Salade Tomate Oignon" de et par Jean-Christophe Folly

"La Chose Commune" de David Lescot et Emmanuel Bex
de la comédie de boulevard :
"Hier est un autre jour "de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
"Madame Doubtfire" de Jaja Fiastri
"Le Clan des divorcées" de Alil Vardar
"A gauche en sortant de l'ascenseur" de Gérard Lauzier
du côté des humoristes :
"Mimie Mathy - J'adore papoter avec vous"
"Denis Maréchal - J'dis franchement"
dans le répertoire classique :
"Le Jeu de l'amour et du hasard" par Catherine Hiegel
"Roméo et Juliette" par Eric Ruf
Shakeaspeare :
à l'anglaise au Globe Teater : "Macbeth"
et en comédie musicale "Roméo et Juliette, de la haine à l'amour" de Gérard Presgurvic
et de l'Opéra revisité :
"La Traviata" de Verdi par Simon Stone
"Cendrillon" de Jules Massenet par David Hermann

Expositions :

en "real life" avec la réouverture progressive des musées :
"Pompéi" au Grand Palais
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières
"La Force du dessin - Chefs-d'oeuvre de la Collection Prat" au Petit Palais
"Esprit es-tu là ? Les peintres et les voix de l'au-delà" au Musée Maillol
"Le dessin sans réserve. Collections du Musée des Arts Décoratifs" au Musée des Arts Décoratifs
et en passant par la Lorraine, découvrir la Villa Majorelle œuvre de style Art nouveau.

Cinéma at home avec :

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