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Théâtre de l'Union  (Limoges)  octobre 2019

Spectacle de théâtre musical sur des textes et musiques de Pascal Rinaldi, mse en scène de Lorenzo Malaguerra, avec Denis Alber, Edmée Fleury, Jean Lambert-wild, Maria de la Paz, Pascal Rinaldi et Thierry Romanens.

Dans ce spectacle musical conçu par Denis Alber, Pascal Rinaldi et Lorenzo Malaguerra, la mélancolie n'est pas convoquée. Loin de là !

Dans les couples célèbres du siècle passé sans cesse célébrés sous toutes les formes, genre "Marilyn et John", "Bacall et Bogart", "Sartre et Beauvoir", "Sid and Nancy" ,"Diego et Frida" est le plus exotique, le plus torride aussi et le plus récent dans sa mythification, puisque dans "L'Assassinat de Trotsky" (1972) , film de Joseph Losey, où Léon Davidovitch est censé être assassiné chez les Rivera qui l'hébergent, le personnage de Frida n'apparaît même pas ...

Du coup, chance pour les trois joyeux Suisses, ni Arias, ni Copi, ni Jérôme Savary, pourtant friands en mythes sud-américains (qu'on se rappelle Eva Peron) n'avaient eu l'idée de s'emparer de la sulfureuse mexicaine au corps cassé pour en faire leur miel sardonique.

Voilà, c'est fait... et bien fait ! "Frida Jambe de bois" est une œuvre colorée, exubérante où l'irrespect n'implique pas de dresser au final un très beau portrait de cette Frida pas Oumpapa, même si des oreilles attentives entendront subrepticement la voix d'Annie Cordy dans son immortelle chef d'oeuvre.

D'abord, on félicitera Kristelle Paré dont la scénographie et les costumes mettent d'emblée dans une ambiance fleurie et bordélique où dominent les jaunes et les rouges, où le Mexique des poncifs (avec distributeur d'une bière locale, celle que consommait un récent feu président français) voisine avec un bric-à-brac d'objets symbolisant la mort.

Particulièrement réussi est justement le costume de "la Mort Joyeuse", dont la robe rappellera les costumes de Gramblanc, le double de Jean Lambert-wild, qui, tiens !, joue justement cette "Mort Joyeuse", caché sous la chaleur d'un "heaume" tête de mort.

Si l'on n'est pas prévenu qu'on est dans une grosse farce ponctuée parfois d'éclats d'émotion, on aura sans doute besoin d'une ou deux saynètes, d'une ou deux chansons, pour comprendre le principe de cet hommage touffu et réjouissant à une artiste devenu un produit mondialisé mais qui sent quand même plus la putréfaction que le parfum, la tequila vomie que le hamburger.

Sur scène, sauf Jean Lambert-wild qui attend son heure en Madame la "Mort Joyeuse", tout le monde est Frida Kahlo : que ce soient les musiciens Denis Albert, Pascal Rinaldi et Thierry Romanens ou les deux chanteuses, Maria de la Paz et Edmée Fleury.

Petit à petit, le spectacle prend une tournure carnavalesque et pas seulement. Car, si l'on verra sur scène des paillardises bien débridées, Lorenzo Malaguerra a étendu son champ de mise en scène à la salle elle-même... La "Mort Joyeuse" viendra y titiller quelques spectateurs et les Frida ne seront pas de reste en attendant une joyeuse parade finale où la salle et la scène seront en osmose.

Tout cela pourrait être incontrôlable et à la longue fastidieux sauf si l'on oublie pas que le rire sans les larmes n'est que ruine de l'âme. Les chansons ne seront donc pas que des pochades et si l'on n'aime que le Mexique pauvre et misérable avec des guitares sublimes qui pleurent le malheur-roi, on sera comblé en écoutant Maria de la Paz, se livrant toute entière dans une version de "Paloma Negra" de Chavela Vargas, une des amantes de Frida et aussi d'Ava (Gardner).

Edmée Fleury, pétulante en Frida, n'est pas de reste et s'avère la plus crédible dans le rôle titre, jamais dans la caricature ni dans la posture. La vraie Frida, c'est elle et toutes les autres qui l'entourent ne sont peut-être que les délires et les fantasme d'une femme dont les désirs sont détruits par un corps supplicié.

Au fond, "Frida jambe de bois" est une bonne introduction pour connaître la vie et l'oeuvre de la Mexicaine. Par delà les bêtises dites avec appétit, se dessine la vérité d'un personnage encore à découvrir.

Le spectacle conçu par Denis Alber, Pascal Rinaldi et Lorenzo Malaguerra ne se moque jamais d'elle mais de la fabrication de son image d'Epinal. Si l'on s'amuse beaucoup, la qualité du rire transmis rend aussi heureux que les plaisanteries et les gags contenus dans ce spectacle vraiment vivant.

 

Philippe Person         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
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