Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Douce
Théâtre Lepic  (Paris)  novembre 2019

Comédie dramatique d'après la nouvelle éponyme de Dostoievski, mise en scène de André Oumanski, avec Anna Stanic, Nicolas Natkin, Rose Noël et Maxime Gleizes.

En 1969, Robert Bresson avait adapté pour l'écran "La Douce", une nouvelle de Dostoïevski, devenue "Une femme Douce". Le rôle de la jeune femme qui se suicide était tenu par Dominique Sanda, à l'aube d'une carrière prometteuse. En 2017, le cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa l'adaptait à son tour sous le même titre que Robert Bresson.

Mais si on compare les deux versions cinématographiques et l'adaptation que propose d'André Oumansky de "Douce" pour le théâtre, on peut dire sans conteste qu'il est arrivé à un résultat voisin de celui obtenu par le cinéaste français. Avec une économie de moyens qui tire la nouvelle vers une épure extrême, il est resté complètement dans l'univers de l'écrivain russe.

En moins d'une heure, on est totalement pris dans les rets de ce drame intimiste conté par un prêteur sur gages (Nicolas Natkin) qui par étroitesse d'esprit est sans doute passé à côté d'un bonheur conjugal qui aurait illuminé sa vie terne et médiocre.

Il faut dire, et il ne s'en cache pas quand il commence à se définir en quelques mots, qu'il est un homme déchu, un ancien militaire de petite noblesse qui a démissionné de l'armée et qui s'est retrouvé à exercer cette tâche ingrate, voire déshonorante.

C'est là dans son échoppe qui se résume sur scène à un grand meuble noir derrière lequel il trône, qu'il a rencontré la jeune fille blonde (Anna Stanic) qui vit chez ses tantes dans une grande pauvreté et qui, de temps à autre, vient se délester de quelques colifichets pour quelques roubles.

Poussé par sa domestique (Rose Noël), le prêteur sur gages commence à voir en cette jeune fille diaphane un parti possible, et l'impossible mariage finira par se réaliser...

Pourtant, son passé qu'il a enjolivé l'oblige à ne pas se jeter corps et âme dans cet amour inespéré qui pourrait le sauver de sa triste condition. L'arrivée d'un de ses anciens condisciples (Maxime Gleizes), un militaire dévoyé, va encore plus l'inhiber, en y ajoutant une injuste jalousie.

Dostoïevski a tissé un récit dans lequel on s'englue avec d'autant plus de plaisir qu'on y sent que le drame annoncé au départ n'était pas un prétexte, qu'il prend au fur et à mesure de son déroulement une vraie force théâtrale.

Même si la fin est annoncée dès le départ, on a le vain espoir que le prêteur sur gages, encore dans le bel âge et beaucoup plus sympathique qu'il n'y paraît, saura comprendre cette jeune fille prête à faire sa vie avec celui qui la sauve d'une existence de future vieille fille ou de mal mariée à un boutiquier de bas étage.

Défendu par un quatuor brillant, avec une "Douce" vraiment forte malgré son apparente fragilité, et un prêteur sur gages pas encore momifié par sa profession, le texte fait son chemin chez le spectateur. Sans atteindre le génie stylistique de Bresson, le travail d'André Oumansky sert convenablement Dostoïevski.

On le félicitera de n'avoir pas "étiré" le texte au-delà du nécessaire et d'avoir préféré un spectacle qui peut justifier chacune de ses presque soixante minutes à une œuvre qui ne serait qu'un inutile remplissage.

Un joli moment de théâtre volontairement classique.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 11 avril 2021 : Culture en résistance

Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=