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Interview  (Paris)  mercredi 6 mars 2019

Inferno est un disque somme dans la carrière de Robert Forster. Après avoir passé des mois sur le livre Grant & I, inside and outside The Go-Betweens, autobiographie du groupe qui fut, en son temps, un des plus beaux fleurons de la pop, Robert Forster s'est replongé dans ses souvenirs. C'est ainsi qu'est né ce disque sur le temps qui passe, les amis qui manquent et la vie qui continue.

Il viendra, le jeudi 28 novembre, à la Boule Noire de Paris défendre ce disque, écrit durant l'été austral à Brisbane sous des latitudes tropicales puis enregistré à Berlin alors que la capitale allemande étouffait durant une vague de chaleur.

Nous avions parlé avec le grand (autant par la taille que par le talent) et trop rare Robert Forster dans une brasserie du 14ème arrondissement de Paris en mars dernier.

L'atmosphère du disque est une atmosphère d'été. En 2018, lorsque le disque a été enregistrée, vous avez vécu dans l'hémisphère sud en hiver et dans l'hémisphère nord en été. Comme un oiseau migrateur ?

Robert Forster : En effet. J'ai écrit toutes les chansons en Australie. Je suis arrivé à Berlin en mai pour une douzaine de jours, pour rencontrer les gens avec lesquels j'allais travailler, voir le studio... et je suis revenu pour enregistrer pendant l'été caniculaire de 2018. Mais l'atmosphère du disque provient d'abord de l'écriture qui a eu lieu pendant la période la plus chaude en Australie, chez moi, à Brisbane.

Est-ce que l'atmosphère de Berlin a joué sur le disque ?

Robert Forster : Hormis la température, non. Si j'ai choisi de travailler à Berlin, c'est uniquement pour travailler dans le studio de Victor Van Vugt, il y avait déjà réalisé mon premier album solo, Danger in the past, en 1990. Il n'y avait pas d'autres raisons pour moi de choisir cette ville pourtant emblématique de la musique.

Le titre de l'album, Inferno, a-t-il un sens caché ?

Robert Forster : Encore une fois, non. Il fait juste référence à la chaleur à Brisbane. C'est une chaleur tropicale. Inferno a été une des premières chansons de l'album que j'ai écrite, et en plus c'est le single. Je suis originaire de Brisbane, j'ai grandi là-bas. Je connais bien ces chaleurs torrides. C'est d'abord le titre de la chanson qui m'est venu. Une fois que j'avais le titre, c'est seulement là que je l'ai écrite. Ce titre m'a paru assez fort pour être aussi celui de l'album.

Vous avez travaillé avec Victor Van Vugt, mais les musiciens que vous avez choisi pour vous accompagner sur ce disque sont aussi des personnes avec lesquelles vous aviez déjà travaillé. Pourquoi ?

Robert Forster : Je connais bien Robert Bromiley, qui joue de la guitare et de la basse. Quant à Karin Bäumler, c'est ma femme. Nous avions déjà travaillé ensemble sur les morceaux, à la maison, avant de rentrer en studio. Mais je ne connaissais pas le batteur, Michael Muhlhaus, que j'ai rencontré pour la première fois lors de l'enregistrement. Je ne connaissais pas le studio, mais je connaissais Victor. Sur certains aspects, j'étais donc en terrain je t'ai donc en terrain connu. Mais il y avait quand même des nouveautés pour moi durant cet enregistrement.

En écoutant l'album, j'ai eu l'impression d'entendre le disque d'un chanteur en paix avec lui-même. Est-ce le cas ?

Robert Foster : Si c'est l'impression que donne ce disque, j'en suis ravi. J'ai écrit certaines chansons du disque en même temps que j'écrivais le livre "Grant & I", sur l'amitié qui me liait à Grant (ndlr : McLennan, l'autre chanteur des Go-Betweens, décédé dans son sommeil en 2006). Mais je ne saurais pas dire à quel point elles sont connectées à mon passé. C'est trop proche de moi. Jusqu'à présent, la littérature et les arts étaient mes principales sources d'inspiration. Mais pendant 10 ans, je n'avais pas écrit de chanson, pas une seule. Mon travail était devenu journaliste et écrivain. Les chansons sont venues à moi alors que je pensais à Grant. Je le vis comme une sorte de petit miracle.

Dans vos clips ou sur scène, vous semblez toujours avoir une blague en réserve. Êtes-vous comme ça dans la vie ?

Robert Foster : C'est une partie de moi. Il n'y a pas une grande différence entre mon image publique et moi-même. Bien entendu, en famille, je ne suis pas toujours comme ça. C'est la partie de moi que je surjoue lorsque je suis en public, et même en studio. Je suis le Robert Foster qu'on attend. Mais il n'est pas si différent que ça du vrai moi. Je n'aurais pas pu interpréter pendant des années un personnage complètement inventé.

Vous venez à Paris en concert le 28 novembre à la Boule Noire. La dernière fois que je vous ai vu dans une salle de concer à Paris, c'était en tant que spectateur à un concert de The Apartments. J'ai lu qu'il y avait peut-être un projet en cours avec Peter Milton Walsh, pouvez-vous m'en dire plus ?

Robert Forster : Pour l'instant, je ne peux rien dire. Je vais d'abord me concentrer sur la tournée. J'aimerais venir jouer plus souvent en France, ça fait très longtemps que je ne suis pas venu. Je serai accompagné de ma femme. Et si j'ai quelque chose à vous dire, c'est surtout de prévenir tous vos amis de ce concert à La Boule Noire.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Inferno de Robert Forster

En savoir plus :
Le site officiel de Robert Forster
Le Bandcamp de Robert Forster
Le Soundcloud de Robert Forster
Le Facebook de Robert Forster


Laurent Coudol         
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