Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce La tempête qui vient
James Ellroy  (Editions Rivages)  novembre 2019

C’était il y a déjà quatre ans, les éditions Rivages nous proposaient un formidable ouvrage du maître James Ellroy, un pavé de plus de 800 pages qui ouvrait un nouveau quatuor à venir sur la ville de Los Angeles pendant la Seconde Guerre mondiale. Perfidia, le premier volet, commençait la veille de l’attaque Pearl Harbor pour se terminer à peine un mois après. L’auteur nous montrait l’hystérie du climat de guerre et les machinations faites aux citoyens américains d’origine japonaise après Pearl Harbor.

Il aura donc fallu attendre quatre longues années pour pouvoir enfin toucher la suite de ce quatuor avec la sortie ce mois-ci du deuxième volet, La tempête qui vient, publié toujours chez Rivages. L’attente fut longue mais la qualité de l’ouvrage de James Ellroy nous montre qu’il est parfois utile d’attendre longtemps pour toucher le Graal.

La tempête qui vient est un immense livre, dans la lignée de Perfidia, un ouvrage qui se dévore, plein de talent et de passion que l’on n’est pas prêt d’oublier et qui, nous donne une irrésistible envie de lire le prochain volet, sans savoir combien de temps on va devoir (encore) attendre.

Los Angeles est encore sous le choc de l’attaque de Pearl Harbor. Les Américains d’origine japonaise sont massivement arrêtés tandis que des pluies torrentielles s’abattent sur la ville. Un corps est découvert dans Griffith Park à la faveur d’un glissement de terrain. Les flics du LAPD n’y voient qu’une affaire de routine. Ils ont tort. C’est un signe avant-coureur du CHAOS.

Le Chaos, c’est un incendie criminel et un braquage de grande ampleur qui refont surface, une Cinquième Colonne menacante, des nazis locaux surexcités, des trafics en tout genre des deux côtés de la frontière Etats-Unis-Mexique, des morts en pagaille dont deux flics dont les cadavres sont retrouvés dans un repaire de drogués, un attaché naval japonais disparu et des intrigues amoureuses.

La tempête qui vient, débute le 30 décembre 1941, là où se terminait Perfidia. En cette veille de la nouvelle année, la guerre avec le Japon a été déclarée, l’internement des citoyens américains d’origine japonaise est en plein essor et Los Angeles subit des pluies torrentielles. Le sergent Dudley Smith a été promu Capitaine et opère depuis la Basse Californie, où il se livre en compagnie de Claire De Haven à un lucratif trafic de drogues, tout en travaillant en sous-main avec les services secrets. Elmer Jackson, sergent à la Brigade des mœurs du LAPD sert de "bagman" à Dudley Smith, tout en gardant un œil sur Hideo Ashida, un génie de la police scientifique de Los Angeles, soupçonné de collusion avec l’ennemi en raison de ses origines japonaises.

Aux côtés de la charmante Joan Conville, Hideo Ashida se retrouve à travailler sur l’identité du cadavre exhumé à Griffith Park suite au glissement de terrain provoqué par les intempéries. Il s’agit probablement d’une des 34 victimes d’un incendie qui avait ravagé le parc en 1933. La victime semble avoir été mêlée à un célèbre hold-up de 1931 au cours duquel un important chargement d’or avait disparu. Ce magot, jamais retrouvé, continue de provoquer des convoitises, y compris chez les enquêteurs. Et c’est là qu’au cœur de la tempête sont retrouvés deux enquêteurs dans un repaire notoire de drogués.

Tous ces personnages vont se livrer une guerre personnelle et sans merci sur fond de guerre mondiale, un conflit dont la furie dévastatrice ne fait qu’empirer de jour en jour, le Chaos à Los Angeles n’étant que le reflet à l’échelle d’une ville de celui qui secoue le monde.

Une fois encore, James Ellroy nous offre un grand roman criminel qui se double d’une impressionnante fresque historique. Avec son indéniable et immense talent d’écriture, il manie à merveille l’art de mêler sans coutures les histoires criminelles, les enquêtes de LAPD et les rivalités entre flics à la grande histoire, qui influe évidemment sur les destins individuels des personnages.

Il joue comme de coutume sur une variété d’outils stylistiques et narratifs (points de vue qui diffèrent, rapports, émissions de radio, unes de journaux) ce qui donne une vie incomparable à ce qui pourrait n’être qu’un tourbillon de personnages et d’actions. Il possède en même temps une capacité incroyable à associer dans sa fiction des évènements que notre regard sur l’histoire américaine pourrait considérer comme dépourvus de liens. Cela permet d’établir alors une vraie connivence avec le lecteur qui pense se voir révéler sa vérité, celle faite d’un mélange de faits réels et d’imagination sans jamais nous livrer sa recette.

Avec cet ouvrage, l’auteur en profite aussi pour explorer et exploser tous les bas-fonds américains de l’époque, la corruption omniprésente et au cœur de l’ouvrage mais aussi le racisme, l’antisémitisme (l’ouvrage s’ouvre sur un discours radiodiffusé de Charles Coughlin qui prêche l’antisémitisme), le trafic de drogue, le fascisme et le nazisme.

La tempête qui vient est donc un immense livre, un polar vertigineux dans la lignée de Perfidia et des ouvrages précédents de l’auteur américain. Lire un ouvrage de James Ellroy reste une expérience significative tant ses livres dépassent à chaque fois les codes classiques du polar. Ses oeuvres sont toujours complexes et exigeantes mais aussi passionnantes. On aime se perdre autour de ses personnages qui traversent l’œuvre du maître, on accepte avec plaisir de ne pas toujours tout comprendre et on apprécie l’absence de moralité de l’auteur dans ses livres.

La tempête qui vient est une véritable bourrasque littéraire, une véritable claque pour le lecteur qui ne peut rester indifférent devant le talent immense que possède James Ellroy pour nous proposer des livres grandioses que l’on ne peut pas oublier. James Ellroy est un génie et La tempête qui vient est un de ses nombreux chefs-d’œuvre.

Alors vite, on rattrape son retard en lisant Perfidia (si ce n’est pas déjà fait) et on se rue sur La tempête qui vient. Impossible d’être déçu…

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :
La chronique de "Reporter criminel" du même auteur

En savoir plus :
Le site officiel de James Ellroy
Le Facebook de James Ellroy


Jean-Louis Zuccolini         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 8 décembre 2019 : Et si Noël n'avait pas lieu ?

Grève générale, transports bloqués, morosité ambiante, réchauffement climatique... Et si cette année Noël n'avait pas lieu ? Quoi qu'il en soit vous aurez largement de quoi vous réjouir avec notre proposition de découvertes culturelles hebdomadaires dès maintenant. Par ailleurs, suivez notre facebook pour gagner des places pour le concert de She Owl.

Du côté de la musique :

"The undivided five" de A Winged Victory for the Sullen
Rencontre avec Lofofora autour de leur album "Vanités"
"Fly fly" de Céline Bonacina
"Romantic sketches" de Fred Perreard Trio
"Not married anymore" de Hasse Poulsen
"Enfer et paradis" de Les Nus
"Une certaine urgence", émission #6 de notre podcast Listen In Bed
"De temps et de vents" de Bodh'aktan
"Building site" de Mata Hari
"Gréty : Raoul Barbe Bleue" de Orkester Nord, Martin Wahlberg
et toujours :
"D'où vient le nord" de Francoeur
"Other side effects" de Lion Says
"Black Cofvefe" 5eme volume des mixes en podcast de Listen in Bed
"Santa Maria Remix" de Carmen Maria Vega
"Paganini, Schubert" de Vilde Frang & Michail Lifits
"I don't want to play the victim, But i'm really good at it" de Love Fame Tragedy
"Little ghost" de Moonchild
"Los Angeles" de Octave Noire
"A blemish in the great light" de Half Moon Run
"Older" de Quintana Dead Blues eXperience
"C'est pas des manières" de The Glossy Sisters
"Zimmer" de Zimmer

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Architecture" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Elvira" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"New Magic People" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"A" à la Scène Parisienne
"Mister Paul" au Théâtre L'Atalante
"Deux amoureux à Paris" au Studio Hébertot
"Nobody is perfect" à la Scène Parisienne
des reprises :
"Allers-Retours" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Portrait de Ludmilla en Nina Simone" au Théâtre des Abbesses
"Métropole" au Théâtre de la Reine Blanche
"Chambre noire" au Monfort Théâtre
et la chronique des spectacles à l'affiche en décembre

Expositions avec :

"Marche et démarche - Une histoire de la chaussure" au Musée des Arts Décoratifs
"Helena Rubinstein - La Collection de Madame" au Musée du Quai Branly

Cinéma avec :

Les nouveautés de la semaine :
"La Vie invisible d'Euridice Gusmao" de Avénarius d’Ardronville
"Le Roi d'Ici" de Karim Aïnouz
Oldies but Goodies avec "Kanal" de Andrzej Wajda
et la chronique des films sortis en novembre

Lecture avec :

"Au plus près" de Anneli Furmark & Monika Steinholm
"Evolution " de Marc Elsberg
"L'amexique au pied du mur" de Clément Brault & Romain Houeix
"Rien que pour moi" de J.L. Butler
"Secret de polichinelle" de Yonatan Sagiv
et toujours :
"Le chant du bouc" de Carmen Maria Vega
"La tempête qui vient" de James Ellroy
"Le crime de Blacourt" de Daphné Guillemette
"Pas de répit pour la reine" de Frédéric Lenormand
"Stalingrad" de Antony Beevor
"Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout" de Alice Munro

Froggeek's Delight :

"Oculus Quest" Le casque de réalité virtuel autonome

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=