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Théâtre Athénée-Louis Jouvet  (Paris)  décembre 2019

Comédie dramatique de Brigitte Jaques-Wajeman d'après le soeuvres de Molière et Louis Jouvet, mise en scène de Toni Servillo, avec Toni Servillo, Petra Valentini, Francesco Marino et Davide Cirri.

En 1986, au programme de l'Athénée, était jouée avec en tête de distribution Philippe Clévenot, "Elvire Jouvet 1940" de Brigitte Jaques-Wajeman, pièce tirée de "Molière et la comédie classique" de Louis Jouvet.

Elle contait comment Louis Jouvet faisait travailler à Claudia, une de ses élèves de troisième année, la scène 6 de l'Acte IV de "Dom Juan" de Molière, dite des "Adieux d'Elvire". Dans cette version, Claudia était jouée par Maria de Medeiros. On peut les retrouver dans la captation qu'en fit Benoît Jacquot.

C'est donc aujourd'hui, le grand Toni Servillo, l'acteur phare du cinéma italien contemporain ("La Grande Bellezza", "Viva la liberta") qui met en scène cette pièce, traduite par Giuseppe Montesano sous le titre d'"Elvira", et qui, surtout, interprète le Maître.

Tout de suite, quand il entre et parle, le spectateur français découvre un être chaleureux et sans doute moins cassant que le protagoniste de "Drôle de drame". En italien, l'acteur qui joue Jouvet a un avantage sur son homologue qui le joue en français : il n'a pas besoin de choisir entre conserver sa voix où, quand même, "imiter un peu" la fameuse diction de Jouvet, sa manière particulière de faire résonner la langue française.

Servillo, qui s'impose d'emblée sans contestation, a choisi la proximité à la fois avec son actrice et le public, puisque les deux ou trois premiers rangs de l'orchestre ont été transformés en banquettes pour le metteur en scène.

Servillo est souvent de plain-pied dans la salle à quelques centimètres des premiers spectateurs. Il n'élève pratiquement jamais la voix, se fait didactique mais pas professoral, ne semble jamais s'énerver contre le trio qui répète la scène. Mais si Sganarelle et Dom Juan sont présents pour donner la réplique, incarnés par Francesco Marini et Davide Cirri, c'est avant tout le personnage d'Elvira jouée par Petra Valentini qui compte pour Jouvet-Servillo.

Sur la scène presque vide se détache un gros poste de TSF, et le spectacle commence par une chanson de la partenaire de Jouvet dans "Hôtel du Nord", Arletty qui chante "Mon cœur de Parisienne". Quelques notes d'accordéon, suivies d'un couplet qui aboutit au refrain : "Aimer sincèrement de mon cœur tendre..."

Tout le propos de Jouvet à Elvire va tourner autour de comment Elvire peut encore aimer sincèrement Dom Juan alors qu'elle sait que celui-ci est un libertin, comment son sentiment et sa raison vont s'opposer dans cette scène capitale.

Les notes sténographiées par Charlotte Delbo retracent toutes les séances qui vont s'étaler de février à septembre 1940, date où la voix d'Hitler remplace celle d'Arletty et annonce le départ de Jouvet pour l'Amérique du Sud. Si l'on en croit la pièce, l'interdiction professionnelle qui touche Claudia victime des lois raciales a fortement contribué à cet exil.

Toute la pièce bruit sourdement de cette tension et l'on sent que ce travail très méticuleux et contradictoire sur une seule scène cache autre chose que la description de la méthode Jouvet. En s'accrochant à l'art, on oublie peut-être un peu l'Histoire en train de se faire ou plutôt de se défaire.

Petra Valentini, toute en énergie gracieuse, fournit une belle réplique à oni Servillo qui ne joue en rien les séducteurs et est tout à son travail. Son Jouvet est un pur chercheur de formes, un créateur à la recherche du jeu juste et dénué d'arrière-pensées. Il est convaincant et d'une sobriété sans faille, sans doute bien supérieure à celle de son modèle.

En passant d'une langue à l'autre, le texte n'a rien perdu de sa saveur et l'on en sort envoûté par l'acteur et par ce qu'il a fait justement comprendre de ce qu'être acteur veut dire.

 

Philippe Person         
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# 25 septembre 2022 : La culture n'est pas un luxe

8ème vague, confinement énergétique... rien de bien brillant pour le futur, heureusement il reste la curiosité et la culture. Gardons le cap et restons groupés. Voici le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella
et toujours :
"J'ai vécu les étoiles" de Andoni Iturrioz
"Ornette Under the Repetitive Skies 3" de Clément Janinet
"Alan Hovhaness : oeuvres pour piano" de François Mardirossian
"Live in Paris" de Fred Nardin Trio
"Show AC/DC" de Ladies Ballbreakers
"Luigi Concone" de Mavroudes Troullos & Rachel Talitman
quelques clips avec Moundrag, Ottis Coeur et Madam
"Souvenirs" de Pale Blue Eyes
"Life and life only" de The Heavy Heavy

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Harvey" au Théâtre du Rond-Point
"Les Producteurs" au Théâtre de Paris
"Bérénice" à La Scala
"Les Filles aux mains jaunes" au Théâtre Rive Gauche
"Il n'y a pas d'Ajar" aux Plateaux Sauvages
"Echo" aux Plateaux Sauvages
"Le syndrome d'Hercule" au Théâtre Essaion
les reprises :
"Cahier d'un retour au pays natal" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Le dépôt amoureux" au Théâtre Les Déchargeurs
"Darius" au Théâtre Essaion
"A la recherche du temps perdu" au Théâtre de la Contrescarpe
"L'Autre fille" au Théâtre des Mathurins
"Les Divalala - C'est LaLamour !" au Grand Point Virgule
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle : "L'Ombre de Goya" de José Luis Lopez-Linares
en streaming gratuit :
"Qui vive" de Marianne TArdieu
"Big Fish" de Tim Burton
"Marguerite" de Xavier Giannoli
"Chained" de Yaron Shani

Lecture avec :

"Les masques éphémères" de Donna Leon
"La guerre de cent ans" de Amable Sablon du Corail
"D'où vient l'amour" de Yann Queffélec
et toujours :
"Combattre en dictacture" de Jean Luc Leleu
"Hideo Kojima, aux frontières du jeu" de Erwan Desbois
"Le cartographe des absences" de Mia Couto
"Le coeur ne cède pas" de Grégoire Bouillier
"Le tumulte" de Sélim Nassib
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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