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Le roi des ruines  (Agorila)  octobre 2019

Des percussions, lentes, militaires, graves, "Entendu que la beauté a toujours raison, et qu’il nous faut en être un creuset, l’horreur a son potentiel, c’est le cri" ("La joie noire"). L’ouverture. Et quelle ouverture ! Mercenaire de la rime, Andoni Iturrioz puise ses mots dans la fange et ses rythmes dans les constellations pour ce troisième album Le roi des ruines.

"L’amour est la formule des cieux dans les louanges" ("Jérusalem")

Expérience de mort, de renaissance, la résilience, cette indéfinissable puissance que savent invoquer certaines âmes, au prix d’une douleur infinie. L’artiste pose ses mots sur des émotions, des sensations, sur les vides et les espaces, les incompréhensions et l’absurde. Il tisse des liens entre tout ce qui est en marge, l’insaisissable et le paradoxal, proposant une vision du monde de son regard à l’horizon perpétuel.

"Je vois des fleurs dans l’invisible, elles sont belles parce qu’elles nous manquent, j’ai des baisers indestructibles, dans ma mémoire au gout de menthe" ("Dans la rocaille").

Le roi des ruines pourrait être une interprétation intérieure d’états inconscients, l’album floute la frontière du conscient et de l’inconscient pour parler de l’humanité dans sa pleine nature, à poil et toute nue, de la fragilité de ses sources à la bassesse de ses contraires. Il n’y a pas à redire, Andoni a l’art de la formule.

"Mon amour est une fable, et ce fut un coup de foudre, et son cœur est de sable et le mien est en poudre, que de ruines romantiques, dans les limbes du temps, entêtement héroïque, des amours débutants, j’avance à pas de lune dans ma propre lumière, oh roi des infortunes, des ruines et des misères, à lancer sur le ciel, des mirages éprouvants, des messages torrentiels, et des charmes mouvants, je suis le roi des ruines." ("Le roi des ruines").

Chansons à textes, sarcasme à la pelle, rock à la pleine lune, l’artiste propose un intense voyage intérieur, le blues du bisphénol en prime. Andoni Itturioz pose de la musique sur les souffles, il fait remonter les remous des profondeurs. Aux rythmes de basses assourdies, les cordes insufflent de la vie dans les textes, véhiculent la voix de l’artiste, mi phrasée, mi chantée, de ce timbre mat et régulier, rassurant, vibrant comme une ligne de basse, un vertige.

"On s’évertue à donner un sens, on monte sur des échelles de cordes accrochées à nos propres épaules, on se contorsionne, on se grimpe sur le corps, on se gravit le sommet du crâne, croyant y trouver Dieu, à la fin de nos vies, dans le désert de nos calvities, on plante un drapeau ridicule : victoire" ("La fabuleuse histoire de Judas Iscariote").

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album L'insolitude de Andoni Iturrioz (Je rigole)

En savoir plus :
Le site officiel de Andoni Iturrioz
Le Bandcamp de Andoni Iturrioz
Le Soundcloud de Andoni Iturrioz
Le Facebook de Andoni Iturrioz


Nathalie Bachelerie         
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# 26 janvier 2020 : Les rois des galettes

En cette fin de période de galettes à tout va, on vous parle surtout de celles en vinyles avec de la bonne musique dessus mais pas que : théâtre, littérature, cinéma, expos sont aussi au programme. C'est parti.

Du côté de la musique :

"Pesson, Abrahamsen & Strasnoy : Piano concertos" de Alexandre Tharaud
"Paris Beyrouth" de Cyril Mokaiesh
"Water is wet" de Theo Hakola
"Musique de chambre" de Le Noiseur
"Les identités remarquables" de Tristen
Interview avec No One Is Innocent à Saint Lô
Theo Lawrence et Mr Bosseigne au Fil
"La légende de Nacilia" de Nacilia
"C'est quoi ton nom ?" de Blankass
"Il est où le bonheur" 9ème émission de Listen in Bed
"Swin, A Benny Godman story" de Pierre Génisson, BBC concert Orchestra et Keith Lockhart
et toujours :
"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Deux euros vingt" au Théâtre Rive Gauche
"Vive la Vie" au Théâtre Gaité-Montparnasse
"Mon Isménie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"La Paix dans le monde" à la Manufacture des Abbesses
"Un Tramway nommé Désir" au Théâtre La Scène Parisienne
"Trop de jaune" au Studio Hébertot
"Oh ! Maman" au Théâtre La Scène Parisienne
"Le fantôme d'Aziyadé" au Théâtre Le Lucernaire
"Le hasard merveilleux" au Théâtre de la Contrescarpe
"Attention les Apaches !" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Norma Djinn" au Théâtre Montmartre-Galabru
"Blond and Blond and Blond - Hømåj à la chønson française" au Café de la Danse
les reprises :
"Tanguy Pastureau" au Théâtre de la Renaissance
"Close"
"Elisabeth Buffet - Obsolescence programmée" au Théâtre du Marais
"Le comte de Monte-Cristo" au Théâtre Essaion
"L'Analphabète" à l'Artistic Théâtre
"La Diva divague" au Théâtre de Dix heures
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour "Kiki Smith à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

"Botero" de Don Millar
"Mission Yéti" de Pierre Gréco et Nancy Florence
et la chronique des films sortis en janvier

Lecture avec :

"Le ciel à bout portant" de Jorge Franco
"Le prix de la démocratie" de Julia Cagé
"Les champs de la Shoah" de Marie Moutier Bitan
"Les rues bleues" de Julien Thèves
"Trois jours d'amour et de colère" de Edward Docx
et toujours :
"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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