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Interview  (Paris)  2 décembre 2005

Tue-Loup, c'est quatre copains (Thierry Plouze à la guitare, Eric Doboka à la basse, Romain Allanot à la batterie et Xavier Plumas au chant) rejoints par Christian Dasfeld au piano. Dès la sortie de leur premier album La bancale en 1998, il connaît un beau succès.

10 ans après, les cinq amis ont conservé le plaisir de jouer ensemble et sortent Rachel au rocher qui est une belle réussite.

Petite rétrospective et tour d'hoizon avec notamment Xavier Plumas quelques heures avant leur concert à la Maroquinerie.

Tue-Loup, s'est fait un nom en 10 ans déjà.

Xavier Plumas : Cela fera 10 ans en 2006 que nous avons décidé de jouer ensemble. Notre premier disque autoproduit date de 1996 et le premier disque La bancale est sorti en 1997. Le premier n'est vendu que par courrier, internet ou sur nos concerts.

10 ans, 6 albums et semble-t-il 3 jalons : "La bancale", "Penya" et "Rachel au rocher".

Xavier Plumas : C'est vrai que "La belle inutile" a été faite dans la foulée de "La bancale" si ce n'est qu'il a été enregistré à Marrakech ce qui lui donne un son peu particulier, une aération que j'aime beaucoup. On peut les associer au niveau des compositions.

"Penya" est un tournant parce qu'il marque l'arrivée du piano et notre envie de sortir du schéma pop, chanson classique un peu formatée. Nous avions déjà commencé à étirer ce format mais cela s'est vraiment concrétisé avec l'arrivée du pianiste. Nous pouvions apporter des couleurs un peu jazz et plus de liberté à notre musique. "Tout nu" est un peu à part car c'est in album acoustique qu'on a fait à deux. Avec "Rachel au rocher" est une sorte de mélange de "La bancale" et de "Penya".

Nous avons intégré la position du piano ce qui n'était pas évident sur "Penya" et qui est maintenant assimilé. Et nous retrouvé la fraîcheur que nous avions sur "La bancale" dans le sens où nous avons voulu faire cet album très rapidement. Toutes les idées étaient les bienvenues et susceptibles d'être exploitées. Par le passé, sur les morceaux comme "City light" ou "Le martin pêcheur" nous aurions essayé de leur tordre le cou, de les rendre moins évidents, plus tordus. Or, là nous les avons laissé tels quels en nous faisant plaisir.

Quelles sont les difficultés que vous évoquiez avec l'arrivée du piano?

Xavier Plumas : Quand Ajax est arrivé avec son piano sur "Penya", la moitié des morceaux étaient achevés et donc ce n'était pas facile d'y intégrer le piano d'autant que notre musique est déjà assez dense au niveau sonore. C'était donc un essai et un défi comme sur "Torro" avec l'intro au piano. Aujourd'hui, cette questionne se pose plus.

Comment se passe la composition des morceaux au sein de Tue Loup?

Xavier Plumas : Nous sommes tous réunis dans le local de répèt et un de nous démarre un rythme et les autres se greffent dessus. La moitié des morceaux naissent de cette manière. Pour l'autre moitié, j'arrive avec une chanson qui donne parfois des morceaux très épurés et parfois constitue une simple idée qui va partir dans tous les sens.

Vous êtes toujours l'auteur des textes ?

Xavier Plumas : Oui. Soit j'arrive avec un texte soit je pars de la composition musicale quand elle a pris forme et puis après je mets des paroles à la guitare.

Vous avez du stock en matière de textes?

Xavier Plumas : Oui, j'ai toujours quelques textes d'avance car je sais que quand on a composé un morceau qui nous plaît tant qu'il n'y a pas de paroles, le morceau tourne un peu à vide. Quand je n'ai pas de textes, je chante en yaourt anglophone. C'était le cas pour le morceau "Elias". Et ensuite j'ai d'ailleurs eu du mal à y mettre des paroles en français. Et il est donc en anglais. Et le riff de guitare du début c'est quelque chose de très vieux avec quoi je vais chier tout le monde depuis longtemps.

Thierry Plouze : Maintenant ça y est, il est pondu.(Rires)

Vous parliez de couleur jazz et c'est le cas sur la moitié des morceaux de "Rachel au rocher". Cette couleur résulte-t-elle d'une évolution naturelle?

Thierry Plouze : Oui. Nous avions envie de jouer tous ensemble sans qu'il y ait forcément un chant dessus. Nous avons gardé les plages musicales.

Xavier Plumas : Ce qui nous plaît dans le jazz c'est la liberté qui n'existe pas vraiment dans le rock classique. Et puis, le pianiste et le bassiste sont issus du jazz. Donc ils apportent beaucoup de choses au plan harmonique qui vient du jazz. Ce qui ne veut pas dire que nous deviendrons un groupe de jazz mais l'esprit du jazz nous intéresse. Et puis plus le temps passe plus nous avons envie de jouer ensemble.

Curieusement moins on a de succès et plus nous sommes excités de jouer ensemble. Nous essayons de nous surprendre les uns les autres et de ne pas reproduire les mêmes schémas. C'est un plaisir renouvelé. J'espère que nous évoluerons encore. Pour le prochain album nous avons envie de faire de choses plus expérimentales. Mais sans idées préconçues.

Low ou Idaho sont des influences?

Xavier Plumas : Oui, et surtout Tortoise dont je suis un gros fan. Il est vrai que nous écoutons beaucoup de musique anglo-saxonne et plus américaine qu'anglaise. Le défi est de ne pas faire de copie mais d'avoir notre propre son. Nous ne cherchons pas à ressembler aux autres. Les influences se révèlent après les enregistrements. C'est vrai qu'à l'écoute des premières maquette de "Rachel", Eric et moi y trouvions des ressemblances avec Smog. Or, à ce moment-là nous écoutions tous deux beaucoup Smog. Probablement, y a-t-il des influences au niveau de certaines rythmiques mais elle son été digérées et nous les assumons.

Tue-Loup a une identité musicale très forte.

Xavier Plumas : Oui. Cela existe depuis le début du groupe. Il faut dire que nous avons enregistré notre premier album autoproduit très vite, de manière très roots, en 2 jours, non seulement parce que nous n'avions pas de moyens financiers mais aussi parce que 3 mois après s'être rencontrés nous avions déjà conscience du son qui se dégageait de nos compositions et qui avait du sens. Ce qui fait que nous sommes identifiables très rapidement quand nous jouons ensemble. Ce qui est intéressant c'est d'apporter des nuances dans la pesanteur de notre son et de le faire évoluer.

Il y a un travail pour conserver ce son?

Xavier Plumas : Non. Chacun joue comme il en a envie. Je sais que ce qui fait notre particularité est une assise rythmique qui est "posée". Romain, le batteur ne tape mais il a une densité de jeu, une sorte d'inertie, qui fait que l'on n'a pas grand chose à rajouter. Ce qui permet une grande liberté harmonique. Le tout est d'arriver à une cohérence d'ensemble.

Tue-Loup, groupe français, semble un peu à part de la scène dite française.

Xavier Plumas : C'est important pour nous de chanter en français qui est la seule langue dans laquelle je peux vraiment m'exprimer. Nous ne sommes pas intégrés dans la scène française dans laquelle, je vais passer pour un sale con, il n'y a pas de choses intéressantes au niveau des textes chantés en français. En gros, j'adore Fred Poulet et Renaud Papillon Pavarel quand il écrit . Et Murat par fidélité. Mais la nouvelle scène française m'emmerde !

Vous avez d'autres projets parallèles?

Xavier Plumas : J'ai sorti un album il y a 3 mois " Les anges à la sieste" qui s'appelait Fulbert, un projet parallèle avec Cyril Bilbeaud , le batteur de Sloy, et François Chevallier qui est un copain qui co-régisseur d'une compagnie de danse et le metteur en scène de théâtre. La chanteuse est la chorégraphe Marie Lenfant. Je l'ai fait parce que j'avais des textes d'avance et que Tue-Loup qui ne nous occupe plus à 100%.

Tue-Loup marche moins bien qu'avant ?

Xavier Plumas : Oui, nettement. Nous vendons de moins en moins d'albums. Et depuis 2 ans, le nombre de concerts diminue également. L'année dernière nous avons fait une dizaine de dates. Notre ancien label Le Village vert a refusé l'album "Rachel" au motif qu'il n'y avait pas assez de singles. Nous ne voulions pas retourner en studio et nous sommes partis. Retrouver un autre label prend du temps. Maintenant nous sommes chez Naive qui a un catalogue très ouvert.

Nous avons même un autre album de composé prêt à être enregistré dans lequel nous voulons accentuer le côté cuivré. Et puis j'ai un projet d'album avec le slameur Rome Liteau qui aura chant libre. L'album s'appellera "Le goût du bonbon" mais nous n'avons pas encore le nom du groupe. Nous attendons les batteries de Thomas Belhom. Nous proposerons cet album au label T-REC créé par Cyril Bilbeaud et dont nous sommes associés. Ce label est en licence avec Naïve. Donc les projets parallèles leur sont proposés en premier.

"La bancale" est un endroit de chez vous?

Xavier Plumas : Non. C'est "La belle inutile" est un endroit de chez nous. "La Bancale" est un nom inventé à l'occasion d'un court métrage, tourné avec notre ancien bassiste, qui se terminait sur une image glauque d'une fille qui se balançait sur un vieux rocking chair dans un champ avec une poupée dans les bras.

Mettre en musique des images fait partie de vos projets?

Xavier Plumas : Je fais des musiques de théâtre avec François Charpentier. Mais jamais de cinéma. Nous aimerions bien si l'occasion se présente. Il faudrait que Claire Denis nous contacte (rires). Avec Cyril Bilbeaud et François Chevallier nous avons composé de la musique pour un solo de danse. Nous avons même joué en direct pendant la danse à plusieurs reprises.

Et vos musiques sont-elles été utilisées à cette fin?

Xavier Plumas : Une fois le morceau "Kaj Maj" a été utilisé dans le film de Didier Le Pêcheur "J'aimerais pas crever un dimanche".

Quel album donneriez-vous à un ami que vous ne reverriez plus jamais?

Xavier Plumas : "Laughing stock" de Talk Talk, album inusable, que j'écoute au moins une fois par mois. C'est ce vers quoi j'aimerai aller mais ce n'est pas la façon de travailler au sein de Tue-Loup. Je le fais un peu avec François Charpentier. Et l'album acoustique de Mark Hollis. Thierry n'écoute pas beaucoup de musique.

Thierry Plouze : J'écoute surtout de la musique en voiture.

Xavier Plumas : Alors tu donnes ta voiture ! (rires).

 

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# 8 décembre 2019 : Et si Noël n'avait pas lieu ?

Grève générale, transports bloqués, morosité ambiante, réchauffement climatique... Et si cette année Noël n'avait pas lieu ? Quoi qu'il en soit vous aurez largement de quoi vous réjouir avec notre proposition de découvertes culturelles hebdomadaires dès maintenant. Par ailleurs, suivez notre facebook pour gagner des places pour le concert de She Owl.

Du côté de la musique :

"The undivided five" de A Winged Victory for the Sullen
Rencontre avec Lofofora autour de leur album "Vanités"
"Fly fly" de Céline Bonacina
"Romantic sketches" de Fred Perreard Trio
"Not married anymore" de Hasse Poulsen
"Enfer et paradis" de Les Nus
"Une certaine urgence", émission #6 de notre podcast Listen In Bed
"De temps et de vents" de Bodh'aktan
"Building site" de Mata Hari
"Gréty : Raoul Barbe Bleue" de Orkester Nord, Martin Wahlberg
et toujours :
"D'où vient le nord" de Francoeur
"Other side effects" de Lion Says
"Black Cofvefe" 5eme volume des mixes en podcast de Listen in Bed
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"Paganini, Schubert" de Vilde Frang & Michail Lifits
"I don't want to play the victim, But i'm really good at it" de Love Fame Tragedy
"Little ghost" de Moonchild
"Los Angeles" de Octave Noire
"A blemish in the great light" de Half Moon Run
"Older" de Quintana Dead Blues eXperience
"C'est pas des manières" de The Glossy Sisters
"Zimmer" de Zimmer

Au théâtre :

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