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Théâtre du Gymnase  (Paris)  mars 2020

Monologue dramatique de Alma Brami interprété par Dédeine Volk-Leonovitch dans une mise en scène de Dimitri Rataud.

Romancière, dramaturge et comédienne, Alma Brami a écrit récit monologal intitulé "Mardi c'est le jour du poulet" qui, porté à la scène sous le titre "L'Ombre", s'attache à décrire, et dénoncer, l'oppression insidieuse qui altère la vie d'une femme au point de constituer un meurtre psychique.

Elle a choisi une situation qui n'est pas celle de la violence conjugale avec ses manifestations patentes de sévices physiques sur une femme assujettie à un pervers narcissique mais celle de la soumission à un amour aveugle et aux préceptes de la suprématie de l'homme et de l'inféodation maritale inculqués de manière séculaire au point de s'inscrire dans l'ADN féminin.

Ainsi, une cinquantenaire encore jolie, coquette et apparemment pleine de joie de vivre, comme surprise par la présence des spectateurs, commente son activité du moment, la préparation du repas du mardi érigé en rituel pour lequel, depuis des lustres, plus de trente années de mariage, le plat principal consiste en un poulet farci. Entre soliloques et confidences au public, elle raconte sa vie de femme, une femme au foyer dans toutes les splendeurs et misères de la condition féminine dans une société patriarcale.

Ainsi que de la servitude volontaire et de son abnégation résultant de l'amour qu'elle porte un homme sans qualités et autocentré, pour lequel il est probable que le mariage consistait en une échappatoire au destin de "vieux garçon" et l'acquisition d'une servante taillable et corvéable à bon compte qui l'ont réduite à devenir une ombre, et l'ombre d'elle-même.

Qu'elle portait car le temps a fait son oeuvre en laminant le sentiment à l'épreuve d'une quotidienneté aliénante. Et le récit de cette femme seule qui n'est pas sans évoquer, dans une autre déclinaison celle d'un des "Récits de femmes" de Dario Fo et Francesca Rame sur la féminitude dans l’Italie des années 70.

Alma Brami signe un bel et sensible opus sur la contrainte et la libération, entre autres de la parole, ne versant ni dans le pathos compassionnel ni dans la profération féministe et qui opère une subtile, et presque paradoxale, hybridation entre le plaidoyer au nom de l'amour et le réquisitoire au nom de l'intégrité du soi.

Il se se déploie sur scène dans une scénographie minimaliste mais néanmoins édifiante de Esthel Eghnart, avec l'élément d'électro-ménager symbole de la femme domestique, et de la manière de retenir les petits maris (sic), une cuisinière, avec des pommes de terre enfournées avant le fameux poulet qui se fait attendre, et pour cause, tout comme le mari.

Cet édifiant biodrame au dénouement paradoxalement bouleversant et burlesque est magnifiquement porté par la justesse dramatique de Dédeine Volk-Leinovitch, magnifique comédienne sans doute davantage, et judicieusement, accompagnée que dirigée par Dimitri Rataud.

Avec la sobre gestion de la dramaturgie du corps et de sa voix aux modulations juvénile, Dédeine Volk-Leinovitch dispense une remarquable prestation incarnée sur l'effet autodestructeur du plus beau des sentiments qui saisit l'auditoire.

 

MM         
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# 29 mars 2020 : On continue à s'égayer le cerveau

On attaque la troisième semaine de confinement. On ne va pas baisser les bras, et nous vous proposons encore un joli contenu histoire de s'oxygéner le cerveau comme on peut. C'est parti.

Du côté de la musique :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds
et toujours :
"La course" de Bon Voyage Organisation
"Où ça en est ?" de Ceylon
"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
"Atomised single" de Gogo penguin
"Onkalo" de Julie Campiche Quartet
"Single carry me home" de Kokoroko
"The pain, the blood and the sword" de Lion's Law
"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
une comédie contemporaine avec la captation de la création originelle de "Art"
du boulevard avec :
le streaming de "Fleur de cactus"
le streaming de "Jo"
un classique revisité avec
la captation
de "Peer Gynt"
une évocation de l'univers de Lewis Caroll avec la captation de "Lewis versus Alice"
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" :
"Peau de vache"
avec Sophie Desmarets
et "La Puce à l'oreille" avec Louis de Funès
une gourmandise pour fan addict avec Fabrice Luchini en vidéo dans "Le point sur Robert"
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Paradoxe amoureux"
"Dieu habite Dusseldorf"
"ABC D'airs"

Expositions :

en toute tranquilité mais musicales avec sur le Musée de la Sacem :
"L'Opérette" de son Age d'or à la Belle Epoque au regain d'engouement avec sa réactivation par des compagnies contemporaines tels "Azor" et "La Grande duchesse de Gerolstein"
et celle dédiée à son roi "Jacques Offenbach"
au Musée de la Monnaie de Paris :
la visite virtuelle des collections permanentes et la visite de sa dernière exposition en date "Kiki Smith"
et passer les frontières avec la visite virtuelle des collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

Ciné-Club at home avec :
"Blue Velvet" de David Lynch
"Casanova" de Federico Fellini
"Les 39 marches" d'Alfred Hitchock
le téléfilm "Paris Best" de Philippe Lioret
et des films récents sortis en DVD :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"Alice et le maire" de Nicolas Pariser
"Noura" de Hinde Boujemaa

Lecture avec :

"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot
et toujours :
"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
"L'archipel des larmes" de Camilla Grebe
"Riposte" de David Albertyn
"Temps noirs" de Thomas Mullen
"Toute la violence des hommes" de Paul Colize
"Une île sur la Volga" de Iwan Lépingle

Froggeek's Delight :

"Shadow, le cloud computing", retour d'expérience de l'utisation d'un PC dans les nuages
Une sélection de jeux pour moins vous ennuyer pendant le confinement et plus tard
"Call of Cthulhu" sur Switch, PS4, Xbox One et PC
"Call of Duty Modern warfare" sur PS4, XboxOne, PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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