Depuis la superbe exposition rétrospective "Yves Klein : Corps, couleur, immatériel" que lui a consacré le Centre Pompidou en 2006-2007, le peintre, sculpteur et performeur Yves Klein est sorti des radars muséaux.
Aussi la proposition numérique présentée à l'Atelier des Lumières sous le titre "Yves Klein, l'infini du bleu" constitue une bienvenue initiative.
Victime d'une crise cardiaque en 1962 qui l'emporte à 34 ans, Yves Klein est un artiste météore qui a traversé les années 1950, initié une révolution bleue avec la création de la couleur bleu outremer "IKB» (International Klein Blue) qui inonde ses "Monochromes" et tenté de forger les clés d'un voyage cosmique dont l'artiste est le médium. Yves Klein au-delà du bleu
Un voyage au-delà du bleu jusqu'au concept d'oeuvre immatérielle, une oeuvre invisible dans le monde visible, illustré en 1958 par son exposition intitulée "La spécialisation de la sensibilité à l'état de matière première en sensibilité picturale stabilisée" sous-titrée "Le Vide".
Du monde de la couleur pure à l'immatériel, le voyage cosmique auquel invite l'artiste de déploie en six séquences tourbillonnantes soutenues par une judicieuse - et sublimante - bande-son de la musique baroque de Vivaldi avec un psaume chanté par le contre ténor Andreas Scholl et de Mozart avec un extrait de son "Dies irae" à la musique contemporaine minimaliste de Steve Reich en passant par le post-rock de Silver Mount Zion et à l'ambient rock de Brian Eno et l'electro de Thylacine. Réalisée par le studio de création Cutback à partir d'images d'archives et d'une sélection de 90 oeuvres significatives grâce la collaboration des Archives Yves Klein, cette exposition numérique se déploie bien évidemment en immersion bleue.
Usant du zoom, du fondu-enchainé et du morphing, elle révèle un parcours artistique ayant pour devise "Pour la couleur, contre la ligne et le dessin !" qui se se décline en une trichromie symbolique et magique : le bleu, couleur spirituelle, l'or pour la transmutation ("Monogolds"), et le rose de la chair incarnée ("Monopinks").
Et ses "Anthropométries", réalisées par l'empreinte de corps recouverts de peinture, substitut performatif du pinceau, envahissent l'espace en étrange ballet onirique qui correspond à l’obsession de la lévitation d’Yves Klein.
Une belle invitation non seulement à la méditation mais à se replonger dans l'Histoire de l'Art contemporain et traquer les galeries détenant des oeuvres de Yves Klein.
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