Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce L'obscur
Philippe Testa  (Editions Hélice Hélas)  avril 2020

Voilà un ouvrage plutôt troublant que j’ai eu a chance de me procurer, édité chez un éditeur suisse et écrit par un auteur suisse que je découvre. Philippe Testa est né à Sion et poursuit un travail d’écriture dont l’axe central est l’exploration des désenchantements contemporains. Avec L’obscur, son dernier ouvrage, l’auteur a fait le choix de s’écarter du présent pour mieux le transposer et l’accentuer dans une anticipation dystopique.

L’obscur, c’est l’histoire d’un monde en pleine ébullition. L’obscur, c’est aussi une Europe plongée de plus en plus souvent dans le noir, du fait de pannes d’électricité de plus en plus fréquentes, alarmant les populations. Privés pendant quelques heures de la lumière et des commodités technologiques, les humains ont tendance à s'enfoncer dans une lente détresse. Alors que les derniers fusibles de l'ordre social vacillent, l’obscurité gagne du terrain et révèle par contraste ce qu’une société de la compétition cannibale produit de plus saillant.

Passées les premières pages qui m’ont beaucoup dérouté (notamment du fait de l’utilisation de néologismes et d’anglicismes), le narrateur nous dévoile l’état d’un monde dans une période future et lointaine qui, au final, s’avère n’être pas si loin de l’actuelle. Le narrateur nous décrit une société ultralibérale qui s’est imposée avec un monde du travail qui fonctionne autour de néologisme et d’anglicisme.

Les riches et ultrariches dominent le monde, laissant au reste de la société les miettes de leur enrichissement. Ces derniers n’ont d’espoir que dans la révolte pour contrer cette hiérarchie marquée par des profondes inégalités. La contestation monte, prenant des formes parfois et de plus en plus radicales.

A cela, s’ajoutent des coupures d’électricité, d’abord brèves et ponctuelles, puis de plus en plus fréquentes mais aussi des pénuries de ressources agricoles, des licenciements de masse du jour au lendemain et des sociétés qui supportent leur misère en prenant de plus en plus de médicaments. Les séniors les plus riches partent s’expatrier hors d’Europe vers des résidences sécurisées dans les pays pauvres, c’est le cas des parents du narrateur partis au Kenya.

On suit en parallèle l’histoire du narrateur et celle du monde et de la société qui l’entoure. Marvel vit à Lausanne, passe ses journées de repos au bord du lac Leman. Mathématicien confirmé, il est atteint d’un trouble du spectre autistique. Marvel ne trouve sa place nulle part, son travail l’intéresse peu et sa relation aux autres se limite à son copain Moro depuis que sa compagne Pia l’a quitté. Solitaire, il dévoile une analyse distanciée sur le monde dans lequel il vit et la situation de chaos qui se met en place. Inadapté à cette société, c’est grâce à cette inadaptation qu’il va devoir son salut.

Ce qui est assez troublant dans la lecture de cet ouvrage vient du fait que le monde qui y est décrit ressemble beaucoup à celui dans lequel on baigne, même s’il dévoile une situation aggravée par rapport à la nôtre. On imagine que notre société pourrait très rapidement dévier vers celle que nous présente l’ouvrage, ce qui paraît extrêmement dérangeant.

Je ne suis pas sûr que la lecture de ce livre et son histoire étaient la lecture idéale pendant ce temps de confinement tant il peut y renvoyer. Elle s’avère maintenant être plutôt adaptée au déconfinement tant elle pourrait nous faire réfléchir à la société que nous voulons mais surtout celle que nous ne voulons plus, en espérant que nos pouvoirs politiques sauront y réfléchir et analyser cette situation inédite que nous avons vécue.

 

Jean-Louis Zuccolini         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

Froggeek's Delight :

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=