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Théâtre 13/Seine  (Paris)  septembre 2020

Création collective de théâtre dansé sous la direction de Noémie de Lattre à la mise en scène et Martine Harmel à la chorégraphie, avec Fatima Aïbout, Christine Anglio, Nassima Benchicou, Jihane Benlahcen, Noémie Caillault, Stéphanie Caillol, Sandra Colombo, Hélène Degy, Marie Delmarès, Chantal Dervieux, Peggy Dias, Elisabeth Drulhe, Isabelle Florido, Fanny Fourquez, Martine Harmel, Tadrina Hocking, Noémie de Lattre, Judith Margolin, Élodie Milo, Inès Pech, Léa Pheulpin, Eve Reinquin, Emmanuelle Rivière et Giorgia Sinicorni.

La claque plutôt que le discours. Le collectif versus l’individuel. Le nu contre les chaînes. Le brouhaha constructif plutôt que les tergiversations feutrées sans fin.

Il y a un peu de tout ça dans cette première version du spectacle "Sabbat", présentée au Théâtre 13 ce vendredi 18 septembre dans le cadre des "Sorties de résidence" (représentations gratuites, l’après-midi, permettant de se faire une idée du "work-in-progress" d’oeuvres à venir).

Noémie De Lattre et sa complice Martine Harmel ont livré, avec une vingtaine de comédiennes, un avant-goût en quelques scènes et tableaux de cette création plurielle, "sous la direction de" plutôt que "écrite par", où chacune des participantes a été force de proposition.

Soit 22 femmes - ce jour-là il n’y en avait que 17, agendas respectifs oblige - aux âges et physiques différents, réparties sur un plateau à cases. Des cases comme des étiquettes ou des clichés (la bimbo, la femme voilée, la femme-enfant, etc.), images d’Epinal dont il va falloir s’extraire avec force. Et des costumes comme autant d’entraves, dont il va falloir se débarrasser.

Chacune d’entre elles va évoluer d’abord individuellement au sein de l’espace ainsi délimité. Impression d’une armée en marche mais prise de parole éclatée, chaque comédienne évoluant dans son petit univers clos. La mise en scène parvient à focaliser notre attention, tour à tour, sur chacune de ces femmes, sans jamais perdre de vue l’effet de masse.

Le texte est d’abord un agrégat de statistiques et lieux communs journalistiques (sur les inégalités, le viol, la maternité). Puis des cris se font entendre, des encouragements réciproques : prise de parole de plus en plus décomplexée à mesure qu’elles se libèrent, chacune à sa façon, des entraves du costume et des clichés. Peu à peu, la troupe d’individualités se change en groupe, voire en meute.

Les tableaux suivants osent la nudité comme une revendication - ou non : belles interventions de ces femmes, minoritaires, qui trouvent que le refus de la nudité, fût-elle à visée politique, est aussi une forme de liberté. Les corps se mêlent de plus en plus, le groupe se resserre.

Les individualités ainsi agrégées sont autant de facettes d’une même galaxie : le féminin, qui ne s’oppose pas nommément au masculin mais à une oppression plus générale, systémique. Le proverbial "sexe faible" qui, en groupe, lutterait d’autant mieux contre la force patriarcale. La force herculéenne (et non moins plébéienne) à mettre en branle pour vaincre ensemble.

Dans sa note d’intention, élargissant son propos de la femme à d’autres minorités "non conformes" ("les Noir.e.s, les juifs et les juives, les personnes LGBTQI, les personnes porteuses de handicap ou toute autre forme de différence, les pas sages, les pas minces, les marginales et les marginaux... LES AUTRES"), Noémie De Lattre - qui fait également, en solo, dans le one-woman show comico-politique - évoque un peu Coluche (l’appel à la présidentielle), beaucoup Virginie Despentes (notamment sa préface à l’essai punko-féministe "King-Kong Théorie").

De fait, ce spectacle (du moins ce que nous en avons déjà vu) a plus à voir avec l’agit-prop seventies ou, plus proche de nous, le coup d’éclat à la Femen, qu’un colloque à réflexion structurée. C’est la force de cette proposition, plus visuelle et sonore que théorique. Les comédiennes ne ménagent pas leur peine et donnent l’impression d’un épanouissement progressif. C’est contagieux, roboratif. Vivifiant. Et l’on se sent plus que jamais solidaire de "la cause " en sortant.

Si l’on devrait émettre un bémol, cependant : manquent à ce panorama des féminités les "intersectionnelles" qui font aujourd’hui couler beaucoup d’encre. Ces fameuses féministes "racisées", "indigènes", qui donnent du fil à retordre aux mouvements politiques se renvoyant la patate chaude entre réaction et "islamo-gauchisme", sans savoir où les ranger.

Il y a bien dans la troupe une femme voilée, une ou deux tignasses crépues… mais c’est à peu près tout. Trop peu de négritude, de canons non-occidentaux. Aucune difformité non plus. Noémie De Lattre, en tant qu’actrice et partie prenante au groupe, a beau maltraiter sa chair dans un costume aux multiples lacets (pas "bondage", mais presque), elle finit par crever l’armure et exhiber une poitrine… belle, généreuse, admirable.

Hormis une comédienne maghrébine aux formes plantureuses (l’ex-femme voilée justement), pas de physique "hors norme". Peu de flasque, presque rien qui tombe. Réserve de principe, qui n’atténue en rien la vigueur et la fraîcheur de ce bout de spectacle dévoilé. Mais qui montre que la "convergence des luttes" a, dans le féminisme comme dans tous les mouvements politico-sociétaux, toujours du mal à se faire.

(NB : Le spectacle sera programmé, à partir du 21 octobre 2020 jusqu'à fin mars 2021, tous les mercredis au Consulat, lieu éphémère artistique).

 

Nicolas Brulebois         
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# 21 février 2021 : et le chiffre du jour est 21

21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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