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Artistic Théâtre  (Paris)  octobre 2020

Comédie d'après l'oeuvre éponyme de Shakespeare, adaptation et mise en scène de Frédérique Lazarini, avec Sarah Biasini (en alternance Delphine Depardieu, Cédric Colas, Pierre Einaudi, Maxime Lombard et Guillaume Veyre.

C'est aux accents du "mambo italiano" que Frédérique Lazarini a décidé d’accommoder al dente une des premières comédies du jeune William Shakespeare, "La Mégère apprivoisée".

Traditionnellement, la tumultueuse histoire d'amour entre Catarina et de Petruchio est l'occasion d'un affrontement mémorable entre deux acteurs qui ne lésinent pas sur les cris, les hurlements et les scènes de ménage. On se souvient de la version télé où Bernard Noël "dressait" Rosy Varte, de la version ciné où Franco Zeffirelli donnait l'occasion à Richard Burton et à Elisabeth Taylor de ne plus savoir où commençait le théâtre et où finissait la vie.

En situant l'action dans une salle de cinéma avec écran prêt à diffuser une bande-annonce de péplum ou une pub pour une gelati, Frédérique Lazarini rapproche Shakespeare et De Filippo et prend prétexte, pour cela, que Baptista, le père de Catarina, est de Padoue pour donner à la comédie élisabéthaine de forts airs transalpins.

Comment Baptista (Maxime Lombard) réussira-t-il à marier sa belle et acariâtre aînée Catarina (Delphine Depardieu ou Sarah Biasini) ? Comment Lucentio (Pierre Einaudi) aidé de son valet Tranio (Guillaume Veyre), parviendra-t-il à épouser Bianca, la douce sœur de Catarina en trouvant un mari à celle-ci, en l’occurrence en la personne de Petruchio (Cédric Colas), un seigneur de Vérone ignorant le caractère venimeux de la donzelle ?

Il faudra à peine une heure et demie endiablée et constamment drôle pour que ces questions soient résolues et pour que tout soit bien et finisse à peu près bien.

On peut féliciter le travail de Frédérique Lazarini qui rend légère une pièce en cinq actes de Bill Shakespeare. Pour une fois, l'utilisation de la vidéo sous forme d'écran dans la petite salle municipale aux murs et aux bancs blancs joliment imaginée par François Cabanat a sa raison d'être.

On y verra des scènes comme celle du mariage et des personnages qui ne descendront pas de l'écran mais communiqueront avec ceux qui sont sur le plateau. Ainsi les amours de Lucentio et de Bianca seront l'occasion d'un astucieux champ/contrechamp entre l'écran et la salle.

Outre le temps gagné, cet écran permet de voir des personnages off, sans avoir besoin de leur présence. Il faut dire que cette partie filmée a été confiée à Bernard Malaterre, un "authentique » cinéaste aguerri qui dirige vraiment Charlotte Durand-Raucher (Bianca), ses prétendants (Hugo Petitier et Jules Dalmas) et le prêtre marieur (Didier Lesour).

Les stratagèmes, pas très "meeto" et un tantinet machistes pour "apprivoiser" la belle font toujours rire, surtout avec Cédric Colas, magistral en Petruchio. Sa belle partenaire, Delphine Depardieu, est aussi à l'aise en panthère furieuse qu'en cœur d’artichaut fondant.

On n'a jamais l'impression que la pièce a été écrite en 1594 et toutes les allusions à l'Italie de "Vacances Romaines ou de Sophia Loren ne la figent pas non plus en 1955.

D'autant que Frédérique Lazarini a trouvé une chute astucieuse, et l'aide anachronique de la très féministe Virginia Woolf, pour ne pas finir sur les conseils hallucinants que Shakespeare, en guise de morale, donnait (hélas fort sérieusement) aux "seigneurs et maîtres" masculins pour rendre obéissantes et soumises leurs "moitiés".

Ce final le confirme : cette version à la fois décontractée et subtile de "La Mégère apprivoisée" est un régal.

 

Philippe Person         
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