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Théâtre 14  (Paris)  janvier 2021

Monologue dramatique de Rainald Goetz interprété par Antoine Mathieu dans une mise en scène de Alain Françon.

Pas facile de parler de "Kolik" de Rainald Goetz. Ce solo intimiste où un homme fait le point sur lui-même n'est ni dans l'humour existentiel d'un Beckett, ni dans l'outrance narcissique d'un Thomas Bernhard.

Dans cette troisième partie d'un triptyque commencé en 1986 avec "Guerre" et poursuivi en 2004 avec "Katarakt", le spectateur n'est que témoin du monologue de Goetz, qui ne s'adresse jamais à lui ni directement ni indirectement.

Que témoin, mais un témoin acceptant d'octroyer une attention extrême à celui qu'il écoute. Ici, un homme parle, expose ses pensées sur l'humain, échafaude une théorie simple par ajouts successifs, complémentaires et parfois contradictoires.

Quasi découvreur de Goetz en France, en montant "Katarakt" avec Jean-Paul Roussillon à la Colline en 2004, Alain Françon est à l'aise avec cet auteur au point qui le rend accessible à un spectateur qui n'a pas le temps de tout saisir de ce jaillissement de mots simples qui forment pourtant au final une vraie pensée complexe.

Dans sa mise en scène de "Kolik", Alain Françon reprend les éléments minimalistes qui lui servaient déjà dans "Katarakt" : une chaise sur laquelle est assis l'homme qui se raconte, un écran vidéo sur lequel seront chapitrées les interventions d'Antoine Mathieu, parfait véhicule des mots de Goetz, parfait interprète des volontés de Françon.

Tout paraît clair par l'entremise d'un acteur dont la voix enchante le texte jusqu'à le rendre plus poétique que philosophique. On est emporté pendant plus d'une heure dans cette œuvre que l'on découvre et qu'il serait préférable peut-être d'avoir lu avant de la voir.

Mais le contraire aussi s'impose : fort de la prestation d'Antoine Mathieu aussi délicatement qu'astucieusement disposé sur scène par Alain Françon, on n'aura pas qu'une hâte : lire la pièce de Rainald Goetz, entré dans son univers riche en formes diverses. "Kolik" est sans doute la voie d'entrée rêvée, il ne faut pas s'en priver.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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