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Muses  (Modulor)  février 2021

Le goût de l’infini vu d’en haut, l’album de Karen Lano est une harmonie musicale entre réel et imaginaire : il s’appelle Muses et il inspire.

Il y a l’été qui s’éteint dans ces notes et les regrets qu’on imprime à l’orée de nos cils dans ses textes, Karen Lano est la muse de nos émois incandescents. Elle chante l’amour naissant et la passion muette, celle qui naît dans l’étincelle d’un regard et grandit la nuit avant de mourir au petit matin. Cette petite mort, ce sont les échos des notes, cette manière qu’ont les vibrations de s’étendre à l’infini jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un imperceptible murmure ("Ophélie"). Il faut dire que l’album a été enregistré sous les voûtes de l’église de Graveron-Sémerville, ça aide l’écho. Echo. Echo. Et ça colle parfaitement à l’ensemble. Ensemble. Ensemble.

Ensorcelant, Muses frôle le mystique avec ses silences prononcés, poussant les sons à ce qu’ils ont de plus essentiel : leurs vibrations. Il y a de la poésie dans ces pistes comme des forêts dans les grandes étendues, des vertiges et des sourires intérieurs.

Et ces cordes, entraînantes comme une danse démoniaque autour d’un feu, une marche militaire, un embrasement funeste, une élégie sensible qui accompagne les rêveries et les voyages en solitaire vers la fragile promesse d’une aurore lumineuse.

L’album de Karen Lano s’écoute au coin du feu, avec des souvenirs de cavalcades dans les ongles, des étreintes défendues et des embrassades non protocolaires dans les membres. Muses raconte des histoires de sorcières dans la bergerie et d’arbres qui parlent, des petits cailloux bien alignés et des haricots qui montent dans les nuages… Même pas peur. Pas peur pas peur pas peur. C’est pas moi c’est l’écho. Echo. Echo.

Ah j’ai failli oublier, il y a des belles guitares et des percussions qui font bim bam et il y a les mecs de Facteurs chevaux qui réalisent, des rimes en use et des rimes en ange, ça fait comme une incantation dans cette zone, et puis plus rien, et ça chuchote et ça grandit, et ça fait sourire puis sauter dans les flaques.

Tourner sur soi-même, bras écartés, yeux fermés, tourner encore et encore, sentir la pluie sur son visage, ouvrir les yeux et ne plus savoir où le haut du bas, s’écrouler et rire de cette ivresse sans repères. Karen Lano est insouciance et incandescence, elle est la flamme et la cendre, elle raconte et dessine, l’embrasement et la délicatesse. Captivant. Et un peu espiègle. Est-ce piègle. Est-ce piègle.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album eponyme de Karen Lano
Karen Lano en concert à Atelier Le 1000 (samedi 28 mars 2015 )
Karen Lano en concert à L'International (dimanche 3 avril 2016)
Karen Lano en concert à Trois Baudets (mardi 6 mars 2018)

En savoir plus :
Le site officiel de Karen Lano
Le Bandcamp de Karen Lano
Le Soundcloud de Karen Lano
Le Facebook de Karen Lano


Nathalie Bachelerie         
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# 7 mars 2021 : Mars et ca repart... peut être

Pas de nouvelles très réjouissantes du côté de la culture en ce mois de mars, veille de printemps. Rien sur les salles de spectacles, les musées et les cinémas de rares évocations de la réouverture des restaurants à midi "quand on pourra". Bref, pas de quoi se réjouir. Voici en tout cas notre sélection culturelle pour tenir le coup en attendant.
on commence par le replay de la MAG #22

Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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