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puce Le courage de ma mère
Théâtre de la Reine Blanche  (Paris)  février 2021

Monologue dramatique de George Tabori interprété par Roland Timsit dans une mis en scène de David Ajchenbaum.

George Tabori est un auteur prolifique. Il a été scénariste à Hollywood, romancier, dramaturge. En 1979, il décide de raconter comment sa mère a échappé à la déportation, alors que son père périra dans les camps nazis.

Dans "Le courage de ma mère", la seule chose qui paraît exact est ce point de départ : sa mère a survécu à la guerre. Le reste, c'est peut-être de la littérature, une "belle histoire" qui cache ce que l'Histoire a de plus affreux.

Ce que va raconter l'auteur lui-même est tellement incroyable qu'on va pouvoir en déduire la banalité de la réalité. Celle de gens raflés, embarqués dans des bus vers des trains en direction de la mort et sans possibilité rocambolesque de s'en sorti comme la mère de l'auteur. Pour fixer ce récit définitivement, rendre vrai l'invraisemblable, Tabori va enregistrer sa version et sa mère la corriger.

Dans son adaptation, David Ajchenbaum a enfermé l'auteur hongrois dans un studio d'enregistrement, avec des micros, des magnétos, des pédales loop placés à divers endroits de la scène. Roland Timsit, qui joue un Tabori à la fois admiratif de sa mère et toujours étonné, amusé par cette inconscience qui lui a sans doute sauvé la vie, va et vient sur le plateau, d'un instrument à un autre et déploie beaucoup d'énergie pour rendre crédible cette auto-fiction maternelle.

Mais l'acteur-auteur n'est pas seul sur scène. Il porte en lui la voix de sa mère qui vient le corriger et l'encourager. Voix intérieure la plupart du temps, voix captée sur une bande magnétique parfois et interprétée par Marion Loran. Dit-elle enfin, post mortem, la vérité ou participe-t-elle à la légende que lui édifie son fils ?

Bouillant d'émotion, le spectacle mis en en scène par David Ajchenbaum joue avec le devoir de mémoire pour que le mot "devoir" ne soit pas pris dans le sens de "pensum" ni de "d'obligation". S'il y a dette due, c'est une dette d'amour, viscérale, inscrite dans la chair de l'auteur... Et puis, il y a, en filigrane, tous les autres fils, toutes les autres mères, qui n'ont pas eu la chance d'être racontées par leurs fils.

Parti d'un récit extraordinaire, quasi fantaisiste, George Tabori réussit la prouesse de toucher tous et toutes. Il est parfaitement servi par Roland Timsit et David Ajchenbaum.

 

Philippe Person         
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# 11 avril 2021 : Culture en résistance

Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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