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Chuck Wendig  (Editions Sonatine)  mars 2021

Voilà un nouvel auteur qui entre au catalogue des éditions Sonatine en la personne de Chuck Wendig avec un ouvrage qui fera date au sein de cette maison d’édition. Les somnambules, son premier roman publié en France fait partie selon moi des ouvrages que l’on se doit de lire, malgré son poids et son nombre de pages conséquent (c’est un beau bébé de 1169 pages tout de même) qui pourrait en rebuter certains (les pauvres, ils ne savent pas à côté de quoi ils passent).

Alors venons-en directement au but, ce roman est une petite merveille, un ouvrage incroyable qui va nous emmener du côté de l’excellente série The Leftlovers en passant par l’univers de Stephen King. Ce roman post-apocalyptique est une véritable claque littéraire, pour ne pas dire un aller-retour qui a de grandes chances de ravir les amateurs de polar et de fantastique, pour un ouvrage qui a déjà de prévu une adaptation sur nos écrans, sûrement sous la forme d’une série.

L’histoire se déroule en Pennsylvanie, dans un petit village, frappé par un étrange phénomène. Un jour, Shana surprend sa sœur, Nessie, quittant d’un pas résolu leur maison. Lorsqu’elle tente de l’intercepter, la jeune femme ne réagit pas à sa présence. Mutique, absente, le regard vide, elle avance.

Croyant à une crise de somnambulisme, Shana commence alors à la suivre. Rapidement, elles sont rejointes par un deuxième errant, frappé des mêmes symptômes que Nessie. Puis un autre. Bientôt, ils sont des centaines à converger vers la même destination inconnue, tandis que leurs proches, impuissants, leur emboitent le pas. Très vite, cette mystérieuse pandémie enflamme le pays.

Vous l’avez donc compris, l’ouvrage nous raconte l’histoire d’une pandémie particulièrement originale (en ces temps de COVID, cela nous change) qui voit des êtres humains se déplaçaient tels des zombies vers une destination inconnue, des êtres qui explosent si l’on tente de les arrêter vers leur destination.

L’ouvrage écrit à la troisième personne du singulier permet au lecteur de suivre plusieurs personnages dans leurs déambulations, des personnages évidemment très différents, de la jeune fille qui suit sa sœur à un animateur radio en passant par un musicien et un scientifique.

Les somnambules n’est pas seulement un ouvrage qui traite d’une pandémie, il est aussi un ouvrage sur la gestion de cette pandémie. De celle-ci se dévoilent alors les maux de l’Amérique et de nos sociétés. Une Amérique qui dans l’ouvrage voit sa population s’inquiéter de façon exponentielle. Une inquiétude qui vient de l’irruption de l’inconnu et de la peur de l’autre. C’est aussi un des thèmes de l’ouvrage.

De cette pandémie, de cette inquiétude jaillissante arrive souvent une réponse religieuse, incarnée autour d’un personnage important dans le livre, le pasteur d’une petite ville Matthew Bird que l’on suit, l’ouvrage nous montrant la force rampante du discours religieux dans la société américaine. S’y ajoute aussi un personnage suprémaciste blanc, encore un des fléaux de l’Amérique.

Le complotisme et l’extrémisme sont aussi bien présents dans l’ouvrage, le discours disant que ces somnambules seraient le complot d’une puissance étrangère voulant nuire à l’Amérique. Evidemment, cela entraîne aussi une défiance vis-à-vis du pouvoir en place souvent incapable ou considéré comme incapable pour régler la situation. Ici, c’est une femme démocrate qui est au pouvoir, au moment d’une nouvelle élection où se dégage un républicain qui ressemble beaucoup à l’ancien président à la mèche blonde.

Les somnambules, roman fleuve génial, est au final un peu (voire beaucoup) le miroir de notre monde. Terriblement visionnaire, il ne peut que nous interpeller de par ses côtés dérangeants et terrifiants qui le qualifient. C’est une véritable réflexion sur la société américaine et ses nombreuses dérives que l’auteur exprime à travers cet ouvrage d’une rare intelligence. L’écho de cet ouvrage est évidemment amplifié par la situation autour de la COVID que nous vivons. On sort de cet ouvrage pas vraiment rassuré tout en étant complètement bluffé par l’écriture et la construction de ce pavé dont on n'a pas vu les pages défiler.

Foncez donc, Les Somnambules, chez Sonatine, 25 euros (que vous ne regretterez pas) et 1165 pages de bonheur de lecture.

 

Jean-Louis Zuccolini         
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Du côté de la musique :

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"Statistic ego", de Fauxx
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"Bal Kabar" de David Sicard
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"Orchestral works" de Hans Rott
"Heavy ground" de Liquid Bear
"Piano sonata by Maki Namekawa" de Philip Glass
"Impressions" de Sophie Dervaux
"Fart patrol" de Steam Powered Giraffe"
Un petit tour des clips du moment qui annoncent de beaux albums

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Iphigénie" de Racine
"Atelier Vania" de Jacques Weber, Christine Weber et Marc Lesage
"A tort et à raison" de Ronald Harwood
"Le Bouffon du Président" d'Olivier Lejeune
"Ma soeur est un chic type" de Pierre Palmade
"Cyrano m'était conté" de Sotha
"CirkAfrika" du Cirque Phenix

Expositions :

en virtuel :
"Les Musiques de Picasso" à la Philarmonie de Paris
"Peintres femmes, 1780 - 1830 - Naissance d'un combat" au Musée du Luxembourg
"Leonetto Cappello, l'affiche et la parfumerie" au Musée international de la Parfumerie à Grasse
"Jean-Michel Basquiat" à la Fondation Louis Vuitton
"Rêver l'univers" au Musée de la Poste
"Vêtements modèles" au Mucem

Cinéma :

at home :
"Un adultère" de Philippe Harel
"Caprice" d''Emmanule Mouret
"Daft Punk's Electroma" de Guy-Manuel De Homem-Christo et Thomas Bangalter
"Ariel" de Aki Kaurismaki
et des muscles et de l'action avec :
"L'Arme parfaite" de Titus Paar
"La Crypte du Dragon" de Eric Styles
"Black Water" de Pasha Patriki

Lecture avec :

"Patti Smith : Horses" de Véronique Bergen
"Les sorcières de la littérature" de Taisia Kitaiskaia & Katy Horan
"Je ne suis pas encore morte" de Lacy M. Johnson
"La famille" de Suzanne Privat
"Le brutaliste" de Matthieu Garrigou-Lagrange
"Les fossoyeuses" de Taina Tervonen

et toujours :
Rencontre avec Benjamin Fogel
"Le silence selon Manon" de Benjamin Fogel
"Christopher Nolan, la possibilité d'un monde" de Timothée Gérardin
"Disparues" de S. J. Watson
"Ecoutez le bruit de ce crime" de Cedric Lalaury
L'iconopop, saison 2
"Locke & Key" de Joe Hill & Gabriel Rodriguez
"Morgane" de Simon Kansara & Stéphane Fert
"Quand la ville tombe" de Didier Castino
"Tout le bonheur du monde" de Claire Lombardo
"Vivre la nuit, rêver le jour" de Christophe

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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