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Matthieu Garrigou-Lagrange  (Editions de l'Olivier)  avril 2021

Voilà un ouvrage que j’avais mis sans faire exprès un peu de côté, que j’ai retrouvé récemment et sur lequel je me suis penché car je sais que j’apprécie particulièrement les publications des éditions de l’Olivier.

Une fois encore, c’est un ouvrage d’un auteur que je ne connais pas, Matthieu Garrigou-Lagrange est journaliste et écrivain. Il anime aussi la compagnie des œuvres sur France Culture. C’est son premier ouvrage publié aux éditions de l’Olivier. Un ouvrage qui va nous proposer le récit de l’ascension d’un homme, puis de sa chute spectaculaire. Un homme que l’on pourrait qualifier de "monstre" tant la lecture de l’ouvrage incite le lecteur à partager une forme de répulsions pour lui. Mais en même temps, cet homme complexe arrive aussi à procurer au lecteur une forme d’attirance.

Le début de l’ouvrage nous indique que la fiction que l’on va lire est basée sur des faits réels. Cet homme, le brutaliste, est un homme déchu qui a accepté de répondre aux questions d’un écrivain, le narrateur. Il est un architecte, jadis puissant, riche et célèbre. Les mots d’ordre qui ont régi sa vie sont jouer, s’amuser, gagner. Un homme qui avait plusieurs jouets. Notamment les tours des Amoreiras, qu’il a conçues et qui surplombent la magnifique ville de Lisbonne, trois tours qui ne sont pas pour autant d’un esthétisme incroyable.

Un homme qui avait pour jouets aussi les femmes auxquelles il impose des jeux sexuels et qu’il filme dans des positions dégradantes. La partie prend fin quand ces enregistrements lui sont plus ou moins dérobés. Ces vidéos vont arriver dans les mains d’une sorte de journaliste qui possède un journal à scandales. L’onde de choc se propage alors dans l’opinion publique : le brutaliste se retrouve alors traîné dans la boue et les lisboètes s’indignent ou se gaussent. Trente ans après l’affaire, son nom provoque encore le malaise au Portugal. Cet homme existe toujours, l’auteur ne nous donne pas son nom, juste son prénom, un certain Tomas. Les vidéos qui l’ont fait tomber sont d’ailleurs très facilement accessibles sur internet. Il est encore la risée des internautes aujourd’hui.

Le brutaliste, le titre du livre, c’est évidemment un surnom, celui donné au personnage principal de l’ouvrage mais on apprend aussi que cela fait référence aussi au brutalisme, un moment de l’architecture qui met en avant la beauté du béton brut. C’est un moment architectural qui arrive après la Seconde Guerre mondiale. Les adeptes de ce mouvement se sont alors mis à construire des bâtiments importants en béton brut. L’architecte que l’on découvre dans l’ouvrage a commencé sa carrière d’architecte comme brutaliste avant de partir dans un autre style.

L’ouvrage nous montre l’image d’une personne qui se sentait intouchable, qui aurait d’ailleurs pu empêcher la diffusion de ses vidéos. C’est aussi un personnage qui a beaucoup de mal à comprendre sa culpabilité. On se rend compte que l’auteur a fait un gros travail de recherche sur l’homme, sur l’architecture et sur la ville de Lisbonne aussi.

L’ouvrage est construit en deux parties avec en première partie une sorte de reportage qui nous permet de comprendre l’intérêt de se porter sur ce personnage. Il se poursuit avec une deuxième partie qui est là dans le roman, dans la fiction qui nous montre comment les gens perçoivent un scandale sexuel comme celui qui toucha cet architecte portugais. On a vu cela notamment récemment avec ce type de scandale pour Weinstein ou DSK aussi.

Alors voilà, l’ouvrage de Matthieu Garrigou-Lagrange m’aura fait découvrir ce personnage tout en apprenant aussi des choses sur l’architecture, domaine dans lequel je ne connais pas grand-chose. Il aura aussi été une réflexion intéressante sur le rapport de nos sociétés face à ses nombreux scandales sexuels.

 

Jean-Louis Zuccolini         
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Du côté de la musique :

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"Statistic ego", de Fauxx
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"Bal Kabar" de David Sicard
"Surrounding structures" de Veik
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"Can't wait to be fine" de We Hate You You Please Die
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"Orchestral works" de Hans Rott
"Heavy ground" de Liquid Bear
"Piano sonata by Maki Namekawa" de Philip Glass
"Impressions" de Sophie Dervaux
"Fart patrol" de Steam Powered Giraffe"
Un petit tour des clips du moment qui annoncent de beaux albums

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Iphigénie" de Racine
"Atelier Vania" de Jacques Weber, Christine Weber et Marc Lesage
"A tort et à raison" de Ronald Harwood
"Le Bouffon du Président" d'Olivier Lejeune
"Ma soeur est un chic type" de Pierre Palmade
"Cyrano m'était conté" de Sotha
"CirkAfrika" du Cirque Phenix

Expositions :

en virtuel :
"Les Musiques de Picasso" à la Philarmonie de Paris
"Peintres femmes, 1780 - 1830 - Naissance d'un combat" au Musée du Luxembourg
"Leonetto Cappello, l'affiche et la parfumerie" au Musée international de la Parfumerie à Grasse
"Jean-Michel Basquiat" à la Fondation Louis Vuitton
"Rêver l'univers" au Musée de la Poste
"Vêtements modèles" au Mucem

Cinéma :

at home :
"Un adultère" de Philippe Harel
"Caprice" d''Emmanule Mouret
"Daft Punk's Electroma" de Guy-Manuel De Homem-Christo et Thomas Bangalter
"Ariel" de Aki Kaurismaki
et des muscles et de l'action avec :
"L'Arme parfaite" de Titus Paar
"La Crypte du Dragon" de Eric Styles
"Black Water" de Pasha Patriki

Lecture avec :

"Patti Smith : Horses" de Véronique Bergen
"Les sorcières de la littérature" de Taisia Kitaiskaia & Katy Horan
"Je ne suis pas encore morte" de Lacy M. Johnson
"La famille" de Suzanne Privat
"Le brutaliste" de Matthieu Garrigou-Lagrange
"Les fossoyeuses" de Taina Tervonen

et toujours :
Rencontre avec Benjamin Fogel
"Le silence selon Manon" de Benjamin Fogel
"Christopher Nolan, la possibilité d'un monde" de Timothée Gérardin
"Disparues" de S. J. Watson
"Ecoutez le bruit de ce crime" de Cedric Lalaury
L'iconopop, saison 2
"Locke & Key" de Joe Hill & Gabriel Rodriguez
"Morgane" de Simon Kansara & Stéphane Fert
"Quand la ville tombe" de Didier Castino
"Tout le bonheur du monde" de Claire Lombardo
"Vivre la nuit, rêver le jour" de Christophe

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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