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puce Ilya Repine - Peindre l'âme russe
Petit Palais  (Paris)  Du 5 octobre 2021 au 23 janvier 2022

Le Petit Palais programme régulièrement des expositions monographiques inédites dédiées à des peintres peu connus du grand public, et ainsi en 2021, il présente l'exposition "Ilya Répine - Peindre l’âme russe", une rétrospective de l'oeuvre d'un peintre russe à la notoriété reconnue dans le cénacle tant institutionnel qu'intellectuel de son temps.

Formé à l'Académie impériale des beaux arts de Saint-Petersbourg, qu'il intégrera ultérieurement en tant que professeur et dont il assurera le rectorat, Ilya Répine (1844-1930) s'inscrit dans l'Histoire de la peinture russe comme figure majeure du mouvement réaliste.

Sous le commissariat de Christophe Leribault et Stéphanie Cantarutti, respectivement directeur du Petit Palais et conservatrice des peintures du 19ème siècle, et Tatiana Yudenkova en charge du département des peintures à la Galerie nationale Trétiakov, cette exposition prend le relais de celle précédemment présentée en 2019 en Russie à la Galerie précitée à l'occasion du 150ème anniversaire de sa naissance

Ilya Répine et la russité

De la monstration ordonnée en quatorze sections chronologiques se dégagent trois spécificités artistiques et stylistiques et une considération sur le positionnement de l'artiste.

D'une part, la prédominance du genre du portrait, avec des toiles regroupées en de véritables galeries sublimées par la scénographie immersive de Philippe Putman, traité avec un réalisme proche du vérisme d'autant plus novateur qu'il use d'une approche sensible et de poses non conventionnelles.

Et Ilya Répine officie dans tous les registres : l'autoportrait, le portrait intime, de sa famille, celui de son fils retenu pour le visuel de l'affiche, et de son cercle relationnel, d'anonymes figures plébéiennes comme celles de l'intelligentsia russe dont Moussorgski, Tourgueniev et Tolstoi.

Et du portrait de salon ("Portrait de la baronne Varvara") au portrait officiel des hommes politiques et de la dynastie tsariste, de la représentation du premier tsar le fameux Ivan le terrible Ivan le Terrible ("Ivan le terrible tuant son fils Ivan") et de la régente Sophie dans un singulier contexte ("La Tsarevna Sofia Alexeïevna au couvent Novodievitchi, au moment de l’exécution des streltsy et de la torture de ses serviteurs en 1698") au tsar en titre ("Portrait de Nicolas II").

D'autre part, la monumentalisation des scènes de genre avec une maîtrise de la construction polyphonique qui confine à la peinture d'histoire.

En effet, si sont présentées des scènes de genre intime avec une touche quasi impressionniste comme le tableau "Quelle liberté !" peint lors de son établissement en Finlande qui évoque certaines toiles du peintre danois Peder Severin Kroyer récemment à l'affiche du Musée Marmottan-Monet ("L'heure bleue de Peder Severin Krøyer"), les plus spectaculaires sont celles qui exaltent les coutumes et traditions populaires de l’ancienne Russie et le quotidien du petit peuple ("Les Haleurs de la Volga", "Procession religieuse dans la province de Koursk", "Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie", "Une soirée").

Elles s'inscrivent dans le traitement de la russité, synonyme d'âme russe, concept ou notion née au 19ème siècle et ressortant à une identité nationale teintée de religiosité et de symbolisme, également véhiculée par la littérature russe de l'époque.

Ce qui est conforme avec sa manière qu'il qualifie de réalisme populaire, sa conception de l'art ("L'art c'est la réalité") et sa finalité "(un art au service du peuple pour contribuer à son bonheur en lui révélant le sens de la vie").

Mais s'il célèbre le mouvement populiste des Narodniki et la liesse populaire suivant la révolution d'octobre 1905 ("Le 17 octobre 1905"), il réalise des oeuvres de commande du pouvoir tsariste en représentant le tsar en rassembleur du peuple ("Alexandre III recevant les doyens des cantons") et son gouvernement "éclairé" ("La Réunion commémorative du Conseil d’État du 7 mai 1901"), un "en même temps" pour le moins paradoxal sauf à considérer celles-ci comme implicitement ironiques.

A noter qu'il qualifiait son style de réaliste populaire ce qui l'érigera en précurseur du réalisme socialiste.

En préambule à la visite à regarder en vidéo :
un diaporama de l'exposition in situ
la visite commentée de la rétrospective à la Galerie nationale Tretiakov en 2019

 
En savoir plus :

Le site officiel du Petit Palais

Crédits photos : ©Pierre Antoine (1-2) - DR (3)


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# 22 mai 2022 : Culture et vous - A vos agendas !

Il fait beau, il fait chaud, mais il n'y pas que les terrasses dans la vie. La culture bat son plein et, avant que le ciel ne nous tombe sur la tête, il est temps de se montrer curieux pour découvrir les nouveautés de la semaine de la musique et du spectacle vivant ainsi que du cinéma, de la lecture et des expositions.

Du côté de la musique :

"Godowsky - Bach" de Dimitri Papadopoulos
"Being alive" le nouveau mix à écouter de Listen In Bed
Rencontre avec Lofofora
"Des corps dans le décor" de Mauvais Sang
"Litz - once upon a time"
"Misia" de Revue Blanche
"Murmures et rumeurs" de Tom Bourgeois
et toujours :
"J'ai horreur de l'amour" de Bertrand Betsch
"Caroline" de Caroline
"Revenant" de Cascadeur
"Hell stairs" de CDSM
"Unica" de DeLaurentis
"Polar star" de Initiative H
"Fear of the dawn" de Jack White
"The line is a curve" de Kae Tempest
"Zadie Smith" 16ème émission de la saison 3 de Listen In Bed à écouter
"Bassoon steppes" de Lola Descours & Paloma Kouider
"Oan Kim & the Dirty Jazz" de Oan Kim
"Gabril Fauré : Horizons II" de Simon Zaoui, Pierre Fouchenneret, Raphaël Merlin, Parie Chilemme & Quatuor Strada
"Keep on falling" de The Boo Radleys

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Antoine et Cléopâtre" aux Ateliers Berthier
"Feel Good" à la Manufacture des Abesses
"Double Je" au Théo Théâtre
"Tous les marins sont des chanteurs" au Théâtre du Rond-Point
"Cry me a river" au Monfort Théâtre
"Carmen ou presque" au Théâtre Trévise
une reprise avec "Mister Paul" au Théâtre du Petit Montparnasse
et les autres spectacles à l'affiche

Expositions :

"Monnaies & Merveilles" à la Monnaie de Paris
dernière ligne droite pour :
"Aux frontières de l'Humain" au Musée de l'Homme
"Maurice Denis - Le Bonheur rêvé" au Musée Maurice Denis
"Le Monde de Steve McCurry" au Musée Maillol
et les autres expositions à l'affiche

Cinéma :

en streaming gratuit avec :
"Juste la fin du monde" de Xavier Dolan
"La belle époque" de Nicolas Bedos
"Mustang" de Deniz Gamze Ergüven
"Les Eternels" de Zhangke Jia

"Le Traître" de Marco Bellocchio
"It must be heaven" de Elia Suleiman
en salle pour les cinéphiles : "Les Femmes des autres" de Damiano Damiani

Lecture avec :

"De la guerre, Mook 2" de Jean Lopez
"Les routes oubliées" de S.A. Cosby
et toujours :
"Amnistie" de Aravind Adiga
"Le réalisme magique du cinéma chinois" de Hendy Bicaise
"Nobles de coeur" de Marc Alexandre Oho Bambe & Fred Ebami
"Le silence est ma langue natale" de Sulaiman Addonia

Et toute la semaine des émissions sur notre chaine twitch

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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