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Musée Marmottan Monet  (Paris)  Du 13 avril au 21 août 2022

Avec l'exposition "Le Théâtre des émotions", le Musée Marmottan Monet présente une exposition ambitieuse sur la traduction picturale de l'émotion.

Et ce, triplement car tant par son contenu, dès lors qu'elle vise l'ensemble des états affectifs, que son ampleur temporelle, du 14ème au 21ème siècle, et, surtout, son double propos muséal.

En effet, l'un s'avère didactique pour retracer l'évolution de leur représentation picturale, l'autre démonstratif, sous l'angle d'une histoire de l'histoire de la psychologie, les commissaires historiens d'art Georges Vigarello et Dominique Lobstein considérant celle-ci comme révélatrice de la constitution évolutive du psychisme occidental.

Ils signalent également dans leur note d'intention la résonance contemporaine de leur projet en un temps où s'accroît l'impact des affects et du ressenti, et à cette fin, ont sélectionné 80 oeuvres pour étayer leur lecture de la représentation de l'émotion qui se déploie en séquences chronologiques scénographiées en couleur distincte par Anne Gratadour.

Une approche panoramique de l'émotion

Cette exposition s'inscrit dans le paradigme classique du rapport des arts et des émotions - avec cependant une certaine confusion sémantique entre émotion, sentiment et passion qui recouvrent des réalités psychiques différentes - qui s'avèrent t prégnantes dans la théorie humaniste de la peinture telle que conçue entre le 16ème siècle et la première moitié du 19ème siècle.

Et la peinture doit émouvoir par la représentation de scènes pathétiques ou celle de personnages en proie à des émotions intenses mais également en sollicitant voire instrumentalisant la participation émotionnelle du regardeur.

Ensuite intervient la prévalence de l'émotion esthétique moderniste qui, pour transcrire ou susciter les émotions, abandonne la figuration au profit de l'abstraction et de nouvelles valeurs plastiques et souvent sous obédience de l'émotion subjective du peintre.

En l'espèce, les commissaires ont circonscrit leur propos à l'art figuratif avec une catégorisation générique de la production de chaque siècle étayée par un choix correlé d'oeuvres.

Le parcours est introduit par la mise en regard de deux toiles qui circonscrivent le périmètre de leur réflexion,"Sainte Madeleine en pleurs" du 16ème siècle et "La Suppliante" de Picasso qui suscite une interrogation liminaire quant la différence d'émotion et de psychisme entre ces deux oeuvres : une réalité ou simplement d'une différence stylistique de sa représentation celle-ci appelant également une réflexion autour des notions de réalité/représentation/fiction.

Le parcours se développe de la symbolisation de l'émotion au Moyen-Age et à la Renaissance à sa codification au 18ème siècle et de son dévoilement au siècle suivant à son détournement de manière néanmoins frontale avec l'art post-war ("Monument" Christian Boltanski - "Grande tête" Alfredo Giacometti - "Nous ne sommes pas les derniers" Zoran Music).

Et il s'opère en privilégiant l'émotion de l'homme-peintre face à un événement tragique mais également pour provoquer celle du regardeur qui coexiste avec celle qui la traduirait de manière implicite tels Alexej van Jawlensky ("Tête de femme") et Hans Richter ("Portrait visionnaire").

Une approche très différente de celle compassionnelle du début du 20ème siècle avec celle des veuves affligées de la Première guerre mondiale ( "La Pensée aux absents" de André Devambez).

Voilà de quoi exercer la sagacité du visiteur face à des toiles qui représentent une grande palette d'émotions de surcroît émanant de différentes sources dont l'émotion réelle du modèle personne physique, ainsi, pour la section dédiée au Moyen-Age et à la Renaissance, le portrait de commande, illustré par les portraits de famille de Bartolomaüs Bruyn l'aîné qui empruntent aux codes du portrait dit officiel.

Dans cette salle en ligne de fuite, les scènes de genre avec des personnages populaires expressifs ("L’Entremetteuse" Angelo Caroselli - "Rixe de musiciens" Atelier Georges de La Tour) et des portraits à la discrète et lisse émotion ("Marie-Madeleine repentante" Johannes Moreelse - "La Joconde" Ecole italienne - "Allégorie de la vanitas et de la pénitence" Guido Cagnacci).

Parfois il s'agit de la représentation d'un état davantage que d'une émotion avec le thème de la folie mettant en parallèle celle imaginée d'une héroïne de la littérature ("La Folie de la fiancée de Lammermoor" d'Emile Signol) ou celle d'un personnage théâtral simulée par une tragédienne ("Rachel dans Lady Macbeth" de Charles Louis Müller) et celle considérée comme réaliste ("Faim, folie et crime" d'Antoine Joseph Wiertz).

Le réalisme qui vire au naturalisme avec des modèles populaires dépeints sans aménité ("Les Incompris" André-Victor Devambez - "Le Cri" d'Auguste Rodin - "La Morphinomane" Emilie Charmy).

Avec le mouvement romantique, la représentation de l'émotion navigue entre la mièvrerie et l'exaltation ("Jeune fille pleurant sa colombe morte" Jeanne-Elisabeth Chaudet - "L'Enfant à la colombe" Jean-Baptiste Greuze - "Une jeune femme s’étant avancée dans la campagne se trouve surprise par l’orage" Chevalier Féréol de Bonnemaison -"La Folie de la fiancée de Lammermoor" Emile Signol).

La monstration est émaillée de chefs d'oeuvre dont, et entre autres, "La Lettre de Wagram" de Claude-Marie Dubufe retenue pour l'affiche et "Le Verrou" de présenté avec "La Balançoire" aux côtés de la "Tête de caractère : le bâilleur" de Franz Xaver Messerschmidt dont le traitement caricatural annonce les petits maîtres du portrait dit de caractère.

Ainsi avec Joseph Ducreux puis Louis-Léopold Boilly avec ses "Trente-cinq têtes d’expression" auquel le Musée Cognacq-Jay consacre une exposition monographique concomitante ("Boilly - Chroniques parisiennes")

Et bien d'autres séquences rythment cette passionnante exposition

 

En préambule à la visite: un aperçu vidéo de l'expositionEn savoir plus :

Le site officiel du Musée Marmottan Monet

Crédits photos : © MM
avec l'aimable autorisation du Musée Marmottan Monet


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# 25 septembre 2022 : La culture n'est pas un luxe

8ème vague, confinement énergétique... rien de bien brillant pour le futur, heureusement il reste la curiosité et la culture. Gardons le cap et restons groupés. Voici le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella
et toujours :
"J'ai vécu les étoiles" de Andoni Iturrioz
"Ornette Under the Repetitive Skies 3" de Clément Janinet
"Alan Hovhaness : oeuvres pour piano" de François Mardirossian
"Live in Paris" de Fred Nardin Trio
"Show AC/DC" de Ladies Ballbreakers
"Luigi Concone" de Mavroudes Troullos & Rachel Talitman
quelques clips avec Moundrag, Ottis Coeur et Madam
"Souvenirs" de Pale Blue Eyes
"Life and life only" de The Heavy Heavy

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Harvey" au Théâtre du Rond-Point
"Les Producteurs" au Théâtre de Paris
"Bérénice" à La Scala
"Les Filles aux mains jaunes" au Théâtre Rive Gauche
"Il n'y a pas d'Ajar" aux Plateaux Sauvages
"Echo" aux Plateaux Sauvages
"Le syndrome d'Hercule" au Théâtre Essaion
les reprises :
"Cahier d'un retour au pays natal" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Le dépôt amoureux" au Théâtre Les Déchargeurs
"Darius" au Théâtre Essaion
"A la recherche du temps perdu" au Théâtre de la Contrescarpe
"L'Autre fille" au Théâtre des Mathurins
"Les Divalala - C'est LaLamour !" au Grand Point Virgule
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle : "L'Ombre de Goya" de José Luis Lopez-Linares
en streaming gratuit :
"Qui vive" de Marianne TArdieu
"Big Fish" de Tim Burton
"Marguerite" de Xavier Giannoli
"Chained" de Yaron Shani

Lecture avec :

"Les masques éphémères" de Donna Leon
"La guerre de cent ans" de Amable Sablon du Corail
"D'où vient l'amour" de Yann Queffélec
et toujours :
"Combattre en dictacture" de Jean Luc Leleu
"Hideo Kojima, aux frontières du jeu" de Erwan Desbois
"Le cartographe des absences" de Mia Couto
"Le coeur ne cède pas" de Grégoire Bouillier
"Le tumulte" de Sélim Nassib
"Un profond sommeil" de Tiffany Quay Tyson

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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